Il y a deux semaines, notre D.R.H. nouvellement promu dénonçait vigoureusement les quelques 140 000 instits qui avaient outrageusement abusé de congés maladies en 2007-2008. Dans son édition d'hier, Le Canard Enchaîné révèle que la toute nouvelle Secrétaire d'Etat aux aînés, Nora Bera, a entre mai et novembre 2008, alors qu'elle était employée par le laboratoire pharmaceutique Sanoffi-Pasteur, enquillé sans sourciller et sans interruption six longs arrêts de travail pendant lesquels elle a tranquillement continué à vaquer à ses activités politiques de conseillère municipale à Lyon. Même pas mal ! A la différence des instits morigénés par Chatel, la fraude est cette fois avérée mais la Sécu, qui se dit pourtant "fondée à demander restitution des prestations journalières fournies", s'est curieusement contentée d'un simple courrier d'avertissement. Gageons toutefois que notre bon Chatel saura sermonner comme il se doit la resquilleuse. Mais pas trop fort, car elle pourrait faire une rechute.
jeudi 16 juillet 2009
mercredi 8 juillet 2009
«La désobéissance peu compatible avec le métier d'enseignant»
Lu dans Le Figaro (égarement estival) qui rend compte de l'interview donnée ce matin par notre D.R.H sur les ondes de France Inter, sous le titre : "Luc Chatel inflexible avec les enseignants «désobéisseurs» "
"«L'Education nationale n'est pas un self-service, ce n'est pas à la carte», a martelé le nouveau ministre de l'Education mercredi, qui n'entend pas «mettre fin aux poursuites» contre les professeurs refusant d'appliquer les réformes (...).
Deux semaines après sa nomination à ce poste ultrasensible, le ministre de l'Education nationale adresse un message ferme à la communauté éducative : (...) «Il n'y a pas de sanction collective, c'est un traitement au cas par cas. Il ne s'agit pas de faire des martyrs, il s'agit de mettre en œuvre les procédures qui existent» (..). Luc Chatel ne se prive pas de leur donner une leçon de civisme. «La désobéissance, ça me paraît assez peu compatible avec ce qu'est le métier d'enseignant. Un enseignant, il doit faire obéir ses élèves, il incarne l'autorité. Donc, il y aurait un véritable paradoxe que lui-même ne s'applique pas ses propres règles», note le patron de la rue de Grenelle."
(source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/07/08/01016-20090708ARTFIG00384-luc-chatel-inflexible-avec-les-enseignants-desobeisseurs-.php)Putain, 7 ans 1/2
En recevant hier en son palais les députés-godillots de sa majorité, Notre Suffisante Altesse s'est laissée aller à évoquer son avenir en déclarant, histoire de couper court aux espoirs de quelques impatients ambitieux qui auraient pu se dissimuler dans l'assistance : " en me regardant, vous pouvez vous dire : au mieux ou au pire, il reste sept ans et demi." Alors, pour le meilleur ou pour le pire ?
dimanche 5 juillet 2009
Pour quelques heures de plus
Cette année se termine sur une bonne nouvelle. En restant unis et en tenant bon dans notre refus catégorique des heures sup' (HSA) nous avons réussi à obtenir pour le collège de Vonnas la restitution en trois fois de 18 heures-postes (d'abord 5, puis 10 et enfin 3 heures). Si nous n'avons pu empêcher la "délocalisation" partielle - et injustifiée au regard de nos besoins - de deux collègues, en anglais et en techno, nous avons obtenu in-extremis le rapatriement de notre géographe pourtant menacé, il y a encore quelques jours, de rempiler pour une année de plus à Thoissey. Certes il n'y pas là de quoi sabrer le champagne. On n'a pas fait sauter la banque mais, dans un contexte qui est à la transformation des heures-postes en HSA, nous pouvons être assez satisfaits de cette nouvelle donne. Il semblerait que notre unanimité et notre fermeté à refuser toute HSA au delà de la dix-neuvième heure, quitte à laisser quelques classes "sur le carreau" à la rentrée, n'ait pas laissé le choix à l'Inspection académique. Autre argument de poids, l'allusion faite par nos représentants, lors de l'entretien du 15 juin, au Comité d'Hygiène et de Sécurité à propos des conditions de sécurité les plus élémentaires qui n'auraient pas été respectées dans les cours de sciences avec des "groupes" de plus 26 élèves. Si nous avons pu desserrer la ceinture d'un cran, il n'en reste pas moins que la rentrée 2009 se fera encore une fois plus sous le signe des restrictions et qu'il nous faudra rester mobilisés pour conserver ces maigres acquis.
