lundi 30 novembre 2009

Bilan de la masterisation : - 18 202 emplois !

Chatel et Pécresse ont beau affirmer le contraire et jurer leurs grands dieux que ce n'est pas là leur objectif, un député U.M.P., Dominique Le Mèner, affirme dans un rapport préseté à l'Assemblée nationale le mois edrnier que la réforme de la masterisation entraînera à la rentrée 2010 la suppression de :
– 9 182 emplois d’enseignants stagiaires (soit 3 061 équivalents temps plein travaillé ou ETPT) dans le 1er degré ;
– 6 733 emplois d’enseignants stagiaires (soit 2 244 ETPT) et 411 emplois de conseillers principaux d’éducation stagiaires (soit 137 ETPT) dans le 2nd degré ;
– 1 876 emplois de stagiaires dans l’enseignement privé (soit 625 ETPT).
Le député de la Sarthe tient cependant à rassurer le monde enseignant en affirmant que les économies permises par cette belle réforme serviront à revaloriser les salaires des enseignants. Moins nombreux, ils seront mieux payés, mais pas tous car l'essentiel de la "revalorisation" passera par des primes (pour heures supplémentaires, entrée dans le métier...), des indemnités diverses (professeurs principaux...) et des promotions individuelles sur la base d'un "mérite démontré". En bref, travailler plus pour mériter plus.
o.g.

samedi 28 novembre 2009

Zéro pointé

Après l'épisode note2be.com qui avait défrayé la chronique au début de l'année 2008, c'est une société californienne qui lance actuellement un site destiné à faire noter les profs "de façon totalement anonyme" par leurs élèves. L'objectif de ce site, explique de manière plutôt hypocrite la charte de NoteTonProf.com, "est avant tout de permettre aux élèves et aux étudiants de s'exprimer en échangeant leurs appréciations sur leurs professeurs. Et ainsi de faire participer les élèves à l'évolution de l'enseignement en permettant à leurs professeurs de mieux comprendre leurs besoins." Au moment où nous consultons ce site, 1622 établissements sont répertoriés - dont seize dans l'Ain - et les noms de 7004 profs sont jetés en pâture.
Les règles de notation sont établies et lisibles par ceux qui ont la présence d'esprit de cliquer sur le bon onglet :
"Ton commentaire doit être utile, constructif, il doit avant tout être en rapport avec l'enseignement et le déroulement des cours avec ton professeur. Attention ! Tout comme pour l'évaluation, il t'est impossible de modifier ou de supprimer ton commentaire. Réfléchis donc bien et relis-toi avant de le poster.
Tout commentaire contenant des mots ou un langage vulgaire de nature sexuelle (sexy, bonne, etc.), en relation avec l'apparence physique (grande, gros, mignon, odeur, vêtements, etc.), en relation avec un handicap physique (bégaie, boîte, etc.), d'une nature insultante (naze, idiot, etc.), faisant référence à l'état mental, à l'alcool ou à l'utilisation de drogues ou de médicaments, faisant référence à des problèmes avec la loi, faisant référence à la nationalité, religion, ethnicité, orientation sexuelle, âge, comprenant le nom ou les initiales de l'auteur ou d'un autre élève, une adresse ou un numéro de téléphone, faisant référence à la vie personnelle ou familiale du professeur (viens de se marier, fille charmante, plein aux as, etc.), comprenant une diffamation évidente, incompréhensible, en langage SMS, ou truffé de fautes manifestement volontaires
[celles que vous avez repérées en lisant ce paragraphe sont d'origine !], contenant une publicité, adresse de site ou écrit tout en MAJUSCULES sera effacé.
Tout commentaire menaçant un prof, un élève, l'administration ou l'établissement faisant état d'une intention de lui faire du mal, sera transmis aux autorités compétentes avec ton adresse IP."

Malheureusement il semblerait, à la lecture de certains commentaires publiés, que les règles édictées ci-dessus ne soient pas vraiment respectées et que, si modération il y a, elle ne soit pas très efficace.
Quant aux critères qui doivent permettre à l'élève-citoyen-éclairé d'établir une notation - comprise entre 1 et 5 - ce sont par exemple la capacité du prof à susciter l'intérêt ou à provoquer l'ennui, sa capacité à expliquer, à donner envie de travailler, ses méthodes, le niveau suffisant - ou insuffisant - de ses connaissances, son assiduité, sa disponibilté à la fin et en dehors du cours, le degré de difficulté de ses devoirs, sa manière de noter, sa capacité à corriger rapidement les copies et à finir le programme, et le fait que sa classe "ressemble à un zoo ou au contraire une école militaire". Les I.P.R. n'ont qu'à bien se tenir, leurs jours sont comptés.
o.g.

vendredi 27 novembre 2009

La C.P.U. rejette la masterisation

La Conférence des Présidents d'Université (C.P.U.) a publié un communiqué pour exprimer "son désaccord avec les propositions formulées par les ministres" Pécresse et Chatel à propos de la réforme de la formation et du recrutement des professeurs. Les Présidents estiment à l'unanimité que cette réforme ne permet pas d' "améliorer la formation des futurs enseignants et leur niveau de recrutement, au service d'une école de qualité et de la réussite des élèves" et crée un "malentendu profond sur ce que sont des masters". Ils réclament également que les universités soient "consultée[s] et associée[s] à la définition du cadrage national des masters et aux maquettes des concours". Selon eux, les propositions ministérielles traduisent une "méconnaissance de la réalité des parcours étudiants, des difficultés de réorientation en cours de cursus et du risque d'accroissement de la durée des études". Voilà encore une fois cette pauvre Valérie Pécresse renvoyée à ses chères études, avec raison.
o.g.

