mercredi 25 novembre 2009

Pour changer de prof... tapez 1 (suite)

Nous évoquions avant-hier la charmante missive adressée par des lycéens parisiens accros au portable à une prof d'anglais qui entendait leur interdire l'usage de leur appendice en classe. Voici le texte - mérite-t-il ce nom ? - dans sa version originale (fôtes dortograf inclues). C'est édifiant !

Terminale STG2
à l’attention de Madame L. Paris, le 21 octobre 2009
Objet : suggestions de la classe

Madame,
Suite à la lettre du mécontentement collectif de notre part envers votre égard, nous n’avons malheureusement pu obtenir une réponse favorable de la part du proviseur pour un changement de professeur.
Or, nous voulons vous faire comprendre qu’avec votre attitude négative envers la classe, vous perdez énormément de temps à faire des remarques désobligeante afin d’essayer de nous remettre désespérément à l’écoute du cours. Il est vrai que beaucoup d’entre nous se laisse distraire pendant les cours, par des accessoires électroniques, par nos camarades ou autres. Mais ce genre de situation se produit partout dans la vie quotidienne. Nous pensons que vous nous prenez trop au sérieux en nous engueulant à chaque distraction, et cela engendre des réactions négatives de la part de certains d’entre nous.
Nous vous conseillons par conséquent de procéder à un changement d’attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on à un téléphone entre les mains car cela est une perte de temps. Si vous persistez avec cette même attitude envers la classe, le problème va persévérer encore et encore, et chaque lundi vous allez subir votre peine.
Nous espérons passer un lundi correct avec vous le jour de la rentrée ; si ce n’est pas le cas, et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire :
* ALLEZ VOUS FAIRE ENCULER !

Nous vous prions d’agréer, Madame, à l’expression de nos sincères salutations.

La TSTG2.

PS : Le vole de la clé usb est bien fait pour vous, car vous pensez nous faire peur en disant que vous allez porter plainte. Mais sachez que nous ne céderons JAMAIS à vos menaces. Si vous ripostez,CE SERA LA GUEURRE GUERRE GUEURRE CHAQUE LUNDI !!! (Miaous oui la guerre ! comme le dis la Team Rocket dans Pokémon

Après la visite de l'inspecteur d'Académie, la majorité des élèves de la classe, qui ont affirmé qu'il s'agissait là d'une initiative individuelle et non collective - à la différence de la lettre adressée au proviseur et qui réclamait un changement de prof - ont rédigé une "lettre de désolidarisation". Et l'affaire en est restée là.... Interrogé à ce sujet sur R.T.L., Luc Chatel a annoncé que des "équipes mobiles de sécurité vont se rendre dans l'établissement pour procéder à une enquête et pour faire en sorte que les responsables de cette lettre injurieuse soient sanctionnés" avant d'ajouter qu'on "ne peut pas imaginer un renversement de situation, ce ne sont pas les élèves qui font la classe ! "... et ça va toujours mieux en le disant.

o.g.

mardi 24 novembre 2009

Spleen

Selon les premières estimations, la journée de grève d'aujourd'hui aurait été suivie par environ deux profs du secondaire sur cinq. Cette mobilisation que certains jugeront supérieure aux pronostics des syndicats reflète la réalité du "malaise enseignant". D'ailleurs une enquête récente intitulée "Enseigner en collège et lycée en 2008" et menée auprès d'un échantillon représentatif de 1 200 enseignants révèle que deux profs du secondaire sur trois (67 %) affirment ressentir personnellement ce malaise et souffrent d'un manque de reconnaissance professionnelle En 2005, ils étaient déjà 53 %. Et rien ne laisse penser que la courbe puisse s'inverser dans un avenir proche.
(photo :Libération.fr)
o.g.