"Darcos l'a tuer"
"Darcos l'a tuer"
Nous pouvons dédier cette petite victoire à la mémoire de Titine, le courageux coursier de Philippe qui nous a quitté au printemps, victime de son devoir, épuisé par les kilomètres supplémentaires qu'il lui fallait avaler pour aller à Thoissey trois fois par semaine. Les routes de l'Ain ont eu raison de la fougue de ce chevronné Bucéphale.
jeudi 2 juillet 2009
Maître Nicolas et le Baccalauréat
Le ministère ayant décidé de réévaluer de 1,32 € à 5 € par copie l'indemnité versée aux correcteurs du bac, certains rectorats comme celui de Lyon en ont profité pour exiger des vaillants correcteurs, dorénavant grassement rémunérés, de "travailler plus", c'est à dire de corriger davantage de copies en moins de temps que ce qu'ils disposaient jusqu'alors, tout en surveillant les épreuves écrites et en faisant passer des oraux mais aussi, comme l'auteur de la fable canine qui suit, en assurant jusqu'au bout leur service en collège, surveillance du brevet comprise. Le sarkozisme serait-il le dernier avatar du stakhanovisme ?Maître Nicolas et le Baccalauréat
Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage.
L’apologue qui suit illustre cet adage.
Dur chasseur de Princesses, Maître Nicolas
Avait un fier chenil dit Baccalauréat.
Or ses clebs trop nombreux, bruyants et dispendieux
Lui cassaient l’oreille, lui sortaient par les yeux.
Il décida un jour de s’en débarrasser.
Mais le moyen d’agir sans risquer de passer
Pour un fieffé coquin, hystérique, imprudent ?
C’est que les partisans de la canine gent
La jugeaient race ancienne et de digne lignée.
Mons Nico eut alors l’artificieuse idée
D’accabler, rudoyer tous ces preux canidés
Pour les pousser à bout et les faire enrager.
C’est ainsi qu’ils vécurent grande aberration
Et virent étendue sans commune raison
La mission à laquelle chaque fin d’année
Les voyait dévoués. Ce n’était pas assez
D’organiser, surveiller et évaluer
Les épreuves aux jeunes chiots destinées ;
Il fallait aussi, et dans la même semaine,
Encadrer plusieurs jours (sans ménager sa peine)
La basse-cour Collège, et assurer ses cours
Et surveiller Brevet et siéger tout un jour
En Commission d’appel et corriger de nuit,
Oh, à tarif spécial ! les infinies copies.
« Voyez comme ils aboient et tirent long la langue !
Voyez comme ils sont faibles, foireux et exsangues !
À quoi bon les nourrir et les entretenir ?
De quelle infection vont-ils pas nous pourrir ?
Il vaut mieux les tuer. » Ainsi le fin matois
Exultait, tout ravi de son secret exploit.
Mais les chiens, devenus enragés pour de vrai,
Déchirèrent leur chef, sonnèrent la curée.
Que l’on soit maître ou grand, ou même président,
À prendre autrui pour dupe, on se casse les dents.
L’apologue qui suit illustre cet adage.
Dur chasseur de Princesses, Maître Nicolas
Avait un fier chenil dit Baccalauréat.
Or ses clebs trop nombreux, bruyants et dispendieux
Lui cassaient l’oreille, lui sortaient par les yeux.
Il décida un jour de s’en débarrasser.
Mais le moyen d’agir sans risquer de passer
Pour un fieffé coquin, hystérique, imprudent ?
C’est que les partisans de la canine gent
La jugeaient race ancienne et de digne lignée.
Mons Nico eut alors l’artificieuse idée
D’accabler, rudoyer tous ces preux canidés
Pour les pousser à bout et les faire enrager.
C’est ainsi qu’ils vécurent grande aberration
Et virent étendue sans commune raison
La mission à laquelle chaque fin d’année
Les voyait dévoués. Ce n’était pas assez
D’organiser, surveiller et évaluer
Les épreuves aux jeunes chiots destinées ;
Il fallait aussi, et dans la même semaine,
Encadrer plusieurs jours (sans ménager sa peine)
La basse-cour Collège, et assurer ses cours
Et surveiller Brevet et siéger tout un jour
En Commission d’appel et corriger de nuit,
Oh, à tarif spécial ! les infinies copies.
