samedi 30 mai 2009

Teachers are people

Le métier de prof revisité par Walt Disney en 1952 avec Goofy dans le rôle titre. 57 ans plus tard, pas grand chose n'a changé...

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jeudi 28 mai 2009

Le retour du petit père fouettard

Sortez vos Karcher, Sarkozy revient en fanfare sur le terrain de la sécurité. Qu'on se le dise : l'ordre régnera bientôt. Notre Souverain éclairé reprend deux des idées phares du lumineux Darcos. D'ici juillet, un texte de loi habilitant "les personnels de direction et d'encadrement" des établissements scolaires à faire ouvrir les cartables des élèves sera prêt : "les personnels de direction et d'encadrement devront à l'avenir disposer des moyens de s'assurer que les élèves ne transportent pas d'armes. A cette fin, ils recevront une habilitation spécifique qui leur permettra de faire ouvrir les cartables et les sacs et si l'élève détient une arme d'en tirer toutes les conséquences. Je le dis avec gravité: n'oublions jamais les 17 morts de Winnenden en Allemagne". Roulement de tambours.
"Je veux aussi que chaque recteur puisse disposer d'une équipe mobile d'agents formés dans ce but qui viendront épauler sur un plan pédagogique les chefs d'établissement en cas de difficulté ponctuelle relative à la discipline dans un lycée ou collège" a également tonné le toujours premier flic de France. Aussi des "équipes mobiles d'agents" seront-elles mises en place auprès des recteurs d'académie. Ces nouveaux miliciens seraient recrutés parmi la réserve civile de la police nationale pour remplir des missions de "sécurisation des établissements scolaires et de leurs abords". Il s'agirait de condés à la retraite, mais aussi de volontaires recrutés parmi les citoyens sur le même principe que les pompiers volontaires, "sur la base d'un test d'aptitude physique et morale".

La technologie n'est pas oubliée non plus puisque s'il ne rejette pas complètement l'idée des portiques - "il est regrettable d'en arriver là mais comment agir autrement ?" - Little Brother nous promet des milliers de caméras vidéo : "la vidéo protection est aujourd'hui un moyen fondamental de la politique de sécurité. La présence d'une caméra est l'outil le plus dissuasif qui soit pour un délinquant (...) la vidéo surveillance ne menace pas les libertés, elle protège la liberté de se déplacer et d'aller et venir dans son quartier en toute sécurité".

Et dire qu'il y a treize ans, dans une émission de télé à une heure de grande écoute, le même Sarko vilipendait le ministre d'alors, Bayrou, et affirmait qu'il ne fallait ni surmédiatiser les faits de violence scolaire ni sanctuariser les écoles.

mercredi 27 mai 2009

Darcos ne rate pas une çonnerie !