En route vers la désagrégation

Quel diplôme faudra-t-il présenter pour pouvoir se présenter au concours de l'agrégation ? Selon le décret du 29 juillet 2009, qui réforme les conditions de présentation aux concours, "peuvent se présenter au concours externe les candidats justifiant de la détention d'un master ou d'un titre ou diplôme reconnu équivalent par le ministre chargé de l'éducation." En clair, les candidats devront donc avoir obtenu un M2 avant de pouvoir s'inscrire à ce concours, c'est à dire avoir atteint un niveau bac + 5 alors que jusqu'à maintenant il leur fallait justifier d'un M1, (bac + 4). Le décret de juillet dernier permettait donc de maintenir une réelle distinction statutaire entre les futurs certifiés (cinq ans d'études, dont une pour préparer le concours) et les futurs agrégés (cinq ans d'études, plus une pour préparer le concours). Mais cette solution déplaisait aux directeurs des E.N.S. qui craignaient de voir se rompre le lien existant entre le M2 et la thèse et la recherche en pâtir. Seulement voilà, le 13 novembre, lors de la présentation de la nouvelle mouture de cette réforme, le gouvernement laissait entendre que l'agrégation serait en fait ouverte à l'avenir aux inscrits en M2 titulaires d'un M1, semblant de ce fait céder à la pression venant des E.N.S. d'où sort, rappelons-le, un tiers des agrégés. Conséquence, plus rien ne distinguerait donc en terme de durée des études, le certifié de l'agrégé, si ce n'est la nature et la difficulté du concours passé. Directeur de l'ENS de Lyon, Olivier Féron propose que les agrégés nouvelle mouture soient "exclusivement formés pour travailler de la seconde à bac + 3 (licence, classes préparatoires aux grandes écoles, IUT), les certifiés étant appelés à être formés pour enseigner de la 6e à la terminale". Bref, une fois de plus rien n'est clair.
o.g.

lundi 23 novembre 2009

L'Education Nationale en grève

"Le climat dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur – relativement calme depuis la rentrée – est tendu. Principale cause : la réforme de la formation des enseignants, alors que plusieurs syndicats appellent mardi à la grève. La FSU, principale organisation de l'éducation, et la FERC-CGT, fédération enseignement de la CGT, ont appelé les personnels "à participer massivement" au mouvement. Celui-ci pourrait entraîner la mise en place dans certaines écoles primaires du service minimum d'accueil (...).
Principal syndicat des professeurs du secondaire, le SNES-FSU a appelé les personnels à "refuser" la réforme du lycée présentée par le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel. Le projet ne suscite guère cette fois d'opposition lycéenne, contrairement à la précédente mouture, retirée fin 2008. L'UNL, première organisation, appelle simplement à des "réunions-débats" sur la réforme et "les lycéens qui le veulent à rejoindre les manifestations" contre les suppressions de postes. Il mécontente en revanche le SNES, opposé à "l'autonomie" donnée aux lycées pour organiser certains horaires, et aux baisses des horaires de certaines disciplines pour placer dans la semaine l'"accompagnement personnalisé". La réforme la plus critiquée reste cependant celle de la formation des enseignants, qui vise à recruter les professeurs au niveau master 2 (bac+5) et donne la formation aux universités via des masters."
(Source : Lemonde.fr, 23 novembre 2009)

o.g.

Chatel veut sacrifier l'histoire

"Obsession de longue date de l'UMP, la disparition des humanités dans les classes est à l'ordre du jour. Le ministre de l'éducation nationale devrait annoncer dans les jours qui viennent la suppression de l'histoire et de la géographie comme matières obligatoires dans les classes scientifiques". C'est ce qu'annonce aujourd'hui le site de l'hebdomadaire Marianne. Cette nouvelle décision unilatérale de Chatel devrait faire beaucoup de bruit car il s'agit là d'une décision aussi absurde que démagogique et aussi scandaleuse qu'injustifiable. Un lycéen sur deux qui entre en terminale ayant choisi la filière scientifique, cela revient à priver la moitié des bacheliers d'une matière indispensable à la formation citoyenne. Et celà est d'autant plus incompréhensible que le programme de la classe de terminale est axé sur la connaissance du monde contemporain. Cette décision apparait encore plus incohérente à l'heure où Sarkozy, qui a fait de l'histoire un fond de commerce politique (sans pour autant la maîtriser mais en l'accomodant à sa manière), prêche l'identité nationale, célèbre la mémoire des poilus et érige Guy Môquet en modèle pour la jeunesse. Dans le même temps, il est vrai que la connaissance du passé vise aussi à aiguiser l'esprit critique des futurs citoyens que sont nos élèves. Et des électeurs trop avisés, ce n'est peut-être pas ce que souhaitent nos gouvernants pour l'avenir. De Gaulle disait des Français qu'ils étaient des veaux. Sarkozy préférerait des boeufs. N'oublions pas enfin que la disparition de l'histoire-géo comme discipline obligatoire autoriserait surtout un grand nombre de suppressions de postes au cours des prochaines années.
o.g.