jeudi 26 novembre 2009

Collège unique : il est urgent d'attendre

Luc Chatel a déclaré tout à l'heure dans un "chat" sur lemonde.fr qu'il n'était pas favorable à la suppression du collège unique, même s'il reconnaît que "cette réflexion revient en permanence" lors des rencontres qu'il a pu avoir des profs : "sur le principe, je ne suis pas favorable à la suppression du collège unique, qui est une vraie avancée, mais cela n'interdit pas les réflexions sur le collège". La priorité du moment étant à ses yeux la réforme du lycée, le collège attendra : "prenons le temps de la réflexion" a déclaré le ministre. On sait de toute façon ce que réflexion et concertation signifient pour lui.
A propos de la disparition de l'histoire-géo en Term. S., Chatel a précisé ses déclarations de l'autre jour en affirmant que les élèves de la section scientifique seraient évalués lors d'une épreuve anticipée en 1ère, comme c'est actuellement le cas en S.T.G : "nous avons pris la décision d'inclure l'histoire-géo dans le tronc commun de 1ère. Et tous les élèves de 1ère bénéficieront du même enseignement d'histoire et géographie de 4 h, ce qui fera, entre la Seconde et la 1ère, 7 h d'enseignement en histoire-géo [curieuse façon de compter !]. Pour les élèves qui choisiront la filière S en terminale, comme je l'ai dit, nous évaluerons les élèves en fin de 1re au baccalauréat et de deux choses l'une : soit ces élèves se destinent à des carrières scientifiques et ne souhaitent pas prolonger l'histoire-géo, et elle sera optionnelle, mais nous proposerons deux heures d'histoire-géo par semaine en option pour tous ceux que cela intéresse". Ce changement aura au moins la vertu de permettre de nouvelles suppressions de postes, et c'est là l'essentiel à ses yeux.
Et la revalorisation dans tout ça ? "la négociation est en cours avec les syndicats" répond le ministre qui "souhaite qu'elle aboutisse d'ici à la fin janvier pour une mise en oeuvre à la rentrée prochaine.nous allons procéder à des rattrapages. On ne va pas augmenter les néo-titulaires sans rattraper ceux qui ont 5 ans d'ancienneté." Et pour ceux qui ont 10, 15, 25 ou 30 ans de maison ? Ils ne sauront pas se contenter de belles paroles, ni d'heures sup' de tutorat, de stages passerelle ou de remise à niveau, pas plus que de vaines promesses à propos d'une hypothétique "seconde carrière".
o.g.

mercredi 25 novembre 2009

Ouh la menteuse

En répondant à un député de l'opposition qui, lors de la séance des questions au gouvernement, dénonçait la réforme des I.U.F.M., Valérie Pécresse a tenté de faire croire que sa réforme améliorerait la qualité de la formation des enseignants alors que c'est le contraire : «la quasi-totalité des jeunes professeurs qui arrivent en septembre devant les classes n'ont jamais vu aucun élève» a-t-elle asséné avec un aplomb qui n'a d'égale que sa méconnaissance de la réalité ; «désormais avec la réforme ils auront trois fois plus de possibilités de stages». Mensonge ! En effet, une fois son concours en poche, l'étudiant de deuxième année est actuellement fonctionnaire-stagiaire avec en moyenne deux classes en responsabilité, tandis que ses condisciples de première année font des stages accompagnés au cours desquels ils observent des professeurs dans leur pratique. Or la belle réforme Pécresse supprime les stages encadrés pour créer un nouveau statut de stagiaire avec plus de responsabilités mais moins de formation, puisque les deuxième année devront simultanément passer le concours et se former avant d'être affectés à temps plein, sans formation complémentaire, dès leur première rentrée. Elève Pécresse, vous êtes collée à l'oral !
o.g.

Pour changer de prof... tapez 1 (suite)

Nous évoquions avant-hier la charmante missive adressée par des lycéens parisiens accros au portable à une prof d'anglais qui entendait leur interdire l'usage de leur appendice en classe. Voici le texte - mérite-t-il ce nom ? - dans sa version originale (fôtes dortograf inclues). C'est édifiant !

Terminale STG2
à l’attention de Madame L. Paris, le 21 octobre 2009
Objet : suggestions de la classe

Madame,
Suite à la lettre du mécontentement collectif de notre part envers votre égard, nous n’avons malheureusement pu obtenir une réponse favorable de la part du proviseur pour un changement de professeur.
Or, nous voulons vous faire comprendre qu’avec votre attitude négative envers la classe, vous perdez énormément de temps à faire des remarques désobligeante afin d’essayer de nous remettre désespérément à l’écoute du cours. Il est vrai que beaucoup d’entre nous se laisse distraire pendant les cours, par des accessoires électroniques, par nos camarades ou autres. Mais ce genre de situation se produit partout dans la vie quotidienne. Nous pensons que vous nous prenez trop au sérieux en nous engueulant à chaque distraction, et cela engendre des réactions négatives de la part de certains d’entre nous.
Nous vous conseillons par conséquent de procéder à un changement d’attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on à un téléphone entre les mains car cela est une perte de temps. Si vous persistez avec cette même attitude envers la classe, le problème va persévérer encore et encore, et chaque lundi vous allez subir votre peine.
Nous espérons passer un lundi correct avec vous le jour de la rentrée ; si ce n’est pas le cas, et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire :
* ALLEZ VOUS FAIRE ENCULER !

Nous vous prions d’agréer, Madame, à l’expression de nos sincères salutations.

La TSTG2.

PS : Le vole de la clé usb est bien fait pour vous, car vous pensez nous faire peur en disant que vous allez porter plainte. Mais sachez que nous ne céderons JAMAIS à vos menaces. Si vous ripostez,CE SERA LA GUEURRE GUERRE GUEURRE CHAQUE LUNDI !!! (Miaous oui la guerre ! comme le dis la Team Rocket dans Pokémon

Après la visite de l'inspecteur d'Académie, la majorité des élèves de la classe, qui ont affirmé qu'il s'agissait là d'une initiative individuelle et non collective - à la différence de la lettre adressée au proviseur et qui réclamait un changement de prof - ont rédigé une "lettre de désolidarisation". Et l'affaire en est restée là.... Interrogé à ce sujet sur R.T.L., Luc Chatel a annoncé que des "équipes mobiles de sécurité vont se rendre dans l'établissement pour procéder à une enquête et pour faire en sorte que les responsables de cette lettre injurieuse soient sanctionnés" avant d'ajouter qu'on "ne peut pas imaginer un renversement de situation, ce ne sont pas les élèves qui font la classe ! "... et ça va toujours mieux en le disant.

o.g.

mardi 24 novembre 2009

Spleen

Selon les premières estimations, la journée de grève d'aujourd'hui aurait été suivie par environ deux profs du secondaire sur cinq. Cette mobilisation que certains jugeront supérieure aux pronostics des syndicats reflète la réalité du "malaise enseignant". D'ailleurs une enquête récente intitulée "Enseigner en collège et lycée en 2008" et menée auprès d'un échantillon représentatif de 1 200 enseignants révèle que deux profs du secondaire sur trois (67 %) affirment ressentir personnellement ce malaise et souffrent d'un manque de reconnaissance professionnelle En 2005, ils étaient déjà 53 %. Et rien ne laisse penser que la courbe puisse s'inverser dans un avenir proche.
(photo :Libération.fr)
o.g.

