lundi 28 février 2011

Les affiches qui fâchent

Le secrétaire départemental de la FSU du Calvados est convoqué au commissariat d'Hérouville-Saint-Clair le 7 mars prochain. Motif : l'inspecteur d'académie a porté plainte après une manifestation au cours de laquelle, le 1er février dernier, des profs mécontents avaient collé sur les murs de l'inspection académique 359 silhouettes représentant les 359 postes qui seront supprimés dans le Calvados à la rentrée prochaine. Voilà un IA qui a un sens très particulier du dialogue. Il est vrai que ses méthodes ne cessent de surprendre, puisque c'est le même individu qui a décidé de répartir les heures d'enseignement entre les collèges de son département en fonction de leur taux de redoublement, les plus sévères étant les moins bien pourvus. La FSU, qui regrette de ne pouvoir, de son côté, porter plainte contre cet inspecteur et son ministre de tutelle pour "dégradation du service public d'éducation" ou "vol de postes dans les écoles et établissements", appelle à un rassemblement devant le commissariat d'Hérouville, le 7 mars.

dimanche 27 février 2011

Education sous tension dans l'Ain

La rentrée scolaire de septembre 2011 s’annonce des plus tendue. La politique nationale de baisse des effectifs va entraîner près de 9 000 postes en moins rien que pour le primaire. Au niveau du département, la situation s’en ressent et la mobilisation se structure. « Les actions se multiplient avec, par exemple l’occupation des lycées professionnels Voisin puis de Pardé ainsi que le rassemblement pour la défense des RASED du 23 février » énumère Isabelle Vuillet, secrétaire départementale de la CGT Éducation. Elle annonce déjà de nouvelles manifestations « le mercredi de la rentrée, le 16 mars et enfin le 19 mars à l’appel du collectif « Notre école, notre Avenir ». Ces actions sont légitimes, selon Isabelle Vuillet, qui ne comprend pas cette politique : « Alors qu’il devrait y avoir 500 élèves de plus l’année prochaine dans le département, le budget de l’Éducation nationale se réduit comme une peau de chagrin. Nous exigions une autre politique éducative. »
Le 10 février, dans les rues de Bourg-en-Bresse
Les professeurs ne sont pas seuls. Alors que le 10 février dernier, les professeurs de l’Éducation nationale faisaient grève pour exprimer leur mécontentement, d’autres acteurs s’expriment aujourd’hui : les professeurs des lycées techniques, et le personnel administratif. Nicolas Dussuyer, secrétaire du syndicat Force ouvrière pour l’Éducation nationale dans l’Ain, avance l’exemple d’une assistante sociale non remplacée dans un lycée depuis le mois de décembre. Cet exemple lui permet de montrer que les professeurs ne sont pas les seuls touchés par les réformes. C’est le cas également du personnel contractuel que Brigitte Mirguet représente. « Il est légitime aujourd’hui que nous soyons titularisés. Nous avons fait tout ce que l’on nous demandait. Parfois même plus. Ensuite, on se mettra aux côtés des titulaires pour demander le maintien des postes. » À l’heure où l’apprentissage devient une cible pour le retour à l’emploi, les lycées techniques font grise mine. « Le président parle d’apprentissage et donc de formation privée. Les lycées techniques sont menacés » explique David Kilic. À Oyonnax, une filière de dessin graphique est menacée quand, en face, le CFA fait le plein dans ce même secteur. De plus, le lycée professionnel de Châtillon tout entier est menacé de fermeture d’ici 2012.
Les parents d’élèves montent au créneau. La mobilisation prend également de l’ampleur du côté des parents d’élève où l’anxiété est grandissante. Bénédicte Duthoit, permanente pour la PEEP (Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public), constate cette angoisse : « Pour la première fois, la PEEP s’engage, et même au niveau national. D’habitude, nous sommes plus en retrait. Mais cette année, la situation n’est pas tenable ». Le changement de position de la PEEP s’explique : « désormais, le problème n’est plus politique. Il devient quotidien. La situation se dégrade réellement. Il y a une réelle baisse de la qualité de l’enseignement. Et les parents sont inquiets. » Une inquiétude venue des annonces de fermeture de classe, mais pas seulement : « La crise joue un rôle. Nous avons cette année ouvert 18 cours de soutien contre onze l’année dernière. Preuve que les parents sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants ». S’ils réclament un confort d’éducation pour leurs enfants, un confort qui passe par l’arrêt des fermetures de classe, les demandes de la PEEP sont plus profondes : « Nous sommes conscients qu’il faille faire des économies. Mais devons-nous le faire sur le dos de nos enfants ? Ce sont pourtant eux qui dirigeront la France dans quelques années ».

(source : Arnaud Brasseur, La Voix de l'Ain, 25 février 2011)

samedi 26 février 2011

Ras les palmes : le mouvement prend de l'ampleur

"Michel Ascher a fait sa carrière de professeur puis de chef d'établissement dans l'académie de Lille, en passant par Roubaix, Tourcoing, Seclin... Il a été le premier à rendre ses Palmes académiques pour dire non à la réforme de l'Éducation nationale. Il a depuis été imité, dans toute la France, par une centaine de profs en activité ou retraités. Rencontre.
V.D.N. :
En renvoyant vos Palmes académiques, en décembre, vous avez initié un mouvement qui prend de l'ampleur. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
M.A : En moins d'une semaine, "L'appel des 47" est devenu l'appel d'une centaine. Au départ, les retraités de l'Éducation nationale étaient largement majoritaires. Depuis peu, des professeurs en activité rendent leurs palmes. Ils sont maintenant entre 15 et 20 %.
V.D.N. : Les Palmes académiques sont une distinction honorifique. Pourquoi est-ce important de les rendre ?
M.A. : Elles sont une fierté. En les rendant, un professeur né dans une famille de réfugiés espagnols s'est souvenu, les larmes aux yeux, de ses parents le jour où il a été décoré. Le fait que des retraités en arrivent là contribue aussi à faire réfléchir le grand public. Il ne faut pas négliger sa capacité de réflexion. Le renvoi des Palmes académiques est un témoignage d'autant plus fort que ce geste est désintéressé, commandé par la situation.