Source : Le Canard Enchaîné, 27 mai 2009

Faible mobilisation hier à Bourg

La manifestation d'hier n'a rassemblé qu'un peu plus de 600 personnes à Bourg-en-Bresse, contre plusieurs milliers lors des trois premières de l'année.
Pluie avant, pluie après. Entre les deux, manifestation des salariés des secteurs privés et publics pour le pouvoir d'achat, contre les plans sociaux, contre les réformes du gouvernement. Pas chanceux les syndicats qui n'ont rassemblé que 600 personnes à Bourg et rien à Belley où le rassemblement a été annulé. Déjà que leur appel à la mobilisation n'avait été, dès le matin, que peu entendu ! Autour de 15 % de grévistes en moyenne dans le public (34 % aux impôts, 10 % au Trésor public, 1 % à l'Éducation nationale, 28 % à la CPAM, 18 % au tri postal, 19 % à l'Urssaf, 4,6 % dans la santé. La palme aux roulants de la SNCF avec 30 % mais un petit 5 % chez les sédentaires). L'Éducation nationale a été le mauvaise élève de la quatrième offensive contre le gouvernement. L'offensive de trop, peut-être. À moins que ce ne soit la méthode…
Sur le parcours du cortège qui s'est ébranlé du champ de foire de Bourg, la sécurité a néanmoins été celle des grands jours. Rue de la Paix bloquée et interdiction de se rendre devant l'Inspection académique. Permanence du député U.M.P. Xavier Breton verrouillée par les forces de l'ordre. Mais rien à craindre. Averse faisant, le cortège était pressé de faire la boucle autour du square Joubert et de redescendre avant de se disloquer, pendant qu'une délégation était reçue en préfecture.
Les centrales syndicales n'en sortent pas renforcées. Ce que ne confirment que partiellement les enseignants du Snuipp (FSU) : « La situation est compliquée, souligne Pascal Hennique. On ne sentait pas de dynamisme. Il n'y a pas eu d'appel national. Nous ne sommes pas tous d'accord et, chez nous, manifester sans faire grève est inutile. Cet échec n'efface pas les problèmes. Nous rebondirons moins vite, c'est tout. » Force ouvrière est déçue : « Pas terrible, reconnaît Christian Cadier. C'est le résultat des tergiversations entre syndicats. Nous ne donnons pas de réponses franches à hauteur de la crise. Depuis longtemps, FO demande la grève générale. Nous ne sommes pas emballés par une nouvelle manifestation le 13 juin. »

(Source : Le Progrès, 27 mai 2009)

Rétropédalage

Darcos, qui reunissait ce matin des représentants des collectivités territoriales, des chefs d'établissement, des parents d'élèves mais pas des profs, trop peu concernés sans doute à ses yeux par le problème de la violence dans les collèges et les lycées, est partiellement revenu sur certaines de ses propositions. Ainsi en a-t-il été de l'installation de portiques qu'il reconnaît être "un peu compliqués à mettre en place" mais qui pourraient néanmoins faire leur apparition là où "des "diagnostics de sécurité" auront fait apparaître le besoin", comme de son idée de donner un statut d'officiers de police judiciaire aux chefs d'établissements et aux CP.E., ou encore de sa volonté de sanctionner par une suspension des allocations familiales des "mauvais parents" qui risqueraient pourtant des amendes "concrètes, rapides et proportionnées" en cas de défaillance avérée. Mais il a répété sa volonté de trouver une solution juridique pour habiliter les personnels à contrôler les élèves et le contenu de leurs cartables au sein des établissements et de mettre en place des "forces mobiles d'agents assermentés" dépendantes des recteurs pour intervenir dans les écoles "sous l’autorité des chefs d’établissement, dans le cadre de missions de prévention et de dissuasions".
Mais en fin de compte c'est super Sarko qui tranchera, comme d'habitude, et qui devrait annoncer demain, à l'issue d'une réunion sur les problèmes de sécurité, "un plan applicable à la rentrée prochaine"... et électoralement rentable dans les dix jours qui nous séparent du scrutin du 7 juin. Rappelons pour mémoire ce récent sondage commandé par le Ministère à l'officine sarkoziste Opinion Way, selon lequel 81% des personnes interrogées se disent favorables à l'installation des portiques de détection «à l'entrée de certains établissements scolaires» et 64% se disent favorables à la fouille des élèves «par des personnels administratifs s'ils l'estiment nécessaire».

mardi 26 mai 2009

On reparle d'Air Sarko

Le futur coucou de Chouchou est arrivé hier en début de soirée à l'aéroport de Bordeaux Mérignac, rapporte le journal Sud-Ouest. L'Airbus A330, racheté à la compagnie Air Caraïbes, a gagné l'enceinte de l'entreprise Sabena Technics où il restera pendant un an au moins pour subir un énorme et coûteux travail d'aménagement et de transformation. Tout l'avant de l'appareil sera transformé en un luxueux espace privatif tapissé de cuir doré de Cordoue et destiné à Sa Majesté, à sa Cour et à quelques collaborateurs. Mais la nature exacte des aménagements reste un secret défense. Tout juste sait-on que l'appareil devrait être équipé dans sa partie avant d'une chambre à coucher avec grand lit et dressing, d'un bureau, d'une salle de réunion pouvant accueillir une douzaine de personnes, d'une salle de bains, d'un module médicalisé d'urgence, d'un système de leurre antimissiles, et de transmissions sécurisées.