En route vers la désagrégation

Quel diplôme faudra-t-il présenter pour pouvoir se présenter au concours de l'agrégation ? Selon le décret du 29 juillet 2009, qui réforme les conditions de présentation aux concours, "peuvent se présenter au concours externe les candidats justifiant de la détention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation." En clair, les candidats devront donc avoir obtenu un M2 avant de pouvoir s'inscrire à ce concours, c'est à dire avoir atteint un niveau bac + 5 alors que jusqu'à maintenant il leur fallait justifier d'un M1, (bac + 4). Le décret de juillet dernier permettait donc de maintenir une réelle distinction statutaire entre les futurs certifiés (cinq ans d'études, dont une pour préparer le concours) et les futurs agrégés (cinq ans d'études, plus une pour préparer le concours). Mais cette solution déplaisait aux directeurs des E.N.S. qui craignaient de voir se rompre le lien existant entre le M2 et la thèse et la recherche en pâtir. Seulement voilà, le 13 novembre, lors de la présentation de la nouvelle mouture de cette réforme, le gouvernement laissait entendre que l'agrégation serait en fait ouverte à l'avenir aux inscrits en M2 titulaires d'un M1, semblant de ce fait céder à la pression venant des E.N.S. d'où sort, rappelons-le, un tiers des agrégés. Conséquence, plus rien ne distinguerait donc en terme de durée des études, le certifié de l'agrégé, si ce n'est la nature et la difficulté du concours passé. Directeur de l'ENS de Lyon, Olivier Féron propose que les agrégés nouvelle mouture soient "exclusivement formés pour travailler de la seconde à bac + 3 (licence, classes préparatoires aux grandes écoles, IUT), les certifiés étant appelés à être formés pour enseigner de la 6e à la terminale". Bref, une fois de plus rien n'est clair.
o.g.

lundi 23 novembre 2009

L'Education Nationale en grève

"Le climat dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur – relativement calme depuis la rentrée – est tendu. Principale cause : la réforme de la formation des enseignants, alors que plusieurs syndicats appellent mardi à la grève. La FSU, principale organisation de l'éducation, et la FERC-CGT, fédération enseignement de la CGT, ont appelé les personnels "à participer massivement" au mouvement. Celui-ci pourrait entraîner la mise en place dans certaines écoles primaires du service minimum d'accueil (...).
Principal syndicat des professeurs du secondaire, le SNES-FSU a appelé les personnels à "refuser" la réforme du lycée présentée par le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel. Le projet ne suscite guère cette fois d'opposition lycéenne, contrairement à la précédente mouture, retirée fin 2008. L'UNL, première organisation, appelle simplement à des "réunions-débats" sur la réforme et "les lycéens qui le veulent à rejoindre les manifestations" contre les suppressions de postes. Il mécontente en revanche le SNES, opposé à "l'autonomie" donnée aux lycées pour organiser certains horaires, et aux baisses des horaires de certaines disciplines pour placer dans la semaine l'"accompagnement personnalisé". La réforme la plus critiquée reste cependant celle de la formation des enseignants, qui vise à recruter les professeurs au niveau master 2 (bac+5) et donne la formation aux universités via des masters."
(Source : Lemonde.fr, 23 novembre 2009)

o.g.

Chatel veut sacrifier l'histoire

"Obsession de longue date de l'UMP, la disparition des humanités dans les classes est à l'ordre du jour. Le ministre de l'éducation nationale devrait annoncer dans les jours qui viennent la suppression de l'histoire et de la géographie comme matières obligatoires dans les classes scientifiques". C'est ce qu'annonce aujourd'hui le site de l'hebdomadaire Marianne. Cette nouvelle décision unilatérale de Chatel devrait faire beaucoup de bruit car il s'agit là d'une décision aussi absurde que démagogique et aussi scandaleuse qu'injustifiable. Un lycéen sur deux qui entre en terminale ayant choisi la filière scientifique, cela revient à priver la moitié des bacheliers d'une matière indispensable à la formation citoyenne. Et celà est d'autant plus incompréhensible que le programme de la classe de terminale est axé sur la connaissance du monde contemporain. Cette décision apparait encore plus incohérente à l'heure où Sarkozy, qui a fait de l'histoire un fond de commerce politique (sans pour autant la maîtriser mais en l'accomodant à sa manière), prêche l'identité nationale, célèbre la mémoire des poilus et érige Guy Môquet en modèle pour la jeunesse. Dans le même temps, il est vrai que la connaissance du passé vise aussi à aiguiser l'esprit critique des futurs citoyens que sont nos élèves. Et des électeurs trop avisés, ce n'est peut-être pas ce que souhaitent nos gouvernants pour l'avenir. De Gaulle disait des Français qu'ils étaient des veaux. Sarkozy préférerait des boeufs. N'oublions pas enfin que la disparition de l'histoire-géo comme discipline obligatoire autoriserait surtout un grand nombre de suppressions de postes au cours des prochaines années.
o.g.


Pour changer de prof... tapez 1

Parce que leur prof d'anglais avait déclaré la guerre aux téléphones portables qui sonnent en cours, les élèves d'une classe de terminale STG du lycée Jean Lurçat de Paris (XIIIe) se sont fendus d'une lettre de réclamation à la direction de leur établissement, dans laquelle ils "conseillent vivement" au proviseur "d'opérer un changement de prof" et de les débarrasser de cette enseignante obscurantiste et rétive à toute forme de progrès, au motif qu'elle osait exiger d'eux qu'ils rangent leurs organes de communication au fond des cartables pour pouvoir les importuner en paix avec ses verbes irréguliers. Dans une deuxième lettre adressée cette fois à l'empêcheuse de téléphoner en rond, ces rebelles l'ont invitée, dans une prose toute en subtilité et en poésie mais comminatoire, à "procéder à un changement d'attitude, et [à] cesser de faire des remarques à chaque fois que l'on a un téléphone entre les mains, car cela est une perte de temps. (...) Vous nous prenez trop au sérieux en nous engueulant à chaque cours (...). Si ce n'est pas le cas et qu'il n'y a aucun effort de changement de votre part, nous n'avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc..." Et au cas où le sens de l'invitation lui aurait échappé : "si vous persistez, menacent-ils, vous allez subir votre peine chaque lundi".
Alors que les profs du lycée, révoltés, sont en grève depuis jeudi, l'inspecteur d'académie devait venir sur place aujourd'hui pour dire aux gentils garnements de cette classe "combien ces faits sont inacceptables", tout en leur accordant d'avance son absolution au motif que "la sanction collective n'existe pas". Quant à la direction du lycée, elle envisagerait de changer la prof d'anglais de la TSTG2... "au nom de "la continuité du service public"". En matière de désaveu des enseignants et de capitulation face aux élèves on ne saurait faire mieux.
o.g.