V.D.N. : Comment expliquez-vous l'écho du renvoi des Palmes académiques ?
M.A. : Si ce mouvement a pris tant d'ampleur c'est qu'il répond à quelque chose de très fort. Les Français sont attachés à leur service public et en particulier à l'Éducation nationale. Le gouvernement est loin d'être stupide, il en est conscient. Alors, il ne l'attaque pas directement. Il l'affaiblit, met tout en oeuvre pour que l'institution n'ait plus les moyens d'assurer sa mission. Et l'air de rien, il avance à la vitesse d'un rouleau compresseur.

V.D.N. : En affaiblissant l'Éducation nationale, pensez-vous qu'il pousse les parents à scolariser leurs enfants dans le privé ?
M.A. : Dans le public, le nombre de postes d'encadrement a été réduit, alors que dans les médias, le gouvernement disait qu'il fallait tout faire pour éradiquer le phénomène de violences. Mais pour faire face à cela, la première chose indispensable est la présence d'adultes dans un établissement. Le grand public n'est pas sot. Il se rend compte que le service public ne fonctionne pas bien. Les parents veulent ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants. Les structures privées ont compris que les familles attendent un encadrement et un accueil. Elles utilisent leurs fonds propres pour recruter des surveillants et des aides éducateurs. Elles garantissent ainsi l'accueil des élèves de 8 h à 18 h, quoi qu'il arrive entre ce créneau.

V.D.N. : Vous dénoncez également une logique comptable ?
M.A. : C'est exact. Elle est le péché originel de la stratégie gouvernementale actuelle.
V.D.N. : D'un côté des suppressions de postes, de l'autre la mise en place de primes...
M.A. : Depuis 2007, tous les événements vont dans le même sens éminemment négatif. Il y a eu la suppression de la carte scolaire, avec son atteinte à la mixité sociale et sa mise en concurrence des établissements. Cela revient à considérer l'Éducation nationale comme une entreprise. D'ailleurs, le ministre Luc Chatel justifie l'attribution de primes en parlant des entreprises. Puis, il y a eu les premières suppressions d'IUFM. Puis, la notion de rentabilité a été introduite dans les établissements professionnels, avec des regroupements de filières pour les enseignements généraux, alors que ces élèves ont besoin d'attention. Si les chefs d'établissement n'ont pas encore de prime, les recteurs en touchent déjà.
M.A. : Pensez-vous qu'il sera possible de reconstruire l'Éducation nationale ?
V.D.N. : Ce sera sans doute très dur. Mais il n'y a pas que cela. Si alternative à cette majorité il y a, une législature ne suffira pas à rétablir tout ce qui a été détricoté.

V.D.N. : La politique pourrait être une autre manière de vous faire entendre. Avez-vous été approché dans le cadre des élections cantonales pour être candidat ou remplaçant ?
M.A. : Je me suis présenté par le passé. Mais mon canton n'est pas renouvelable. En revanche, j'apporterai mon soutien à Sylviane Delacroix, la candidate du Front de gauche dans le canton Lille Nord-Est."

(source : C. Gerig, La Voix du Nord, 26 février 2011)

vendredi 25 février 2011

Le lycée Charpak défend ses CAP

(source : Le Progrès, 25 février 2011)

jeudi 24 février 2011

De nouveaux blocages à Bourg-en-Bresse

Ce midi les profs des lycées Quinet, Lalande et Carriat, rejoints par des collègues des collèges des alentours (Thomas Riboud, notamment) ont occupé pendant près d'une heure le carrefour des boulevards Paul Bert et Victor Hugo, face au lycée Lalande. Une nouvelle pagaille qui n'a pas manqué de susciter l'ire de certains automobilistes, tandis que d'autres adressaient aux manifestants des encouragements bienvenus. Une nouvelle action de rue qui contredit l'article publié hier dans Le Progrès, qui évoquait trop vite la résignation du corps enseignant face aux réformes et aux restrictions. A Bourg, l'heure est aux revendications et à la dénonciation d'une situation d'asphyxie générale dans les établissements du secondaire. Un nouveau rassemblement était prévu ce soir au collège Victoire Daubié et on évoquait déjà un blocage massif du carrefour de l'Europe dans la foulée.
(photo : leprogres.fr, 25 février 2011)

Les raisons de la colère

(source : Le Progrès, 23 février 2011)

Des profs écoeurés ?

(source : Le Progrès, 23 février 2011)

Bourg : mobilisation pour les rased

(source : Le Progrès, 24 février 2011)

mardi 22 février 2011

Stand up !

Les profs du bassin de Bourg sont-ils décidés à se lever ensemble contre la dégradation générale de leurs conditions de travail, conséquence des réformes du gouvernement et de la politique aveugle de suppressions de postes, dont les effets se feront cruellement sentir un peu partout à la prochaine rentrée ? Hier soir, ils étaient plus de 70, issus d'une quinzaine de bahuts différents, collèges et lycées, réunis pour une AG au collège Thomas Riboud. Entre 19 h.15 et 20 h.15, ils ont bloqué le rond point du stand, semant une belle pagaille dans la circulation.