À l'arrière de l'appareil, les invités de Son Altesse disposeront quant à eux d'une soixantaine de place sur les 324 initiales, mais bénéficieront quand même de conditions de confort meilleures que celles qui étaient réservées jusqu'ici aux passagers de la classe économique d'Air Caraïbes. 90 millions d'euros ont été dépensés pour acheter l'avion. 90 autres millions seront nécessaires pour financer les nouveaux aménagements. Serrez-vous la ceinture, décollage prévu dans un peu plus d'un an ! (sources : Lepost.fr ; Sud-Ouest)

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lundi 25 mai 2009

L'obsession de l'évaluation

Nouvelle vague de colère dans les écoles primaires. Après le rejet des évaluations de CM2 contestées il y a quelques mois par une majorité d'instituteurs, voilà que le ministère revient à la charge avec de nouvelles évaluations à faire passer cette fois aux élèves de CE1. Les modalités de ces tests restent les mêmes qu'en janvier dernier et à nouveau des voix s'élèvent pour dénoncer autant le contenu de ces épreuves, que leur pertinence ou les modalités de la notation binaire (tout faux ou tout juste) imposée par l'institution et que beaucoup jugent «décourageante et déstabilisante pour un enfant de 7 ou 10 ans».

Sirop, boulot, suppo !

Porte-flingue de Sa Majesté Chouchou Ier, l'abominable Lefebvre vient encore de faire parler de lui en proposant une nouvelle amélioration du droit de travail. Il a en effet déposé aujourd'hui à l'Assemblée Nationale un amendement permettant aux salariés de travailler pendant leurs congés maladie ou maternité. «Dans un congé maladie, vous pouvez parfaitement être handicapé et maintenu à votre domicile sans pour autant avoir perdu ni vos facultés intellectuelles, ni votre énergie» a déclaré l'outrecuidant personnage qui envisage même d'offrir des réductions de charges sociales aux employeurs qui sauront "convaincre" leurs salariés de bosser jusqu'au fond de leur lit. Préparons-nous donc à entrer dans l'ère du sarkonovisme, version U.M.P. du stakhanovisme... Vive le progrès social !

samedi 23 mai 2009

Darcos simple flic

A un peu plus de quinze jours d'élections européennes que l'UMP espère remporter grâce à une abstention que tout le monde annonce massive, les sirènes sarkozistes profitent de récents faits divers pour nous refaire le coup du discours mobilisateur ultra sécuritaire. Et ce bon Darcos n'entend pas laisser sa part aux chiens. Le voilà qui annonce coup sur coup, en plus de la généralisation des portiques dans les établissements scolaires - une mesure que le brillant Estrosi entendrait mettre en oeuvre avant tout le monde dans son fief des Alpes Maritimes - le droit pour les profs de faire ouvrir les cartables ou de fouiller les élèves qu’ils suspectent de vouloir introduire des armes, la reconnaissance pour les proviseurs, principaux, adjoints et C.P.E. d'un statut proche de celui d'officier de police judiciaire, mais aussi la possibilité de créer, auprès des recteurs, une force mobile d’agents qui pourront intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle, sans oublier la promesse pour les "parents démissionnaires" de sanctions financières proportionnées à la faute de leur enfant.
A l'entendre, on pourrait croire que notre bon Darcos ne vise pas la place Vendôme mais la place Beauvau.