dimanche 22 novembre 2009

La matraque contre le cartable

Jeudi, en marge de la visite de Fillon, Chatel, et Pécresse au lycée Roosevelt de Reims, une manifestation lycéenne a dégénéré. Au moins 200 lycéens qui s'étaient rassemblés pour dénoncer la réforme du lycée, la suppression de la carte scolaire et les suppressions de postes de profs, ont été chargés par les C.R.S. qui, pour dégager l'accès à l'établissement avant l'arrivée des caciques sarkozistes, ont généreusement distribué des coups de poings, de pieds et de matraques. Dans la bousculade et le début de panique qui ont suivi, quatre jeunes gens ont été blessés (dont un avec les deux genoux fracturés) et une douzaine d'autres ont été arrêtés. Jugés en comparution immédiate, quatre manifestants ont écopé de trois mois de prison avec sursis pour violence contre les forces de l'ordre. Et dire que l'un des thèmes de la visite de Fillon était l'égalité des chances...
o.g.

vendredi 20 novembre 2009

De réunion en Réunion

"Nous ne faisons pas cette réforme pour faire des économies. Elle se fera à taux moyen d'encadrement constant" ; "s'il suffisait de créer des postes pour obtenir des résultats, nous aurions été les champions du monde de la réussite scolaire à la fin des années 1990" ; "le sujet est moins de créer des postes que d'adapter notre système éducatif à la problématique rencontrée dans chaque lycée, par chaque élève". Ce sont là, à en croire Le Figaro, les déclarations les plus percutantes faites aujourd'hui par le V.R.P. Luc Chatel qui, on le voit, ne fait preuve ni d'imagination ni d'originalité lors de sa tournée des lycées pour vendre sa réformette. Mais cela valait-il vraiment le coup de faire le voyage jusqu'à la Réunion pour répéter une fois de plus les mêmes platitudes ? A moins qu'en cette fin de semaine la motivation soit toute autre.

o.g.

jeudi 19 novembre 2009

Pilule amère (suite)

Nouveau père la pudeur, Luc Chatel a demandé aux proviseurs des lycées de Poitou-Charentes d'intercepter les "colis contraception" envoyés par le Conseil régional et de les garder bien à l'abri dans leur bureau, quitte à tomber dans l'illégalité. Dès lundi 99 de ces colis ont en effet été postés à destination des infimières scolaires qui, dans cette affaire, déplorent être prises "entre le marteau et l'enclume", otages de la polémique qui oppose Chatel à Ségolène Royal. « Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, (…) d'ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le détournement, la suppression ou l'ouverture de correspondances (…), est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende » réplique la Présidente de région qui, le Dalloz à la main, cite l'article 432-9 du code pénal. Les proviseurs suivront-ils la requête inquisitoriale du ministre et pousseront-ils le zèle jusqu'à se mettre dans l'illégalité et risquer alors des poursuites devant le tribunal correctionnel ?
o.g.

Une réforme à l'économie

Deux heures de soutien - pudiquement appelé "accompagnement personnalisé" - et initiation à l'économie pour tous, telles sont les deux lignes de force de la réforme des lycées dévoilée aujourd'hui par Luc Chatel. La montagne a bien accouché d'une souris et on est loin de la révolution promise l'année dernière par Xavier Darcos. Si la seconde devient une "classe de détermination", la classe de première verrait se mettre en place un début de spécialisation (par
exemple des cours de littérature en langue étrangère pour les élèves des filières littéraires) sans pour autant rendre le parcours du lycéen irréversible, grâce à un "tronc commun" de quinze heures, tandis que la terminale deviendrait une classe dans laquelle le lycéen se spécialiserait en relation avec les études supérieures qu'il projette. Le nombre d'heures de cours pour les enseignants comme pour les élèves devrait rester inchangé et, en offrant à tous, de la seconde à la terminale, deux heures hebdomadaires de soutien, d'approfondissement et d'aide à l'orientation dispensées "en petits groupes", cette réforme ne peut que rogner sur les horaires disciplinaires, ce qui risque de provoquer rapidement quelques grognements que ne feront certainement pas taire les vagues promesses de formation qui ont été faites. On signale déjà quelques manifestations lycéennes à Rouen, Nantes, Rennes et Quimper.
o.g.


Pour plus de détails, lire par exemple "Lycée: après les grandes annonces, la réformette" sur le blog de la journaliste V. Soulé, http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2009/11/lyc%C3%A9e-de-grandes-annonces-pour-une-petite-r%C3%A9forme-.html

mercredi 18 novembre 2009

La peur du grippage ?

Jusqu'alors rares avaient été les classes ou les écoles fermées pour cause de grippe A. Or, depuis le lancement de la campagne de vaccination - qui ne rencontre guère de succès avec 30 à 40 vaccinations par jour à Bourg-en-Bresse par exemple - les cas de grippe semblent se multiplier comme des petits pains et brusquement le ministère de l'Education Nationale annonce 122 classes et près de 60 écoles fermées, et ce dans dix-sept académies. Depuis vendredi le nombre de cas aurait même quintuplé à en croire Luc Chatel. Tout aussi brusquement les affiches de prévention fleurissent aux portes des établissements. Curieux, à quelques jours du début des vaccinations dans les collèges et les lycées. Craindrait-on dans les ministères de la Santé et de l'Education que cette campagne ne soit un gigantesque flop et que, faute de candidats pour la piqûre magique, on en vienne, comme dans les centres de vaccination, à balancer à la poubelle des milliers de doses ? Il y a là des concomitances bien étranges...