(source : Le Progrès, 22 février 2011)

Nous apprenons également qu'une AG des enseignants du lycée Quinet a eu lieu aujourd'hui. Une quarantaine de profs étaient présents. Ils ont décidé d'adresser une lettre au recteur pour se plaindre de la DHG, des conditions dans lesquelles s'est mise en place la réforme du lycée et pour protester contre le non remplacement des profs et des stagiaires. En outre, pour appuyer leur contestation, ils ont entamé une procédure de rétention des notes pour les classes de seconde et de première, ainsi qu'un boycott des tours de table pendant les conseils de terminale et décidé, à cette occasion, d'exposer leurs revendications aux représentants des parents d'élèves. L'action engagée pourrait se propager aux lycées voisins, Carriat et Lalande. Une affaire à suivre...

lundi 21 février 2011

Pénurie de Rased dans l'Ain

22 postes de Rased seraient vacants dans l’Ain, alors que 10 % des élèves des écoles primaires auraient besoin de leur aide. Conséquence des suppressions de postes : "seulement 40 % de ces élèves signalés par les enseignants peuvent actuellement être réellement suivis par un enseignant spécialisé". C'est pour dénoncer cette situation que 4 syndicats du premier degré (Snuipp, SGEN-CFDT, CGT-éducation et SE-Unsa), rejoints par la FCPE, appellent à un rassemblement mercredi 23 février devant l’inspection académique à Bourg-en-Bresse, à 14 h 30. A cette occasion, ils invitent les parents et enseignants de l’Ain à venir signer une pétition « pour une vraie politique de lutte contre l’échec scolaire ».

vendredi 18 février 2011

Bourg-en-Bresse : les profs ne lâchent pas

Bourg-en-Bresse : des enseignants de plus en plus nombreux et déterminés.
Une trentaine d’entre eux avait investi le lycée Voisin mardi. Hier, ils étaient une petite cinquantaine au lycée Marcelle Pardé, avec en plus quelques parents d’élèves. Objectif : faire entendre leur colère, face à une Éducation nationale qui « les prive de moyens pour faire correctement leur travail », et surtout qui « hypothèque l’avenir des élèves ».
Car c’est bien pour eux qu’ils ont multiplié les lettres et les tracts, jusqu’à en venir à des actions plus radicales, comme le blocage, hier, d’un carrefour devant le lycée. Deux véhicules de police ont été dépêchés sur place pour réguler le trafic, fortement perturbé. Le mouvement s’étoffe et la détermination se renforce. Ce soir, une poignée d’entre eux sera reçue par le maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat. Tous espèrent obtenir son soutien pour « faire bouger les choses » et attendent des actes, « pas uniquement de belles paroles ».
Le groupe d’enseignants issus de collèges, lycées généraux et lycées professionnels est très soudé et compte bien mener d’autres actions la semaine prochaine, avec comme idée directrice : « Stop au massacre » dans l’Éducation nationale.

(source : leprogres.fr; 18 février 2011)

jeudi 17 février 2011

Pardé occupé à son tour

La trentaine de professeurs qui avaient investi le lycée professionnel Voisin, mardi, remet ça aujourd’hui à 17 h 30, toujours à Bourg, mais cette fois-ci au lycée Pardé. Le but : sensibiliser leurs collègues et les parents d’élèves « à l’incendie qui consume l’Éducation nationale actuellement », souligne Céline Julliand, enseignante à Voisin. « Nous serons donc présents sur place un peu avant la sortie des cours, si nous trouvons portes fermées, nous resterons devant la grille à distribuer des tracts ». Le groupe de « résistants » ne craint pas l’arrivée des forces de l’ordre, « au contraire, la communication par un coup d’éclat, c’est tout ce qui nous reste pour nous faire entendre ». Il n’y a pas de « plan d’attaque défini, tout se fera selon l’inspiration du moment, mais nous ne céderons pas ».
Cause de toute cette colère, « un nivellement par le bas de la filière professionnelle » à base de disparitions de sections de CAP ou de bac pro. Paradoxalement, au même moment, mardi soir, se tenait une table ronde d’Ain formations métiers, visant à inciter les jeunes collégiens à intégrer les sections professionnalisantes…

(source : Le Progrès.fr, 17 février 2011)

http://lpvoisinendanger.blogspot.com/

mercredi 16 février 2011

Elèves sous-encadrés et profs sous-payés

Selon une note de l'OCDE, la France a le taux d'encadrement (nombre d'enseignants pour 100 élèves-étudiants) le plus faible de l'OCDE. Notre pays présente en effet "le taux d'encadrement le plus faible, tous niveaux et tous établissements confondus (publics et privés) avec seulement 6,1 enseignants pour 100 élèves-étudiants, contrairement à des pays comme la Suède, la Grèce ou le Portugal où le taux d'encadrement dépasse neuf enseignants". Les taux d'encadrement sont particulièrement bas dans les écoles primaires (5 enseignants pour 100 élèves) et dans l'enseignement supérieur (5 pour 100 étudiants), alors que pour les collèges et lycées, la France connaît un "taux médian" (7,5 enseignants pour 100 élèves).
"Partant d'un taux d'encadrement plutôt faible dans le primaire et le supérieur par rapport aux autres pays de l'OCDE, l'ajustement à la baisse des effectifs doit nécessairement être différencié par niveau d'éducation", préconise ce même rapport, qui signale également que "
le niveau d'emplois publics que finance l'Etat en faveur de l'éducation se situe globalement à un degré intermédiaire au regard des principales économies étrangères". Pour compléter le tableau il est rappelé qu' en niveau absolu comme relatif "le salaire des enseignants apparaît faible en comparaison internationale".
Précisons que cette note prend comme année de référence l'année 2007 et que, depuis, plus de 50000 postes de profs ont été supprimés par la grâce de notre Bon Souverain, que 50000 autres devraient l'être d'ici à 2013 et que les profs attendent toujours une augmentation substantielle de leurs salaires, toujours promise mais jamais accordée.