Darcos et Pécresse, des voyous sans parole

Le gouvernement a décidé de faire passer en force la réforme de la formation des enseignants et d'instaurer la masterisation de la manière la plus brutale et la moins démocratique qui soit. Les projets de décrets, qui viennent d'être publiés, doivent passer en comité technique paritaire ministériel (CTPM) le 27 mai, devant le conseil supérieur de la fonction publique le 12 juin et, si tout va bien, devant le Conseil d’état dans la foulée, afin d'être promulgués avant la fin du mois de juin. « C’est un véritable putsch, le passage en force des passages en force de ces derniers mois ! », proteste sur le site Médiapart Pascal Maillard, professeur de littérature française à l’université de Strasbourg, et membre du collectif de l’Appel de Strasbourg.
Le continu de ces décrets annonce le pire. Dorénavant, en plus de réussir le concours de recrutement dans l’éducation nationale, les futurs enseignants devront obligatoirement obtenir un master et deviendront fonctionnaires stagiaires, ce qui à l'avantage de retarder d'un an leur rémunération. D'où une économie pour l'Etat de 480 millions d’euros. Par ailleurs, les étudiants qui réussiraient le concours en perdraient le bénéfice s'ils échouaient deux années de suite à obtenir leur master, du jamais vu dans la fonction publique. On imagine dans quelles conditions un prof stagiaire nommé en lycée devrait à la fois assurer un temps plein, préparer les cours pour ses classes, corriger ses copies, suivre des stages obligatoires... et préparer le master qu'il aurait raté l'année précédente : des conditions idéales pour réussir ! ! Enfin, malgré les promesses de report faites aux syndicats le mois dernier, la masterisation devrait commencer à s'appliquer dès la rentrée 2009, même si très peu de maquettes ont été livrées à l'heure actuelle, en raison du mouvement qui a secoué les facs. L'adage sarkoziste " j'écoute mais je ne tiens pas compte" est donc scrupuleusement respecté par ses ministres Darcos et Pécresse. Laissons la conclusion a Maria Stavrinaki, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à la Sorbonne (Paris 1) et membre de la Coordination nationale des universités, également citée par Médiapart : « Ce sont des méthodes de voyous. Ce gouvernement n’a pas de parole. »

mardi 19 mai 2009

"Sarkozy, je te vois !"

C'est un trait d'humour mal placé qui vaut aujourd'hui à un collègue philosophe marseillais un passage devant le juge pour "tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d'autrui". Par un beau jour de février 2008, choqué par un contrôle policier musclé en gare Saint-Charles, notre Socrate phocéen s'était laissé aller, dans un réflexe de pédagogue assure-t-il pour sa défense, à crier par deux fois "Sarkozy, je te vois !" à destination des valeureux fonctionnaires de la force publique. Interpellé sur le champ, emmené au commissariat et dûment verbalisé par les zélés irénarques de la Sarkozie au motif qu'ils avaient été gênés dans leur mission de sécurité publique par l'insolente apostrophe, le trublion comparaissait aujourd'hui devant un tribunal de police décidé à lui infliger double peine. Et justice fut faite puisqu'une peine de 100 € d'amende a été requise contre le dangereux terroriste de l'humour qui peut s'estimer heureux de ne pas avoir été condamné à boire la ciguë.

"Les gens de pouvoir [...] recherchent plutôt, d'un côté, des gens d'humour quand ils veulent de l'agréable, de l'autre, des experts à exécuter les ordres. Ces traits-là, il est rare qu'ils se trouvent chez le même homme." (Aristote, Ethique à Nicomaque)