Pour changer de prof... tapez 1

Parce que leur prof d'anglais avait déclaré la guerre aux téléphones portables qui sonnent en cours, les élèves d'une classe de terminale STG du lycée Jean Lurçat de Paris (XIIIe) se sont fendus d'une lettre de réclamation à la direction de leur établissement, dans laquelle ils "conseillent vivement" au proviseur "d'opérer un changement de prof" et de les débarrasser de cette enseignante obscurantiste et rétive à toute forme de progrès, au motif qu'elle osait exiger d'eux qu'ils rangent leurs organes de communication au fond des cartables pour pouvoir les importuner en paix avec ses verbes irréguliers. Dans une deuxième lettre adressée cette fois à l'empêcheuse de téléphoner en rond, ces rebelles l'ont invitée, dans une prose toute en subtilité et en poésie mais comminatoire, à "procéder à un changement d'attitude, et [à] cesser de faire des remarques à chaque fois que l'on a un téléphone entre les mains, car cela est une perte de temps. (...) Vous nous prenez trop au sérieux en nous engueulant à chaque cours (...). Si ce n'est pas le cas et qu'il n'y a aucun effort de changement de votre part, nous n'avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc..." Et au cas où le sens de l'invitation lui aurait échappé : "si vous persistez, menacent-ils, vous allez subir votre peine chaque lundi".
Alors que les profs du lycée, révoltés, sont en grève depuis jeudi, l'inspecteur d'académie devait venir sur place aujourd'hui pour dire aux gentils garnements de cette classe "combien ces faits sont inacceptables", tout en leur accordant d'avance son absolution au motif que "la sanction collective n'existe pas". Quant à la direction du lycée, elle envisagerait de changer la prof d'anglais de la TSTG2... "au nom de "la continuité du service public"". En matière de désaveu des enseignants et de capitulation face aux élèves on ne saurait faire mieux.
o.g.

dimanche 22 novembre 2009

La matraque contre le cartable

Jeudi, en marge de la visite de Fillon, Chatel, et Pécresse au lycée Roosevelt de Reims, une manifestation lycéenne a dégénéré. Au moins 200 lycéens qui s'étaient rassemblés pour dénoncer la réforme du lycée, la suppression de la carte scolaire et les suppressions de postes de profs, ont été chargés par les C.R.S. qui, pour dégager l'accès à l'établissement avant l'arrivée des caciques sarkozistes, ont généreusement distribué des coups de poings, de pieds et de matraques. Dans la bousculade et le début de panique qui ont suivi, quatre jeunes gens ont été blessés (dont un avec les deux genoux fracturés) et une douzaine d'autres ont été arrêtés. Jugés en comparution immédiate, quatre manifestants ont écopé de trois mois de prison avec sursis pour violence contre les forces de l'ordre. Et dire que l'un des thèmes de la visite de Fillon était l'égalité des chances...
o.g.

vendredi 20 novembre 2009

De réunion en Réunion

"Nous ne faisons pas cette réforme pour faire des économies. Elle se fera à taux moyen d'encadrement constant" ; "s'il suffisait de créer des postes pour obtenir des résultats, nous aurions été les champions du monde de la réussite scolaire à la fin des années 1990" ; "le sujet est moins de créer des postes que d'adapter notre système éducatif à la problématique rencontrée dans chaque lycée, par chaque élève". Ce sont là, à en croire Le Figaro, les déclarations les plus percutantes faites aujourd'hui par le V.R.P. Luc Chatel qui, on le voit, ne fait preuve ni d'imagination ni d'originalité lors de sa tournée des lycées pour vendre sa réformette. Mais cela valait-il vraiment le coup de faire le voyage jusqu'à la Réunion pour répéter une fois de plus les mêmes platitudes ? A moins qu'en cette fin de semaine la motivation soit toute autre.