« Voyez comme ils aboient et tirent long la langue !
Voyez comme ils sont faibles, foireux et exsangues !
À quoi bon les nourrir et les entretenir ?
De quelle infection vont-ils pas nous pourrir ?
Il vaut mieux les tuer. » Ainsi le fin matois
Exultait, tout ravi de son secret exploit.
Mais les chiens, devenus enragés pour de vrai,
Déchirèrent leur chef, sonnèrent la curée.
Que l’on soit maître ou grand, ou même président,
À prendre autrui pour dupe, on se casse les dents.
Eric Négrel
mercredi 1 juillet 2009
Une bande de malades
Nous les connaissions fainéants, planqués ou en stage, trop bien payés et toujours en grève, sauf pendant leurs trop longues vacances, mais voilà que nous apprenons qu'ils abusent également des congés maladies. 45 % des 283 000 instituteurs ont été en congé maladie au cours de l'année 2007-2008, soit un taux deux fois plus élevé que celui enregistré dans les entreprises privées. Heureusement, le Ministère de l'Education Nationale veille et n'hésite pas dans sa dernière cam
pagne de communication, dont le contenu rappelle celui du clistère d'Argan, à dénoncer ce scandale, cette escroquerie à l'assurance maladie qui éclabousse la noble institution comme une épidémie de gastro-entérite dans une classe de C.P. mardi 30 juin 2009
Au revoir Manou
Après avoir marqué plusieurs générations d'élèves, "la Colo" s'en va. Une page se tourne. Hier soir, Manou, une de nos trois "Dames de Sciences" a fait ses adieux au collège. Trente années passées au service de la physique et de la chimie, mais aussi des sciences nat', de la biologie puis des S.V.T., elle nous quitte... et son poste aussi car il n'y a pas de petites économies.
Mais avant de partir....
Manou a dû faire une dernière expérience : 

Subir la chorale !

Avant de pouvoir disséquer les cadeaux
et de découvrir son nouveau manuel de chimie.
mercredi 24 juin 2009
L'aumône de l'I.A.
Suite à l'entretien du 15 juin, l'I.A. de l'Ain a décidé d'augmenter la DHG au collège de Vonnas de dix heures postes. Pas de quoi pavoiser cependant. Ce maigre supplément nous permettra tout juste d'assurer les cours de français dans toutes les classes - aux horaires plancher, faut pas rêver - et de créer quelques groupes en sciences, uniquement pour éviter d'avoir à faire entrer des classes de près de trente élèves dans des salles spécialisées dont la capacité est limitée à 24 places. Par contre rien n'est réglé du côté des langues ou de l'histoire-géographie (groupes pléthoriques et profs à cheval sur deux établissements alors que les besoins existent réellement à Vonnas) et nous ne serons toujours pas en mesure, à la rentrée, d'offrir à nos élèves les cours de soutien ou d'aide personnalisée auxquels ils auraient droit.Chatel ministre de l'Exfoliation nationale
Merci M. Darcos ! Votre cadeau d'adieu nous va droit au coeur. 16 000 postes seront supprimés dans l'Education Nationale en 2010 avez-vous annoncé ce matin dans La Tribune, juste avant de faire vos cartons pour le ministère des Affaires sociales, une nouvelle affectation qui, telle une paire de bretelles à un lapin, vous va à ravir, compte tenu de votre sens aigu de l'écoute et de la négociation. «Il s’agit de 600 postes d’agents administratifs et de 14.000 postes d’enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l’enseignement privé (à hauteur de 1.400)» avez-vous précisé, entérinant de fait une réforme de la formation que personne ne veut. Ancien de chez l'Oréal, votre successeur saura certainement se montrer à la hauteur des attentes présidentielles et continuera à nous faire la peau. Soyez assuré que nous ne vous regretterons pas.
mardi 23 juin 2009
Parce que nous le valons bien...