Une rentrée qui inquiète

Les conditions dans lesquelles se prépare la rentrée 2009 au collège de Vonnas a de quoi inquiéter. Une fois de plus, notre dotation horaire a été réduite d'une dizaine d'heures alors que nos effectifs se renforcent quelque peu. Dans ces conditions, nous ne serons pas en mesure à la prochaine rentrée d'assurer tous les enseignements dus aux élèves ni de contribuer à leur épanouissement scolaire dans des conditions décentes. Tous les personnels s'étant engagés à refuser toute heure de cours au delà de la première heure supplémentaire, faute de moyens pratiquement aucune heure d'accompagnement et d'aide au travail ne pourra donc être proposée aux élèves qui en ont pourtant de plus en plus souvent besoin. Tous les cours de langues, de sciences, de technologie se dérouleront en classes complètes avec parfois, en quatrième et en troisième près de trente élèves pas classe. On ne nous demande plus d'enseigner mais de faire de l'abattage. L'enseignement en groupes est à ranger définitivement au magasin des souvenirs. En sciences, des tables supplémentaires ont déjà été rajoutées dans les classes, au mépris des règles les plus élémentaires en matière de sécurité et les professeurs en blouse blanche ne sont plus en mesure de laisser les élèves mettre en oeuvre des expérimentations... trop dangereux !
Depuis plusieurs années, nos conditions de travail se dégradent continuellement et le mouvement s'accélère encore :
- en septembre, nos classes seront surchargées, en troisième notamment, section à examen dans laquelle les effectifs pourraient dépasser les trente élèves par classe ;
-les horaires sont réduits à leur portion congrue dans toutes les disciplines et à tous les niveaux alors que les programmes sont toujours aussi tentaculaires ;
- les partages de service entre deux établissements se multiplient ; plusieurs de nos collègues, en français, en anglais, en histoire-géo, et bientôt en techno et en S.V.T. seront de nouveau "délocalisés", alors que nos besoins réels justifieraient leur présence à temps plein à Vonnas ;
- le départ en retraite d'une de nos "dames de sciences" entraîne la fermeture d'un poste de S.V.T. et la réattribution de 8 heures seulement à un "bloc de moyen provisoire", nouvelle appelation déshumanisante utilisée désormais pour désigner les profs à cheval sur deux établissements et affectés pour une année seulement ;
- une classe supplémentaire et des centaines de copies en plus seraient imposées à un prof de français ;
- même traitement pour la prof de physique-chimie qui aura, en plus, la joie de devoir jongler avec ses éprouvettes au milieu de classes de troisième surchargées dans une salle devenue trop petite et qui commence à montrer des signes de vieillissement.
Nous déplorons également l'absence d'un principal adjoint et réclamons par ailleurs un complément de service sur le poste de C.P.E qui n'est pourvu aujourd'hui qu'à 80 % ainsi qu'un meilleur encadrement des élèves en personnel de surveillance. Nous dénonçons enfin l'absence d'une assistante sociale à temps plein et pour toute l'année, le poste n'ayant été occupé cette année que de manière épisodique... par des assistantes contractuelles. Ces revendications n'ont rien d'extravagant. Elles correspondent simplement aux moyens dont aurait besoin un collège de 400 élèves pour pouvoir fonctionner normalement.

Dites 33 !

Très contestable et très pernicieux le classement des collèges de l'Ain publié ce week-end par Le Progrès. Basé sur les seuls taux de réussite au brevet, il nous gratifie d'un glorieuse 33eme place sur 47, avec 77,2 % de réussite au B.N.C. 2008. Notre seul espoir de gagner quelques places dans ce classement absurde repose donc sur la tête de nos élèves de troisième. Seule leur ardeur au travail nous permettra de progresser. Courage les petits ! Il vous reste un mois pour faire exploser les statistiques et nous propulser en tête de liste pour l'année prochaine. On y croit tous !