Chaises musicales : la partie continue

Ce matin, sur RTL, Valérie, présidente d'une fédération de parents dans un collège de Bourg-en-Bresse, témoignait de la situation dans l'établissement de son enfant (Brou ?), d'où un professeur de français TZR a été envoyé dans un autre collège (Thomas Riboud ?) pour aller remplacer un stagiaire parti en formation, sans être lui même remplacé dans son collège d'origine. Déshabiller Pierre pour rhabiller Paul, même sommairement, est une technique très utilisée dans notre académie pour pallier la pénurie de remplaçants, au moment où la grippe et le départ des stagiaires entraînent de nombreuses absences. Mais que Valérie se rassure. Selon nos informations, le prof de son fils ou de sa fille devrait regagner ses pénates à la rentrée des vacances d'hiver, puisque c'est un prof de lettres du lycée Quinet, TZR lui aussi, qui devrait alors assurer, pour deux nouvelles semaines, le remplacement au collège Riboud. Qu'il laisse lui même sur le carreau deux classes de seconde et une classe de première - à trois mois de l'épreuve anticipée de français ! - n'a aucune importance aux yeux du rectorat. Deux semaines sans prof, que ce soit au collège ou au lycée, ne justifient pas en effet un remplacement systématique. Ni vu ni connu, je t'embrouille... Et l'intérêt des élèves ? Le rectorat s'en contrefout, c'est bien connu !

Ras les palmes : Chatel indigné

Choqué ! Le trop sensible ministre Chatel a estimé que l'action entreprise par les titulaires de palmes académiques qui ont décidé de lui renvoyer leurs breloques n'était "pas très digne", et a dénoncé l'"instrumentalisation d'un ordre républicain aussi ancien à des fins partisanes". "Les Palmes académiques sont un ordre très ancien (...) et qui a été créé pour valoriser, reconnaître l'engagement de nos concitoyens vis-à-vis de leur école et reconnaître les services rendus à l'enseignement", a-t-il déclaré en sortant du conseil des ministres, en refusant obstinément de reconnaître que son action est totalement contraire aux valeurs justement défendues par ces bienheureux récipiendaires.

Le lycée Voisin occupé

La radicalisation du mouvement avait été votée ces derniers jours lors de l’assemblée générale des lycées professionnels. La tendance s’était confirmée par les propos déterminés des grévistes jeudi dernier à Bourg.
Hier, après 17 h 30, une trentaine d’enseignants ont occupé le lycée Voisin, en s’installant dans la salle des profs. Des enseignants du second degré venant des collèges Thomas-Riboud et Victoire- Daubié de Bourg, Ampère d’Oyonnax, des Côtes à Péronnas, des lycées professionnels Pardé et Voisin, de Bourg, Bérard d’Ambérieu et Charpak de Châtillon-sur-Chalaronne et des lycées Quinet et Carriat de Bourg. « Nous voulons alerter et mobiliser les parents, les élus, les professionnels sur le démantèlement organisé du service public d’Éducation nationale de la maternelle à l’université », prenant comme exemple dans leurs lycées professionnels, des disparitions de sections de CAP ou de bac pro. Hier, vers 20 heures, ils ont reçu la visite de l’adjoint aux affaires scolaires, Alain Bontemps, venu « les soutenir » et « partager leur désarroi par rapport aux suppressions de postes ». Le maire de Bourg, Jean-François Debat, les recevra vendredi.

(source : Le Progrès, 16 février 2011)

mardi 15 février 2011

Ras les palmes : l'appel des 47

AVIS AUX PALMIPEDES :
Monsieur le Ministre,
Nous, proviseurs, principaux, directeurs d’école, inspecteurs, conseillers pédagogiques, formateurs, conseillers d’orientation, professeurs des écoles, en collèges, lycées et universités, enseignants chercheurs, documentalistes, sommes fiers et heureux de servir ou d’avoir servi l’école de la République française. Le ministère de l’Éducation nationale a reconnu notre engagement, notre compétence et notre dévouement dans cette tâche en nous honorant d’une distinction dans l’ordre des Palmes académiques.
Mais nous constatons aujourd’hui, avec une infinie tristesse, que l’Éducation nationale souffre de plus en plus d’une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale : depuis quelques années, l’école que nous avons aimée et construite est progressivement désorganisée, dégradée, et disparaît. Nous n’y retrouvons plus les idéaux et les valeurs que nous y avons portés. La liste des mesures qui vont contre l’école, les enfants, les étudiants et les enseignants est déjà bien longue : suppression, cette année encore, de 16 000 postes qui s’ajoutent aux 50 000 de ces trois dernières années ; suppression de la formation des enseignants (IUFM); suppression de la carte scolaire ; remise en cause de la scolarisation des moins de trois ans ; prime aux recteurs, etc. Accepter les Palmes académiques, c’est aussi cautionner une orientation politique : nous récusons énergiquement celle que vous mettez en place. Et aujourd’hui, notre désaccord avec la nouvelle institution devient si grand que, pour ne pas être identifiés à elle, pour ne pas nous renier, notre conscience nous conduit à accomplir le geste symbolique de vous rendre nos Palmes académiques.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations attristées.