(source : Libération, 18 novembre 2009)

o.g.

mardi 17 novembre 2009

Parce que les profs le valent bien

Invité de la session matinale de France Inter, Luc Chatel a bien confirmé n'avoir fait aucune concession sur la masterisation. Sans avoir définitivement arrêté les dates des concours, il a rappelé que ceux ci auront bien lieu pendant l'année de master 2. Quant au contenu des épreuves d'admissibilité et d'admission, rien n'est encore fermement arrêté pour le moment mais "la réforme sera prête pour la rentrée 2010". D'ici quinze jours les maquettes des concours devraient d'ailleurs être publiées. Mais que tous ceux qui doutent des bonnes intentions du ministère soient démentis : la réforme n'est pas conçue pour faire des économies, mais pour améliorer la formation des enseignants et pour "tirer davantage de nos jeunes vers l'excellence, vers 50 % d'une génération à bac + 3, objectif de Lisbonne". Cependant Chatel a laissé entendre ensuite à demi-mot que le nombre de postes mis au concours devrait diminuer.
Sinon, l'ex. D.R.H. de chez l'Oréal propose la mise en place d'une véritable politique de ressources humaines dans l'Education Nationale pour "accompagner les enseignants tout au long de leur vie" en améliorant leur formation continue, en revalorisant les salaires (l'Arlésienne !) et en leur proposant des perspectives d'évolution de carrière ainsi que des passerelles vers d'autres fonctions, vers une seconde carrière (histoire de tenir le coup jusqu'à 67 ans ?).
Interrogé un peu plus tard sur les conséquences du démantelement de la carte scolaire, le ministre a nié le processus de "ghettoïsation" dénoncé il y a peu par la Cour des Comptes et rappelé que les mesures d'assouplissement prises depuis l'année dernière ont au contraire pour but de "sortir d'un système à deux vitesses", de permettre à terme aux elèves des réseaux ambition réussite de choisir leur collège et leur lycée et qu'en la matière on est au contraire sur une bonne voie... puisqu'il a pu rencontrer la veille au lycée Turgot un élève issu d'un milieu populaire . Waouh !
o.g.

Mais qui connait M. Chatel ?

video

lundi 16 novembre 2009

Masterisation : vers le choix du pire

Alors que les derniers arbitrages sont attendus à propos de la question de la masterisation et des concours 2011, il semblerait que les ministres Chatel et Pécresse aient choisi, pour le calendrier des concours, la pire des solutions, en fixant la date du concours d'admissibilité en décembre de l'année de M2. Rappelons pour mémoire que cette même année les étudiants devront préparer à la fois leur concours et leur M2 tout en effectuant, entre les résultats de l'admissiblité (fin janvier) et l'admission (mai-juin) les 108 heures de stage en situation (6 semaines) que le ministère a bien voulu leur concéder. Alors que la plupart des interlocuteurs des deux ministères réclament que le concours d'admissibilité soit fixé à la fin de l'année de M1, à la fois pour alléger la charge de travail demandée aux étudiants, pour éviter à ceux qui échoueraient de perdre deux années d'études et pour offrir à ceux qui seraient admis une année de véritable formation en situation, il semblerait que les ministres aient préféré camper sur leurs positions, au risque de provoquer une nouvelle flambée de colère dans les universités. Il est vrai que, du point de vue gouvernemental, la réforme de la masterisation n'est qu'un prétexte pour faire disparaître les I.U.F.M. et pour supprimer 16000 postes supplémentaires.
o.g.

dimanche 15 novembre 2009

Un colloque à terre

Mais que s'est-il dit d'intéressant à Dijon où se tenait hier, à l'invitation de Vincent Peillon, une journée de réflexion sur l'éducation ? Aucune trace dans la presse d'aujourd'hui sur le contenu des débats. Aucune proposition concrète qui n'ait été diffusée après de l'opinion. La seule chose qui ait retenu l'attention des journalistes, c'est la venue du coucou royal, la moutarde qui en est montée au nez de Peillon et la foire d'empoigne qui a suivi. Dans le contexte actuel, compte tenu des menaces qui pèsent sur l'école de la République, on aurait pu attendre qu'il sorte autre chose de cette journée. Quel gâchis ! Il est donc à craindre qu'on doive en baver jusqu'en 2017... et peut-être au delà, au train où vont les choses.
o.g.

En passant par la Lorraine

Poursuivant sa tournée des lycées, Luc Chatel n'avait pas oublié ses gros sabots quand il annoncé vendredi à Nancy que la réforme du lycée devrait déboucher sur davantage d'autonomie pour les établissements. Alors qu'il est question de mettre en place deux heures d'accompagnement personnalisé pour les lycéens, le ministre a rappelé que ces deux heures allaient "s'insérer dans l'emploi du temps existant" et a souhaité que, "au sein de chaque lycée", ce soit le conseil pédagogique qui, non seulement, "décide comment les insérer" mais qui en définisse aussi le contenu.
o.g.

samedi 14 novembre 2009

Liaisons dangereuses ?

L'école aurait-elle retrouvé la cote auprès de nos politiques ? Alors que Vincent Peillon et le P.S. organisaient aujourd'hui à Dijon une table ronde sur le thème de l'éducation, plusieurs partis affichent les prises qu'ils ont pu faire dans le milieu des penseurs "experts" en pédagogie. Il y a peu Jean-François Copé s'affichait ainsi aux côtés de Sébastien Clerc, un jeune prof de banlieue qui distille à ses collègues néo-titulaires des conseils pédagogiques désopilants dans son ouvrage Au secours sauvons l'école. La semaine dernière les Verts rhônalpins confiaient leur destin régional à Philippe Meirieu et à ses moustaches blanches. Enfin, avec Jean-Paul Brighelli, le MoDem vient de capturer de l'autre côté de l'échiquier une paire de moustaches noires tout aussi controversée. Coauteur des programmes du Primaire voulus par Darcos - qui le décora de la légion d'honneur en retour - cet agrégé de lettres très controversé, souvent qualifié de "réac" et qui choisit de soutenir Sarkozy en 2007, s'est fait connaître du grand public en publiant La fabrique du crétin. Ne serait-ce qu'en matière de communication, le pauvre Bayrou n'aurait pas pu faire un choix moins heureux. Mais heu.....

o.g.

vendredi 13 novembre 2009

A contrepied

Pour que les lycéennes ne laissent plus leur désir envoyer en l'air leur avenir, Ségolène Royal veut obliger Luc Chatel à changer de position. C'est pour cela que, prenant elle même les choses en main, la Dame patronnesse de Poitou-Charentes a débarqué cet après midi en missionnaire dans un lycée professionnel de Poitiers pour remettre à l'infirmière scolaire un premier colis de capotes et de chèques-contraception. Sur place, elle a pris langue avec quelques journalistes pour annoncer que dès lundi 1.400 autres colis seront envoyés dans 90 lycées de la région. De son coté, la rectrice d'académie, qui n'avait encore pipé mot, a susurré que "ces chèques ne pourront être distribués dans les établissements sans (son) accord". D'ici là Chatel restera-t-il inébranlable ou se résoudra-t-il à opiner ?
o.g.