C'est donc un ancien chef de produit de chez l'Oréal, devenu D.R.H. de ce géant des cosmétiques qui succède au prof Darcos à la tête du ministère de l'Education Nationale. Nous ne savons pas encore s'il est bien au parfum des questions d'éducation, mais une chose est sûre, il fait partie de la crème des sarkozistes. Ce fils d'un amiral de la Flotte et d'une prof... de danse fit ses premières gammes au sein du très libéral Parti républicain, au Conseil régional de Champagne Ardennes, à la fin des années 90, avant d'intégrer l'UMP. Elu député de la Haute-Marne en 2002, a ravi la mairie de Chaumont au P.S. en 2008. Entré au gouvernement Fillon I comme secrétaire d'Etat chargé de la consommation et du tourisme, il est récompensé pour son succès municipal en en devenant le porte-parole en 2008, fonction à laquelle il est d'ailleurs maintenu ce soir, en plus de son nouveau ministère. C'est ça le double effet Sarko. Fidèle du Château, Chatel fut aussi, aux côtés de Darcos, membre du G.7., le club récemment dissous des chouchoutés de Chouchou. Qu'avons-nous à attendre de ce sarkoziste bon teint ? Pas de balayage en vue, ni aucun lifting de la politique engagée par son prédécesseur, pas de lissage non plus ni aucun effet décoiffant, mais certainement un raffermissement des engagements pris depuis deux ans. De la permanence donc et aucun soin particulier proposé pour restructurer une rentrée 2009 qui s'annonce certainement plus belle de l'extérieur que de l'intérieur. En tous cas, face à un monde enseignant qui a actuellement "l'émotion à fleur de peau", il lui en faudra des baumes, des crèmes et des lotions pour revitaliser une corporation dont la silhouette a déjà été bien affinée par le brutal traitement minceur que lui a impliqué le déshydratant Darcos.
samedi 20 juin 2009
Tousse ensemble !
Le plan antigrippe A (H1N1) de l'Education Nationale est prêt. Au cas où, dans les prochains jours ou à l'automne prochain, le sournois virus viendrait à toucher simultanément plusieurs régions, voire l'ensemble du pays, un dispositif d'enseignement à distance est déjà prêt à prendre le relais. Du cours préparatoire jusqu'à la terminale, les 9,4 millions d'élèves de notre beau pays ne seraient pas laissés sans travail : 264 heures de télé et 288 heures de radio sont prêtes à être diffusées sur France 5 et France-Culture. "Notre grille télévisuelle propose cinq heures trente d'émission, quatre jours par semaine pendant douze semaines et notre grille radiophonique six heures, pour les élèves du primaire au bac", rappelle-t-on au C.N.D.P., qui a mis en sons et en images les grandes lignes de trois mois de programmes. Et si à l'issue d'une de ces émissions, les collégiens ou les lycéens n'ont pas tout compris et ont des questions à poser, ils pourront téléphoner ou envoyer un mail à leur établissement où un courageux enseignant référent, dévoué jusqu'au sacrifice, sera de permanence pour répondre à toutes les interrogations, dans toutes les disciplines. Malheureusement pour les plus petits, aucune permanence de ce type n'est prévue du côté des instituteurs.mercredi 17 juin 2009
Partira ou partira pas ?
A quelques jours d'un remaniement que tous les ministres attendent avec angoisse, une nouvelle candidature s'est fait connaître pour la rue de Grenelle : celle de Nathalie Kosciusko-Morizet (N.K.M.), la Secrétaire d'Etat à l'économie numérique qui, dans une interview donnée au Journal du Dimanche a confié qu'elle "rêve en silence de l'Education Nationale".
Mais,"dans les ministères, il se murmure que Darcos resterait en place", confie au Post.fr une source syndicale en contact avec le ministre. D'ailleurs, à son cabinet, on assure préparer activement la prochaine rentrée scolaire. Depuis quelques jours, Sa Majesté, aidée par quelques conseillers occultes comme Raymond Soubie ou Patrick Buisson, s'amuse en effet à tester des noms et à étriller en privé les sortants. A cette occasion, ce joyeux cénacle se livre, paraît-il, à une surenchère dans les noms d'oiseaux et les qualificatifs peu glorieux attribués aux uns et aux autres. Mais personne ne trouvant grâce à leurs yeux pour poursuivre sa politique de destruction de l'Education Nationale, les deux gourous auraient donc conseillé à Chouchou de garder Darcos à son poste, car même s'ils le trouvent trop "pédant", il a largement prouvé en deux ans de quoi il était capable... pour le pire. 

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