Professeurs, vous souhaitez vous aussi signer l'appel et rendre vos Palmes ? Écrivez à rendrelespalmes@yahoo.fr

La liste des 47 signataires de cet appel est consultable sur http://www.charliehebdo.fr/ras-les-palmes

dimanche 13 février 2011

Carte scolaire : Chatel à contre-sens

(source : A. Topaloff, Marianne, 12-18 février 2011)

samedi 12 février 2011

vendredi 11 février 2011

Sarko veut réformer sa réforme de la formation

Lors de l'interminable et très ennuyeuse émission de téléréalité qui lui était spécialement dédiée hier soir par ses fidèles amis de TF1, Sarko Ier a annoncé qu’il allait rencontrer les syndicats enseignants pour débattre de la formation pratique des profs qu'il a, rappelons-le, laissé supprimer cette année. Ses déclarations furent surréalistes, à l'image de l'émission elle-même : “il faut qu’on renforce la partie stage professionnalisant” de la formation des professeurs a-t-il déclaré sans rire, mais dans un français approximatif, “parce que pour être enseignant, il faut bien sûr connaître la matière, ça c’est l’université, mais on va faire un effort sur un point de faiblesse pour nous, pour renforcer les stages”. Mais des stages pour quoi ? "Non seulement pour enseigner”, mais aussi pour “animer une classe”, "pour faire face aux situations de crise”, “pour apprendre à se faire respecter”. II a donc promis de rencontrer les syndicats enseignants avec son fidèle Lèche-Luc "pour parler de ça, car c’est un problème central”. Tu l'as dit bouffi.

Un demi millier de profs dans les rues de Bourg-en-Bresse

Près de 500 enseignants des premier et second degré ont manifesté hier après-midi à Bourg pour dénoncer notamment les suppressions de postes. Les syndicats estimaient à 50 % le nombre de grévistes dans l’Ain
« Non à la mort du lycée pro », « Des places assises pour tous les élèves », « Pour diminuer les profs, supprimez les élèves ». Les banderoles et panneaux brandis dans le cortège des manifestants, hier, à Bourg résumaient bien l’état d’esprit un peu morose des profs de l’Ain.
Ils étaient donc 500 réunis au Champ de foire à 14 h 30 pour protester contre les suppressions de postes et « la casse du service public d’éducation ». Un mouvement plutôt suivi puisque seuls deux syndicats -la FSU et la CGT éducation- avaient appelé à la grève, alors que, lors de la dernière manifestation le 22 janvier, l’ensemble des syndicats avait mobilisé 250 personnes à Bourg.

« Cette mobilisation est la preuve que les deux organisations qui ont pris leurs responsabilités ont bien fait de bouger maintenant. Il y a eu une réaction épidermique et les collègues avaient envie de manifester », lançait Nicolas Jambon secrétaire départemental du Snes-FSU.
Dans les établissements scolaires, difficile de se rendre compte de l’ampleur du mouvement. Les syndicats, plutôt satisfaits, annonçaient 30 % de grévistes dans les lycées professionnels, 50 % dans les collèges et lycées généraux et à peu près la même proportion dans les écoles. Du côté de l’inspection académique de l’Ain, pas d’éléments sur le département. On s’est contenté de communiquer les chiffres de l’ensemble de l’académie de Lyon (Rhône, Ain et Loire) avec 16,62 % de grévistes dans le premier degré et 13,91 % dans le secondaire.
Mais hier, c’est un cortège plutôt calme qui s’est déplacé jusqu’à l’inspection académique à Bourg. Pas de slogans criés ou de tambours déchaînés, si ce n’est du côté de la dizaine de militants de l’association Attac. Les enseignants discutaient entre eux, suivant la camionnette aux couleurs des syndicats. Dans les rangs, de l’école au lycée professionnel, le problème évoqué est le même : moins de professeurs pour plus d’élèves à la rentrée. Avec toutes les conséquences induites selon les grévistes : des classes surchargées, la disparition des cours en demi-groupe, l’arrêt net de certaines filières dans les lycées professionnels…
Pour le collège et le lycée, les professeurs s’inquiètent aussi à propos du remplacement des enseignants stagiaires qui partent en formation lundi et quittent donc leurs classes. « C’est le bazar le plus complet, expliquait Nicolas Jambon. Certains ne seront pas remplacés, d’autres devront trouver eux-mêmes leur remplaçant ou seront remplacés par des étudiants en Master. » Du côté des instits, en plus des suppressions de postes, c’est la réforme de la formation et « le grignotage » des Rased, ces réseaux destinés à aider les enfants en difficulté, qui faisaient parler. Enfin, beaucoup d’enseignants défendaient les lycées professionnels qui perdront environ 225 places à la rentrée. « 16 sections supprimées dans l’Ain, lance un enseignant. On supprime dans la productique alors que les entreprises du secteur ont besoin d’ouvriers qualifiés dans l’usinage. Et on s’attaque aussi à des sections qui marchent très fort comme l’électricité où il y a déjà une place pour quatre demandes. Les parents doivent se demander comment les élèves vont être affectés. »
Après la manifestation, cinq représentants des syndicats ont été reçus par Philippe Sauret, l’inspecteur d’académie. Une rencontre qui a duré deux heures trente. À la sortie, un représentant du Snes-FSU confiait que l’entretien avait été « assez intéressant ». « L’inspecteur ne conteste pas l’ampleur de la mobilisation, avec des pics notamment dans les collèges. il a aussi reconnu certains problèmes. » Malgré ce dialogue, les syndicats appelleront à nouveau à manifester le 19 mars lors de la journée nationale. Mais, avant cela, un rassemblement pourrait avoir lieu dans les prochains jours devant le rectorat de Lyon.

(source : S. Albanesi, Le Progrès, 11 février 2011)

jeudi 10 février 2011

Les profs dans les rues de Bourg-en-Bresse

Un enseignant sur trois selon les syndicats FSU et CGT Educ', un sur cinq seulement selon le ministère, aurait participé à la journée de grève nationale. Dans l'Ain la mobilisation semblait plus forte, notamment dans les collèges. A Bourg-en-Bresse, ils étaient plus de 400 à manifester leur mécontentement contre les suppressions de postes, de classes et de filières et contre la dégradation générale des conditions de travail, derrière une banderole qui rendait hommage à Emile Zola.