Nous adressons nos plus sincères condoléances à nos malheureux collègues de Villars-les-Dombes...

dimanche 17 mai 2009

L'Education nationale, un grand corps malade

Le slameur Grand Corps Malade (Fabien Marsaud pour l'état civil) vient de sortir une chanson-vérité sur l'Education nationale, autre grand corps (très) malade. Le clip est visible sur le site de l'artiste http://www.grandcorpsmalade.com/accueil.htm
Paroles :
J'm'appelle Moussa, j'ai 10 ans, j'suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j'ai grandi et où j'suis né.
Mon école elle est mignonne même si les murs sont pas tous neufs
Dans chaque salle y a plein de bruit moi dans ma classe on est 29.
Y a pas beaucoup d'élèves modèles et puis on est un peu dissipés
J'crois qu'nous sommes ce qu'on appelle des élèves en difficulté.
Moi en maths j'suis pas terrible mais c'est pas pire qu'en dictée
C'que je préfère c'est 16h j'retrouve les grands dans mon quartier.
Pourtant ma maitresse j'l'aime bien elle peut être dure mais elle est patiente
Et si jamais je comprends rien elle me réexplique elle est pas chiante
Elle a toujours plein d'idées et de projets pour les sorties
Mais on a que 2 cars par an qui sont prêtés par la mairie.
Je crois que mon école elle est pauvre, on n'a pas de salle informatique
On n'a que la cour et le préau pour faire de la gymastique.
A la télé j'ai vu que des classes faisaient du golf en EPS
Nous on a que des tapis et des cerceaux et la détresse de nos maitresses.
Alors si tout s'joue à l'école, il est temps d'entendre le SOS
Ne laissons pas s'creuser l'fossé d'un enseignement à deux vitesses.
Au milieu des tours y a trop de pions dans le jeu d'échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fou dans des défaites spectaculaires.
L'enseignement en France va mal et personne peut nier la vérité
Les zones d'éducation prioritaires ne sont pas des priorités.
Les classes sont surchargées pas comme la paye des profs minés.
Et on supprime des effectifs dans des écoles déjà en apnées.
Au contraire faut rajouter des profs et des autres métiers qui prennent la relève
Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves.
Ajouter des postes d'assistants ou d'auxiliaires qui aident aux devoirs
Qui connaissent les parents et accompagnent les enfants les plus en retard.
L'enseignement en France va mal, l'état ne met pas assez d'argent.
Quelques réformes à deux balles pour ne pas voir le plus urgent
Un établissement scolaire sans vrais moyens est impuissant
Comment peut on faire des économies sur l'avenir de nos enfants.
L'enseignement en France va mal car il rend pas les gens égaux
Les plus fragiles tirent l'alarme mais on étouffe leur écho.
L'école publique va mal car elle a la tête sous l'eau
Y a pas d'éducation nationale, y a que des moyens de survies locaux.
Alors continuons de dire aux p'tit frères que l'école est la solution
Et donnons leur les bons outils pour leur avenir car attention
La réussite scolaire dans certaines zones pourrait rester un mystère
Et l'égalité des chances un concept de ministère.
Alors si tout s'joue à l'école, il est temps d'entendre le SOS
Ne laissons pas s'creuser l'fossé d'un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours il y a trop de pions dans le jeu d'échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fous dans des défaites spectaculaires.
J'm'appelle Moussa, j'ai 10 ans, j'suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j'ai grandi et où j'suis né.
C'est pas d'ma faute à moi si j'ai moins de chance d'avoir le bac
C'est simplement parce que j'vis là, que mon avenir est un cul de sac.

samedi 16 mai 2009

Darcos agent de sécurité

Après l'agression à l'arme blanche dont à été victime une professeure de marthématiques du collège de Fenouillet, près de Toulouse, Darcos propose une solution extra pour palier au manque de personnel de surveillance dans les établissements : l'installation de portiques capables de détecter l'intrusion d'armes et de caméras de surveillance.
"On peut envisager des portiques dans certains établissements ou s'assurer plus étroitement que ceux qui entrent n'aient pas d'armes. Face à la violence, nous ne devons avoir aucun tabou [sans rire !]. On a trop longtemps excusé l'inexcusable [toujours sans rire]."