jeudi 12 novembre 2009

La grippe se rapproche

Comme au collège Marcel-Aymé de Dagneux le 21 octobre dernier, pas d’affolement ce matin devant l’école et le collège Saint-Charles [de Châtillon-sur-Chalaronne] après l’annonce de cas groupés de grippe A.
De nombreux parents n’étaient d’ailleurs pas au courant. "Mardi, quand j’ai constaté que douze élèves de cette classe étaient absents parce qu’ils présentaient des symptômes grippaux , j’ai alerté la Ddass" expliquait hier matin Eric Loques, le directeur du collège. "Dans le carnet de liaison, j'ai demandé aux familles de ne pas mettre leurs enfants au collège aujourd’hui" . Ce matin, les 28 élèves de la 6e 3 manquaient à l’appel. Deux d’entre eux étant touchés par le virus H1N1. Ce matin, tous les collégiens et les professeurs présents ont été rassemblés dans la cour pour un briefing qui se voulait rassurant. L’Académie lui ayant confirmé peu avant le nombre de cas enregistrés après analyse des prélèvements, le directeur s'est voulu rassurant : "je veux m’adresser à vous pour éviter que des rumeurs circulent dans l’établissement" a-t-il lancé aux adolescents. "On va surveiller l’absentéisme de près" glissait Eric Loques. "Mais le taux est plutôt correct pour l’instant, nous n’avons que huit absents sur l’ensemble du collège". A l’extérieur, une mère de famille résumait laconiquement l’état d’esprit des parents rencontrés. "On va tâcher de faire encore plus attention, mais s’ils doivent avoir la grippe A, ils l’auront … ".
(source : leprogres.fr ; 12 novembre 2009)
Nombreux sont les saints Charles dans la religion catholique. Ironie du sort, l'un deux, Charles Borromée, évêque de Milan au XVIe siècle, s'illustra en portant secours aux malades lors de l'épidémie de peste qui s'abattit sur sa ville en 1576. Selon son hagiographie, des guérisons miraculeuses s'opérèrent même sur son tombeau après sa mort. Rien n'est donc perdu pour nos voisins châtillonais.

S. Bourdon, St Charles Borromée secourant les pestiférés, milieu XVIIe siècle

o.g.

Pilule amère

Ségolène Royal a annoncé aujourd'hui son intention de faire distribuer "en début de semaine prochaine", dans tous les lycées de son fief picto-charentais et par l'intermédiaire des infirmières scolaires, des "chèques-contraception". La Dame du Poitou entend ainsi "lutter contre les grossesses précoces des filles mineures", objectif louable. Chaque carnet gratuit devrait comporter quatre tickets : le premier permettra aux bénéficiaires "d'aller faire une consultation médicale gratuite", le deuxième "d'accéder à l'achat de contraceptifs", le troisième de "faire des analyses médicales" et dernier sera un bon "pour une visite de contrôle".

La réponse du ministère à la Présidente n'a pas tardé. Et c'est clairement une fin de non recevoir. "L'Éducation nationale n'a pas à se substituer au planning familial [seul] autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur" a déclaré Luc Chatel, lui même heureux papa de quatre enfants : "je considère que le lycée est un lieu d'éducation. Je crois à l'accompagnement et à l'écoute. Éduquer, c'est être responsable et cela ne peut se résumer à distribuer un chèque (...). Dans chaque lycée existe un conseil d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui, avec nos personnels de santé de l'Éducation nationale, apporte des conseils aux élèves en matière de sexualité".

Faisons toutefois remarquer au ministre que les lycées étant la propriété des Conseils régionaux, libre à ceux ci d'y organiser toutes les campagnes de prévention qu'ils estiment nécessaires, à la fois en matière de santé, de comportements à risque, de sécurité routière, etc, etc. Pour l'heure l'opération semble donc avoir capoté et Ségolène estime ce soir que "la déclaration de Luc Chatel confirme bien qu'il a bloqué cette action. C'est désolant" conclue-t-elle.
o.g.

mercredi 11 novembre 2009

Un député UMP remet en question les suppressions de postes

Le site Médiapart rapporte dans son édition d'aujourd'hui les propos du député UMP Yves Censi, qui s'inquiète ouvertement du rythme des suppressions de postes dans l'Education Nationale. A la veille de la discussion du budget de l'enseignement scolaire le député de l'Aveyron, également rapporteur de la commission des finances, se demande en effet si, après trois années de coupes sombres qui ont entraîné la disparition de 35.000 postes d'enseignants depuis 2007, il est opportun d'envisager la disparition prochaine de 16.000 postes supplémentaires, ce qui représenterait près de la moitié des postes supprimés en 2010 dans la fonction publique : "les gains de productivité semblent avoir été réalisés, écrit Yves Censi. Si l'on veut par la suite continuer à diminuer les emplois, dans une optique de réduction de la dépense publique à long terme, il faudra alors modifier en profondeur le système éducatif et les méthodes d'enseignement (...). Il paraît difficile de maintenir la réalisation des programmes scolaires et le fonctionnement actuel des établissements en allant au-delà dans la diminution des emplois, tant enseignants qu'administratifs". Des propos qui resteront certainement sans suite quand on sait à quel point le gouvernement persiste à rester complètement sourd aux remarques qui émanent de sa propre majorité.
o.g.

mardi 10 novembre 2009

Sarkozy prend un bouillon

A défaut d'avoir été présent à Berlin le 9 novembre 1989 comme il tenté de le faire croire - vilain menteur ! - , Notre Petit Kaiser y était bien hier soir, 9 novembre 2009. Il s'est même essayé à la langue de Goethe. Mais sa tentative fut aussi lamentable que lorsqu'il s'essaya à la langue de Shakespeare lors de la "Magnifical" (sic) visite qu'il rendit à The Queen en mai de l'année dernière. Voulant cette fois ponctuer son discours d'une phrase en allemand, "Wir sind Brüder wir sind Berliner" - "nous sommes frères, nous sommes Berlinois" - il s'est magistralement vautré en clamant haut et fort devant 100.000 Allemands hilares et en mondiovision : "Wir sind Brüher, wir sind Berlin", - "nous sommes du bouillon, nous sommes Berlin". Pour du bouillon, c'était bien du bouillon. N'est pas Kennedy qui veut...

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Et oui, l'enseignement des langues a encore beaucoup de progrès à faire. Il y a quelques jours le fidèle Chatel se réjouissait pourtant d'une soit-disante reprise de l'enseignement de l'allemand (15,4 % des collégiens et des lycéens contre 15,2 % en 2006 - 90 567 élèves de sixième en 2009 contre 73 763 en 2003) : "nous voulons donc qu’en France votre langue soit toujours aussi attractive pour nos élèves. Les classes « bilangues » sont l’un des meilleurs leviers de ce renouveau", déclarait-il le 2 novembre devant un aréopage germanique, avant d'assurer que la volonté de son maître vénéré était de soutenir et de promouvoir l'enseignement de l'allemand. Pour le moment, ce n'est pas très concluant. Notre Souverain polyglotte ne semble donc pas plus doué pour les langues (français compris) que pour la chronologie.