Dans le département de l'Ain la grève semble avoir été plutôt bien suivie, à en croire les chiffres transmis par le Snes : collège de BAGE-LA-VILLE : 20/35 enseignants attendus à 9h (57%) ; collège de BELLEY : 20/64 (31%) ; collège de BEYNOST : 15 /33 (45%) ; collège de BOURG Brou : 5/19 (26%) ; collège de CEYZERIAT : 15/25 (60%) ; collège de MEXIMIEUX : 17/35 (49%) ; collège de MONTREVEL : 10/25 (40%) ; collège de NANTUA : 8/19 (42%) ; collège de PERONNAS : 5/21 (24%) ; collège de PONT-DE-VAUX : 20/28 (71%) ; collège de SAINT-ANDRE-DE-CORCY: 35/44 (80%) ; collège de SAINT-GENIS-POUILLY : 24/33 (73%) ; collège de SAINT-RAMBERT-EN-BUGEY : 8/13 (62%) ; collège de SAINT-TRIVIER: 13/18 (72%) ; collège de TREVOUX : 20/22 (91%!!!) ; collège de VONNAS : 12/28 (43%) ; lycée Carriat à BOURG-EN-BRESSE : 20/65 (31%) ; lycée Lalande à BOURG-EN-BRESSE : 15/36 (42%) ; soit, sur l'échantillon, 282 sur 566 : 50% de grévistes dans l'Ain.

Les couilles du mammouth

Le jeune Luc *, 12 ans, est élève au collège Denis-Diderot de Sorgues, dans le Vaucluse. Il y a peu, il a dérapé et s'est compromis dans une dangereuse histoire de trafic de substances illicites. L'objet du délit : des couilles de mammouth ! Des attributs avec lesquels on ne rigole pas dans l'Education nationale.
Le papa de Luc* est boulanger et il vend dans son échoppe de délicieuses sucreries parfumées au redbull, à la forme évocatrice, qui pèsent 60 g. chacune. De belles baloches disponibles en cinq parfums, à triple épaisseur, qui changent de couleur quand on les suce longuement et qui contiennent un coeur de chewing-gum bien dégueu et qu'on peut mastiquer longtemps. Cette gâterie, inconnue au collège Diderot, suscitant la convoitise de ses condisciples, Luc eut l'idée géniale d'en apporter au bahut pour les vendre. Bon commercial, il commença à les vendre à prix coûtant puis, le succès venant, entrepris de les dealer auprès de ses camarades devenus accros, moyennant un petit bénéfice, tout ce qu'il y a de plus raisonnable. Bon en calcul mental, il rendait même la monnaie sans se tromper, ce qui aurait pu lui valoir les félicitations d'un ministre de l'Education nationale résolu à combattre l'innumérisme.

Mais c'était sans compter sur le zèle d'un principal empêcheur de sucer en rond, exaspéré de voir les élèves la bouche pleine à chaque récréation. Après rapide enquête le coupable fut démasqué et sommé de cracher le morceau devant la CPE. La maman fut convoquée derechef par le principal, désireux de prendre langue avec elle "en urgence", au motif que son fils "avait été interpellé pour trafic de sucettes". De quoi en rester bouche bée. Car trafic il y avait : le truand avait écoulé dans le collège quatre boîtes de 36 sucettes et réalisé un bénéfice de... 28 euros. Bien que le règlement intérieur de l'établissement ne précise pas que la vente de friandises est interdite, Luc* sera déféré le 17 février devant un Conseil de discipline pour avoir pratiqué un "commerce illégal dans l'établissement". "Il ne vend pas du shit tout de même", s'offusque la maman, ébranlée par la "disproportion" de la mesure disciplinaire : "Je sais qu'il risque des jours d'exclusion mais je n'accepterai pas que l'on ne mentionne pas qu'il s'agissait d'un commerce de sucettes. Je ne veux pas que cela le suive toute sa scolarité et que l'on pense qu'il a vendu de la drogue. Oui, il a fait une petite bêtise mais tout ceci est complètement disproportionné. Des heures de colle auraient suffi". Le principal, tout en raideur, assume la mesure au motif que ne pas réagir au trafic de sucettes aujourd'hui, c'est prendre le risque de voir se développer demain un trafic de portables, avec ou sans vibreurs. Attention M. le Principal, si vous vous acharnez à démanteler les réseaux de trafiquants de sucreries avec un tel zèle, votre ministre ne vous en sera pas reconnaissant. Trop de conseils de disciplines, trop d'exclusions, et c'est votre prime de mérite qui sera sucrée. Ne vous entêtez pas trop...

* Le prénom du businessman a été changé.
Le témoignage de la maman :

mercredi 9 février 2011

Jeudi 10 février 2011
Bourg-en-Bresse
Marché couvert - 14 h. 30

La Peep dénonce les suppressions de postes

Plutôt habituée à défendre la politique du gouvernement en matière d'aducation, la Peep ne peut plus ignorer les conséquences du non remplacement d'un prof sur deux partant à la retraite et les conséquences des 16000 suppressions de postes annoncées pour 2011. Aussi demande-t-elle a ses élus de s'abstenir de voter les DHG lors des C.A. s'ils contatent "une dégradation de ces conditions d’enseignement". Elle leur demande de lire le texte suivant :
« La PEEP constate une dégradation visible des conditions d’enseignement des élèves, et dénonce une DHG qui n’est pas à la hauteur des objectifs et des ambitions annoncées par le Ministère de l’Education nationale. La PEEP n’approuve pas la simple logique comptable de l’Etat qui ne s’accompagne pas d’une refonte profonde et nécessaire de notre système éducatif. La PEEP réaffirme que c’est tout le système scolaire qu’il faut repenser dans un seul et unique objectif : la réussite de tous les enfants ! »