o.g.

jeudi 19 novembre 2009

Pilule amère (suite)

Nouveau père la pudeur, Luc Chatel a demandé aux proviseurs des lycées de Poitou-Charentes d'intercepter les "colis contraception" envoyés par le Conseil régional et de les garder bien à l'abri dans leur bureau, quitte à tomber dans l'illégalité. Dès lundi 99 de ces colis ont en effet été postés à destination des infimières scolaires qui, dans cette affaire, déplorent être prises "entre le marteau et l'enclume", otages de la polémique qui oppose Chatel à Ségolène Royal. « Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, (…) d'ordonner, de commettre ou de faciliter, hors les cas prévus par la loi, le détournement, la suppression ou l'ouverture de correspondances (…), est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende » réplique la Présidente de région qui, le Dalloz à la main, cite l'article 432-9 du code pénal. Les proviseurs suivront-ils la requête inquisitoriale du ministre et pousseront-ils le zèle jusqu'à se mettre dans l'illégalité et risquer alors des poursuites devant le tribunal correctionnel ?
o.g.

Une réforme à l'économie

Deux heures de soutien - pudiquement appelé "accompagnement personnalisé" - et initiation à l'économie pour tous, telles sont les deux lignes de force de la réforme des lycées dévoilée aujourd'hui par Luc Chatel. La montagne a bien accouché d'une souris et on est loin de la révolution promise l'année dernière par Xavier Darcos. Si la seconde devient une "classe de détermination", la classe de première verrait se mettre en place un début de spécialisation (par
exemple des cours de littérature en langue étrangère pour les élèves des filières littéraires) sans pour autant rendre le parcours du lycéen irréversible, grâce à un "tronc commun" de quinze heures, tandis que la terminale deviendrait une classe dans laquelle le lycéen se spécialiserait en relation avec les études supérieures qu'il projette. Le nombre d'heures de cours pour les enseignants comme pour les élèves devrait rester inchangé et, en offrant à tous, de la seconde à la terminale, deux heures hebdomadaires de soutien, d'approfondissement et d'aide à l'orientation dispensées "en petits groupes", cette réforme ne peut que rogner sur les horaires disciplinaires, ce qui risque de provoquer rapidement quelques grognements que ne feront certainement pas taire les vagues promesses de formation qui ont été faites. On signale déjà quelques manifestations lycéennes à Rouen, Nantes, Rennes et Quimper.
o.g.


Pour plus de détails, lire par exemple "Lycée: après les grandes annonces, la réformette" sur le blog de la journaliste V. Soulé, http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2009/11/lyc%C3%A9e-de-grandes-annonces-pour-une-petite-r%C3%A9forme-.html

mercredi 18 novembre 2009

La peur du grippage ?

Jusqu'alors rares avaient été les classes ou les écoles fermées pour cause de grippe A. Or, depuis le lancement de la campagne de vaccination - qui ne rencontre guère de succès avec 30 à 40 vaccinations par jour à Bourg-en-Bresse par exemple - les cas de grippe semblent se multiplier comme des petits pains et brusquement le ministère de l'Education Nationale annonce 122 classes et près de 60 écoles fermées, et ce dans dix-sept académies. Depuis vendredi le nombre de cas aurait même quintuplé à en croire Luc Chatel. Tout aussi brusquement les affiches de prévention fleurissent aux portes des établissements. Curieux, à quelques jours du début des vaccinations dans les collèges et les lycées. Craindrait-on dans les ministères de la Santé et de l'Education que cette campagne ne soit un gigantesque flop et que, faute de candidats pour la piqûre magique, on en vienne, comme dans les centres de vaccination, à balancer à la poubelle des milliers de doses ? Il y a là des concomitances bien étranges...