L'homme qui abattit le mur de Berlin - source : lepost.fr

o.g.

Chatel à sens unique

Totalement imperméable aux observations qui ont été faites par la Cour des comptes sur la formation progressive de ghettos scolaires, Chatel a déclaré aujourd'hui vouloir "aller au bout de l'assouplissement de la carte scolaire". Selon lui, le fait que 186 collèges "ambition réussite" aient pu perdre jusqu'à 10 % de leurs élèves en 2008 ne pèse rien à côté de la cinquantaine d'établissements qui ont vu augmenter leurs effectifs : "ne voyons pas uniquement le résultat à sens unique" a-t-il conclu, sans rire.
o.g.

lundi 9 novembre 2009

Propaganda

Nous le savons depuis hier : c'est bien Notre Souverain charismatique qui est à l'origine, il y a vingt ans, de la chute du mur de Berlin. Si si, il y était, ce 9 novembre 1989. Une photo le prouve. Et c'est lui qui, en attaquant le mur à coups de burin, à 1,20 m. de hauteur, en a fragilisé les bases, au point de provoquer l'effondrement salvateur qui apporta la liberté aux Allemands de l'Est.
Mais ce n'était pas là son premier exploit en Germanie. Le post.fr publie ce soir un autre document qui démontre que c'est lui aussi qui, en 789, signa le capitulaire Admonition générale ordonnant l'ouverture d'écoles dans tout son royaume.Au début d'une semaine pendant laquelle devrait être célébrée la grande amitié franco-allemande que Notre Glorieux Kaiser prétend incarner, relayons à notre tour les sympathiques propos germanophobes tenus lors de la campagne de 2007. Rares sont en effet les hommes politiques qui soient capables, toute honte bue, de tenir des propos aussi caricaturaux et d'aligner autant d'approximations historiques et de contre vérités.

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o.g.

dimanche 8 novembre 2009

Inoculons le mammouth

Il y a quelques minutes, Luc Chatel, qui a retrouvé pour l'occasion sa casquette de ministre de l'Education Nationale, vient d'annoncer dans le journal de France 2 le démarrage prochain, à compter du 25 novembre, d'une campagne de vaccination des élèves contre la grippe A. L'Education Nationale s'associe au ministère de la Santé pour "proposer" cette vaccination aux parents qui le souhaitent. Tous recevront prochainement de leur caisse d'assurance maladie un "bon de vaccination" et un questionnaire de compatiblité. Ceux dont les enfants sont scolarisés en maternelle et en primaire devront se rendre ensuite avec leur progéniture dans les centres de vaccination de proximité. Quant aux collégiens et aux lycéens, ils seront piqués dans leur établissement par les infirmier(e)s scolaires mobilisé(e)s pour l'occasion - pendant ce temps ils ne pourront d'ailleurs plus faire autre chose. Le ministre, qui se fera inoculer la mixture salvatrice plus tard (avec ou sans adjuvant, il ne l'a pas précisé), a rappelé l'importance de ce vaccin pour éviter la propagation du fléau qui, paraît-il, aurait progressé à grands pas ces derniers jours. Mais il s'agit aussi d'écouler à tout prix les 90 millions de doses qui ont été achetées à prix d'or.
o.g.

Pour le Meirieu ou pour le pire

Les Verts n'ont peur ni de la caricature ni du ridicule. Ils viennent de le prouver une fois de plus en décidant, au terme d'une de ces procédures électorales alambiquées dont ils ont le secret, de désigner comme tête de liste du mouvement Europe-Ecologie en Rhône-Alpes pour les prochaines régionales, Philippe Meirieu, le maître à penser des "pédagogos". La simple évocation du nom de cet ancien directeur de l'I.U.F.M. de Lyon (jusqu'en 2006), professeur de Sciences de l'Education à l'université Lumière (Lyon 2), apôtre de la pédagogie différenciée, hérisse le poil à pas mal de gens dans les salles des profs où on l'accuse entre autres choses d'avoir contribué, par ses idées, à la baisse du niveau général des élèves, au recul de l'autorité des profs et au déclin de leurs savoirs disciplinaires. Si les Verts rhônalpins comptent sur ce choix pour s'attirer les suffrages enthousiastes du corps enseignant, ils sont loin d'avoir misé sur le bon cheval.
o.g.

vendredi 6 novembre 2009

Les ghettos de Darcos

Décidément très en forme, la Cour des comptes vient de publier une enquête selon laquelle l'assouplissement de la carte scolaire institué par Darcos contribuerait à la formation progressive de "ghettos scolaires". Ce constat s'appuie sur l'étude de l'évolution de la population scolaire de 254 collèges "ambition réussite", au cours de l'année 2008 : 186 d'entre eux ont perdu des élèves, "ce qui s’est traduit par une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d’inégalités contre lesquels doit lutter la politique d’éducation prioritaire". En clair, les collèges difficiles semblent bien perdre leurs bons élèves, dans la mesure où les parents de ces derniers sont de plus en plus nombreux à faire des demandes de dérogation pour que leurs rejetons puissent poursuivre leur scolarité des établissements plus fréquentables. Et en moyenne deux demandes sur trois sont acceptées. Résultat, certains bahuts ont pu perdre jusqu'à 10 % de leurs élèves et parfois la situation s'est tellement dégradée qu'elle a pu conduire à la fermeture de l'établissement, comme cela a été le cas au collège Paul Giéra à Avignon. En proposant la suppression de la carte scolaire lors de la campagne de 2007, Sarkozy prétendait offrir une liberté de choix aux parents sans remettre en question la mixité sociale et scolaire. Les plus éclairés avaient flairé l'escroquerie électoraliste - une de plus. Deux ans après, les faits leur donnent raison.