BTS en péril à Belley

La suppression du BTS assistant de gestion PMI-PME au sein du lycée du Bugey provoque des remous au sein de l’établissement. Les enseignants mécontents de cette décision prise selon eux, « en catimini et sans concertation », ont protesté lundi soir avant la tenue du conseil d’administration. Deux postes pourraient disparaître dès cette année et deux autres l’an prochain. Et la rencontre organisée hier matin avec leur inspecteur ne les a pas rassurés davantage.
L’autre cheval de bataille du corps professoral, rejoint dans ses revendications par certains parents, concerne la dotation horaire attribuée par le rectorat. « Le nombre d’heures allouées aux disciplines, aux dédoublements, et à l’accompagnement personnalisé ne permet pas un travail efficace », insistent les enseignants qui pourraient multiplier les actions de protestation dans les semaines à venir.
( source : Le Progrès, 9 février 2011)

lundi 7 février 2011

Des profs pris pour des andouilles

"Monsieur le préfet tient à informer que la période de réserve, pour les élections cantonales (des 20 et 27 mars), débutera le lundi 14 février 2011 et se prolongera jusqu’au dimanche 27 mars inclus. Il est, en conséquence, demandé aux fonctionnaires de l’Etat (et de l’administration territoriale) d’éviter de participer, durant cette période, aux manifestations publiques susceptibles de présenter un caractère pré-électoral, soit par les discussions qui pourraient s’y engager, soit en raison de la personnalité des organisateurs ou de leurs invités. Pendant la période électorale, qui s’ouvrira le 7 mars, il leur est également demandé de s’abstenir de prendre part à toute cérémonie publique, et ce, jusqu’au 27 mars inclus."
Telle est la teneur du petit mot qu'une principale a cru bon distribuer dans les casiers des profs de son collège, à Andouillé, en Mayenne. "Nous avons d'abord cru à un canular, explique une prof andolléenne. Nous nous sommes alors renseignés auprès de notre direction. La principale a répondu que cela venait bien d'elle, qu'elle recevait ce papier tous les ans par voie hiérarchique et qu'elle l'avait transmis cette fois-ci parce qu'il concernait également les agents territoriaux. Elle ne voyait d'ailleurs pas ce qui pouvait nous froisser". Certainement pas que l'on puisse prétendre suspendre les droits civiques des profs le temps d'une campagne électorale et s'asseoir ainsi sur leurs libertés d'opinion et d'expression.
La période de réserve évoquée dans cette directive de l'IA de la Mayenne n'est inscrite ni dans la loi ni dans le statut des fonctionnaire et, si usage il y a, il ne concerne a priori que les cadres - recteurs, inspecteurs d’académie, personnels de direction -, les seuls à pouvoir faire l'objet, de par leurs fonctions, d'invitations à des débats ou à des cérémonies quelconques. Ne prenons donc pas le profs pour des andouilles, en Mayenne ou ailleurs. Personne ne peut dans les faits les empêcher de participer à des débats électoraux et d'y faire entendre leur voix, par exemple en dénonçant, lors des réunions animées par les candidats de la majorité présidentielle, les conséquences que la politique éducative du gouvernement a dans les écoles, collèges et lycées de leur canton.
(source :
http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2011/02/periode-de-reserve-pour-profs-.html)

dimanche 6 février 2011

Le collège Bartolone du IIIe millénaire

(source : Le Journal du Dimanche, 6 février 2011)

Retour de palmes

(source : Le Journal du Dimanche, 6 février 2011)

samedi 5 février 2011

Entretiens par la barbichette

L'Education nationale va expérimenter en 2011 des "entretiens de carrière" pour les enseignants ayant 2 ou 20 ans d'expérience et mettre en place en 2012 des "entretiens professionnels" dans le cadre d'un nouveau système d'évaluation.
Dès cette année, une "première cohorte d'enseignants" devrait expérimenter ces entretiens qui devraient d'abord concerner les profs ayant deux ou vingt ans de titularisation. Le ministère de l'Education nationale a d'ailleurs envoyé aux chefs d'établissement des directives dans ce sens. Pour les premiers, cet exercice devrait permettre "à l'enseignant de s'exprimer sur son entrée dans le métier", mais aussi de "vérifier [sa] maîtrise" dans l'exercice du métier et, si nécessaire, de "définir un éventuel accompagnement". Après 20 ans de métier, l'entretien portera sur "une éventuelle mobilité fonctionnelle", et devra aider le professeur à "se projeter sur la deuxième partie de sa carrière". Ces entretiens seront assurés, dans le primaire, par l'inspecteur de la circonscription ou un conseiller pédagogique, voire par le directeur de l'école. Pour les profs de collège et lycée, ce sont les chefs d'établissement et les adjoints qui s'y colleront.

L'année suivante, en 2012, ce sont des entretiens professionnels qui devraient être organisés pour mettre en place de nouvelles modalités d'évaluation des enseignants. Ces deux nouveautés interviennent dans le cadre du "pacte de carrière" pour les enseignants, dont les grandes lignes avaient été présentées en mars 2010 par Luc Chatel.