(source : Libération, 18 novembre 2009)

o.g.

mardi 17 novembre 2009

Parce que les profs le valent bien

Invité de la session matinale de France Inter, Luc Chatel a bien confirmé n'avoir fait aucune concession sur la masterisation. Sans avoir définitivement arrêté les dates des concours, il a rappelé que ceux ci auront bien lieu pendant l'année de master 2. Quant au contenu des épreuves d'admissibilité et d'admission, rien n'est encore fermement arrêté pour le moment mais "la réforme sera prête pour la rentrée 2010". D'ici quinze jours les maquettes des concours devraient d'ailleurs être publiées. Mais que tous ceux qui doutent des bonnes intentions du ministère soient démentis : la réforme n'est pas conçue pour faire des économies, mais pour améliorer la formation des enseignants et pour "tirer davantage de nos jeunes vers l'excellence, vers 50 % d'une génération à bac + 3, objectif de Lisbonne". Cependant Chatel a laissé entendre ensuite à demi-mot que le nombre de postes mis au concours devrait diminuer.
Sinon, l'ex. D.R.H. de chez l'Oréal propose la mise en place d'une véritable politique de ressources humaines dans l'Education Nationale pour "accompagner les enseignants tout au long de leur vie" en améliorant leur formation continue, en revalorisant les salaires (l'Arlésienne !) et en leur proposant des perspectives d'évolution de carrière ainsi que des passerelles vers d'autres fonctions, vers une seconde carrière (histoire de tenir le coup jusqu'à 67 ans ?).
Interrogé un peu plus tard sur les conséquences du démantelement de la carte scolaire, le ministre a nié le processus de "ghettoïsation" dénoncé il y a peu par la Cour des Comptes et rappelé que les mesures d'assouplissement prises depuis l'année dernière ont au contraire pour but de "sortir d'un système à deux vitesses", de permettre à terme aux elèves des réseaux ambition réussite de choisir leur collège et leur lycée et qu'en la matière on est au contraire sur une bonne voie... puisqu'il a pu rencontrer la veille au lycée Turgot un élève issu d'un milieu populaire . Waouh !
o.g.

Mais qui connait M. Chatel ?

video

lundi 16 novembre 2009

Masterisation : vers le choix du pire

Alors que les derniers arbitrages sont attendus à propos de la question de la masterisation et des concours 2011, il semblerait que les ministres Chatel et Pécresse aient choisi, pour le calendrier des concours, la pire des solutions, en fixant la date du concours d'admissibilité en décembre de l'année de M2. Rappelons pour mémoire que cette même année les étudiants devront préparer à la fois leur concours et leur M2 tout en effectuant, entre les résultats de l'admissiblité (fin janvier) et l'admission (mai-juin) les 108 heures de stage en situation (6 semaines) que le ministère a bien voulu leur concéder. Alors que la plupart des interlocuteurs des deux ministères réclament que le concours d'admissibilité soit fixé à la fin de l'année de M1, à la fois pour alléger la charge de travail demandée aux étudiants, pour éviter à ceux qui échoueraient de perdre deux années d'études et pour offrir à ceux qui seraient admis une année de véritable formation en situation, il semblerait que les ministres aient préféré camper sur leurs positions, au risque de provoquer une nouvelle flambée de colère dans les universités. Il est vrai que, du point de vue gouvernemental, la réforme de la masterisation n'est qu'un prétexte pour faire disparaître les I.U.F.M. et pour supprimer 16000 postes supplémentaires.
o.g.

dimanche 15 novembre 2009

Un colloque à terre

Mais que s'est-il dit d'intéressant à Dijon où se tenait hier, à l'invitation de Vincent Peillon, une journée de réflexion sur l'éducation ? Aucune trace dans la presse d'aujourd'hui sur le contenu des débats. Aucune proposition concrète qui n'ait été diffusée après de l'opinion. La seule chose qui ait retenu l'attention des journalistes, c'est la venue du coucou royal, la moutarde qui en est montée au nez de Peillon et la foire d'empoigne qui a suivi. Dans le contexte actuel, compte tenu des menaces qui pèsent sur l'école de la République, on aurait pu attendre qu'il sorte autre chose de cette journée. Quel gâchis ! Il est donc à craindre qu'on doive en baver jusqu'en 2017... et peut-être au delà, au train où vont les choses.
o.g.