(Source : Le Parisien / Aujourd'hui en France ; 6 novembre 2009)

o.g.

jeudi 5 novembre 2009

Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

ça plane sévère au ministère de l'Education Nationale. Après avoir annoncé hier matin sur I-Télé la prochaine tenue de débats identitaires à l'école, l'improbable ministre Chatel tenait le soir même sur Public Sénat des propos complètement à l'opposé de ses délires matutinaux. Sur sa volonté de faire chanter la Marseillaise à l'école : « pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr qu’il faille le contraindre dans le cadre de l’emploi du temps », même s'il estime toujours qu'elle "est plutôt faite pour être chantée que pour être lue". A propos du débat sur l'identité nationale qu'il prétendait quelques heures plus tôt vouloir introduire dans les classes : « on ne va pas organiser des débats sur l’identité nationale à l’école [mais les professeurs d’instruction civique ou d’histoire pourraient] s’ils le souhaitent aborder ces sujets ». Comme le déclarait sentencieusement le duc de la Rochefoucauld - contemporain de cette chère Mme de Lafayette - l'inconstance qui vient de la légèreté de l'esprit ou de la faiblesse fait recevoir toutes les opinions d'autrui.
o.g.

mercredi 4 novembre 2009

Chatel Dupont-Lajoie

ça commence à virer à l'obsession. Le gouvernement a l'intention d'étendre à l'école le débat sur l'identité nationale. C'est ce qu'a déclaré Chatel ce matin sur I-télé : "oui, nous allons participer. Moi-même, je vais participer" a-t-il dit en annonçant que des débats identitaires se dérouleraient dans le cadre de l'éducation civique, sans apporter par ailleurs d'autres précisions, affirmant faire "totalement confiance aux enseignants en la matière". Comme si les profs n'avaient pas autre chose à faire que de servir la soupe au gouvernement en relayant un débat aussi imbécile qu'inutile.

Qu'on se le dise : l'identité nationale n'existe pas parce qu'elle ne peut pas être définie. Par son histoire, par sa géographie, par ses paysages, par son peuplement, par sa culture, par sa langue même, la France est faite de diversités qui ne sauraient être réduites à un concept uniforme. Il est temps de lire - ou de relire - Braudel !
o.g.

mardi 3 novembre 2009

L'identité nationale passe aussi par l'orthographe

"On va travailler sur le pluriel des noms composés et sur le participe présent", annonce la prof de français à une douzaine d'élèves sagement assis devant elle.
Y aurait-il dans notre bon pays des profs qui ont la chance d'enseigner à des classes aux effectifs allégés ? Ne rêvons pas. Il s'agit donc d'un cours de soutien pour des élèves de sixième ? Que nenni. La scène se déroule dans une salle de l'université d'Angers et les élèves sont des étudiants en première année de psycho, filière fourre-tout de nos facs où échouent chaque année de trop nombreux étudiants qui n'ont de bacheliers que le nom. Une enquête conduite dans cette université a en effet révélé que 50 % des étudiants qui sont entrés en lettres cette année ont obtenu moins de 10/20 aux épreuves anticipées de français du bac ! A la rentrée de septembre tous ont donc été soumis à un test d'orthographe et de grammaire avant de devoir faire une rédaction, des exercices d'un niveau fin de collège. Et, impitoyable, le couperet s'est abattu sur la tête de 286 d'entre-eux - sur un millier : ceux qui ont eu moins de 12 à une épreuve ont écopé d'une heure de travaux dirigés obligatoire par semaine et ceux qui ont eu moins de 12 aux deux épreuves, deux heures.
C'est que la situation est devenue catastrophique dans nos universités où les étudiants sont de plus en plus nombreux à être incapables de prendre des notes, de comprendre et résumer des ouvrages de base, de rédiger correctement une copie sans faire de faute d'orthographe ou de syntaxe, ou de construire un raisonnement clairement argumenté, de mettre en mots leur pensée. Selon le linguiste Alain Bentolila, prof à la Sorbonne, 15 à 20 % des étudiants des filières littéraires ont de telles lacunes qu'ils ne sont pas en mesure de répondre à ces exigences de base. Première conséquence : 60 % d'échec dès la première année dans les filières de lettres et de sciences humaines. Deuxième conséquence, des copies et des mémoires truffés de fautes et de passages totalement incompréhensibles, y compris dans des mémoires de M1 ou de M2. "Les copies des étudiants nous tombent parfois des mains" déclare à ce propos la directrice adjointe du département des lettres de la fac angevine.

La faute à qui ? Le box des accusés est plein. S'y côtoient pêle-mêle la méthode globale, le collège unique, les programmes surchargés de l'école primaire qui sacrifient le français et les maths au développement durable ou à la sécurité routière, le passage automatique dans la classe supérieure, les classes surchargées, la diminution des horaires de français au collège, les correcteurs d'orthographe, sans oublier les nouveaux moyens de communication et le langage SMS. Mais dans le cas présent, celui des étudiants qui échouent à l'université parce qu'ils ne sont pas en mesure de suivre et de répondre aux exigences des études supérieures, il faut d'abord pointer du doigt l'Education Nationale qui, en dévaluant un baccalauréat qu'il faut maintenant attribuer coûte que coûte à 80 % d'une classe d'âge, en a fait un leurre. On fait croire aux bacheliers qu'ils ont réussi après 15 années passées sur les bancs de l'école de la République tout en les conduisant à l'échec à un moment où il est trop tard pour échouer.


Alors à quoi bon vouloir débattre d'identité nationale quand on constate qu'une part croissante de la jeunesse ne maîtrise plus les bases de la langue française au point de ne plus être capable de s'exprimer correctement par écrit, de se faire comprendre, d'avoir une pensée argumentée et de la faire partager ?
o.g.

lundi 2 novembre 2009

Nicolas, nous voilà !

C'est aujourd'hui que s'ouvre en Sarkozie le grand débat sur l'identité nationale, si cher à l'empathique M. Besson. Nous sommes allés faire un petit retour sur le site spécialement dédié par le ministère éponyme et y avons repéré trois propositions sur sept qui concernent directement ou indirectement l'école.
1°) pour "faire connaître et partager l'identité nationale" : "ouvrir aux parents les écoles dans lesquelles sont scolarisés les enfants afin de les familiariser aux valeurs de la République" ;
2°) "pour valoriser l'identité nationale" : "prévoir que l’ensemble des jeunes français devront chanter au moins une fois par an, le cas échéant, après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national" ;
3°) sur le même sujet : "mettre en place, dans toutes les préfectures de département, de cours d’instruction civique, ouverts à tous".

On pourrait peut être y rajouter le salut au drapeau tous les matins, l'art de rédiger sans faute une lettre de délation, la création de chantiers de jeunesse sarkozistes, l'instauration de cours d'économie domestique pour les filles, un portrait de Notre Guide dans toutes les salles de classe, l'étude des oeuvres complètes de Carlita en cours de musique, etc, etc.

o.g.

dimanche 1 novembre 2009

L'école les rend fous !

(Source : Marianne ; 31 octobre - 6 novembre 2009)