vendredi 4 février 2011

Pénurie de remplaçants dans l'Ain

« Shocking ! » Depuis une semaine, les 250 collégiens de Saint-Trivier-de-Courtes n’ont plus qu’un seul prof d’anglais. Ils sont officiellement deux à enseigner la langue de Shakespeare au collège Louis-Vuitton. Mais, chose de la vie, l’une des deux vient de partir en congé maternité. L’événement aussi heureux que prévisible a pourtant pris de court l’Éducation nationale. « Mme Bourdon n’a toujours pas été remplacée. Le rectorat n’a pas de solution. Le principal cherche comme il peut. Mais pour l’instant, personne », s’inquiète le président des parents d’élèves FCPE, Franck Toufaili.
Le principal Pierre Angelvin a d’abord appelé un vacataire de Dijon. Il a décliné l’offre mais fourni le contact d’une Anglaise censée faire l’affaire. « OK » a-t-elle répondu au SOS. « Maintenant, il faut obtenir la validation du rectorat et de l’inspecteur pédagogique régional. Ils doivent vérifier ses compétences et les équivalences de diplômes », note Pierre Angelvin. Combien de temps la situation va-t-elle perdurer ? That is the question.
« C’est très, très embêtant », reconnaît l’inspecteur d’académie Philippe Sauret, en relativisant :« Les équipes enseignantes travaillent en relation étroite avec le rectorat pour résoudre les problèmes de remplacement. Je ne suis pas comptable de cela. Les choses me remontent quand on tarde à trouver une solution. Pour Saint-Trivier-de-Courtes, il ne s’agit pas d’une question budgétaire. Le poste est là. Mais l’anglais est une discipline déficitaire et l’on se heurte au nombre de professeurs disponibles dans l’académie ». Et dans les autres collèges ? Dans les autres matières ? « À Bellegarde on a trouvé une solution, à Arbent c’est réglé… À 97, 98 %, ces problèmes se règlent. Le non-remplacement reste exceptionnel. À ma connaissance, il n’y a pas plus de cinq professeurs non remplacés dans l’Ain, et encore je joue large », répond Philippe Sauret.
Le Snes ne partage pas cet optimisme, loin s’en faut. Pas plus que les parents d’élèves. Franck Toufaili met en perspective la proposition du ministre de l’Éducation nationale d’enseigner l’anglais dès trois ans. « Quelle crédibilité lui accorder quand on voit qu’il n’est même pas en mesure d’assurer les cours de base auxquels les élèves de collèges ont droit ? »

« Saint-Trivier-de-Courtes est un cas d’école. La situation est catastrophique dans la plupart des matières. » Secrétaire départemental du Snes et prof de mathématique, Nicolas Jambon dresse le tableau noir des remplacements dans les collèges : « On fonctionne en potentiel zéro. Les maths par exemple. Cette année, le rectorat nous a attribué 24 remplaçants. 17 ont été nommés pour toute l’année. 7 l’ont été sur des congés maternité ou longue durée. En anglais, c’est pareil. » Un casse-tête pour les chefs d’établissements qui usent toutes leurs ficelles à dénicher l’oiseau rare. Nicolas Jambon : « Ils passent par Pôle emploi, comme à Arbent, ou par leur réseau de connaissances. En salle des profs, on voit de plus en plus circuler des petites annonces. « Cherche 15 heures en français, 10 heures en latin… Vous ne connaîtriez pas quelqu’un par hasard ? » Le syndicaliste mathématicien craint bien sûr « le recrutement massif de personnel précaire et les nominations dans d’autres matières. Le rectorat commence à le faire ». Mais le pire pour Nicolas Jambon serait de s’habituer à la pénurie et aux "rafistolages". "La situation est devenue tellement banale que les collègues ne nous font même plus remonter les non-remplacements. »
(source : Le Progrès, 4 février 2011)

mercredi 2 février 2011

Mon prof est ouf !

Invité hier à petit-déjeuner par la Fondation Concorde, un think tank affilié à l'UMP, Chatel a eu l'occasion de rappeler à quel point, pour lui, l’autonomie des établissements et l’amélioration de la gestion de ressources humaines étaient des priorités. Voici une anecdote qui illustre bien les risques que sa politique irresponsable peut faire courir aux élèves et aux personnels des établissements scolaires. A Digne-les-Bains, un “schizophrène dangereux" échappé d'un centre d’internement psychiatrique d'Irlande du Nord a été recruté comme prof contractuel d’allemand par le rectorat d’Aix-Marseille. «Il a donné toute satisfaction. Nous n’avons pas eu à nous plaindre de son comportement dans l’établissement, je n’ai jamais eu aucune remontée négative ni de la part des collègues, ni de la part des élèves et des famille» a déclaré la proviseure du lycée, qui s'est rendue compte que quelque chose ne tournait pas rond quand l'individu lui a déclaré être un agent secret travaillant pour Scotland Yard. L'affaire pourrait faire rire, si l'homme n'avait été interné sur décision judiciaire après avoir porté plusieurs coups de couteau à un tiers dans un ascenseur. Son contrat a été résilié par l'académie le 25 janvier et la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence a pris «un arrêté portant hospitalisation d'office», en attendant de le renvoyer prochainement dans son pays.

Chatel compte sur les primes

(source : Le Canard Enchaîné, 2 février 2011)

Des primes pour dépecer le mammouth

(source : Charlie Hebdo, 1er février 2011)

mardi 1 février 2011

La palme de l'honneur

Proviseur honoraire de l'académie de Lille et ci-devant officier des palmes académiques, Michel Ascher rendait il y a quelques jours ses précieuses breloques pour protester contre la politique aveugle de suppression de postes et la doctrine de non-remplacement d'un poste de fondtionnaire sur deux. "Je ne peux plus supporter de voir mon nom associé à une institution qui se transforme en entreprise commerciale, où la spécificité éducative semble de plus en plus ignorée", déclarait-il hier soir sur Europe 1, où il était l'invité de Pierre-Louis Basse, faisant allusion à la prime d'objectifs promise par le ministère aux plus zélés des chefs d'établissements. A réécouter sans masque ni tuba :
http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Bonne-Mauvaise-humeur/Sons/La-mauvaise-humeur-du-proviseur-394447/
La lettre adressée par M. Ascher au ministre de l'Education nationale peut être lue sur le site de l'appel des appels : http://www.appeldesappels.org/spip.php?article574

(source : Charlie Hebdo, 1er février 2011)