Et bientôt aussi des écrans plasma et des lecteurs de DVD dans toutes les salles de classe pour remplacer les profs dont les postes sont supprimés à tour de bras !

jeudi 14 mai 2009

Des tests sur mesure en primaire

(source : Le Canard Enchaîné, 13 mai 2009)

mardi 12 mai 2009

Le ministère de la com' et des petits fours

Au détour d'un article publié dans Le Monde et consacré aux fastueuses dépenses des ministères, on apprend que l'ami Darcos est de ceux pour qui les économies sont à faire par les autres. Ainsi le ministère de l'Education nationale avait-il engagé, au titre de l'exercice 2007, 4 770 000 euros pour sa seule communication, dont 767 725 euros au titre des études et sondages. Le coût de ses déplacements s'élevait pour cette période à 386 684 euros. Au chapitre des frais de représentation, il se rangeait également parmi les ministères les plus dépensiers avec une ardoise de 399 898 euros. On espère que deux ans après, crise oblige, Xavier s'est calmé sur les petits fours...
On apprend par ailleurs que notre cher ministre disposait à cette époque d'un appartement de fonction de 114 m² (valeur locative estimée à 13920 €), de deux 607 de fonction et de deux cochers pour le conduire - sans compter le parc de huit voitures mises à la diposition des vingt membres de son cabinet. Un train de vie somme toute assez modeste au regard de celui de quelques uns de ses collègues comme R. Dati ou H. Morin par exemple.
400ème article

lundi 11 mai 2009

Kicékadi ?

"Je serais prof du premier degré, je serais sans doute parmi les mecs qui gueulent". Quel farouche opposant à la politique éducative du gouvernement a fait cette déclaration presque révolutionnaire ? Besancenot ? Mélenchon ? Bayrou ? Villepin ? Royal ? Non, vous n'y êtes pas... Xavier Darcos himself ! Il aura donc fallu attendre deux ans avant d'entendre une déclaration sensée de sa part.
(source : Ouest France - 6 mai 2009)

Sarko serial killer

Après avoir supprimé plus de 11 000 postes en 2008, 13 500 en 2009, le gouvernement s'apprête à passer à la vitesse supérieure et à doubler la mise en en détruisant 22 500 autres en 2010. Le massacre continue. Ne laissons pas faire !

Quand Darcos tonne...

"On ne donnera pas des diplômes à ceux qui auront fait en sorte que les universités ne fonctionnent pas" a déclaré Darcos ce matin sur RTL après avoir fustigé les "quelques dizaines d'individus qui bloquent les établissements et qui font que les élèves les plus modestes, ceux qui financent leurs études, ceux qui ont besoin d'avoir leur diplôme avant l'été, ceux dont les familles se saignent aux quatre veines pour leur payer des études". Roulant les mécaniques, il a affirmé d'un ton péremptoire qu'il "n'y aura pas de licence es grève, de master en pétition et de doctorat en blocage". Menace en l'air dans la mesure où une telle mesure serait très difficilement applicable et contraire au droit. D'ailleurs ce soir 28 universités sur 85 sont toujours bloquées et entament leur quinzième semaine de résistance. Soutien et Courage !

samedi 9 mai 2009

Le retour du chasseur de mammouth ?

Selon Le Journal du Dimanche, le ministère de l'Education nationale pourrait annoncer dans le courant de la semaine prochaine que les étudiants qui seront recrutés en 2010 avec un master 1 (bac+4) deviendront fonctionnaires stagiaires automatiquement et non au bout d'un an à l'issue de leur "formation". Ce nouveau recul, qui viserait à désamorcer les tensions dans les facs, ne remet toutefois pas en question les fondements de la réforme de la masterisation

Quoi qu'il en soit, la mise en place des réformes préparées par Darcos ne devrait pas revenir à Allègre. En effet, le célèbre dégraisseur de Mammouth, aujourd'hui converti au sarkozisme, fait savoir dans le même journal qu'il se verrait à la tête d'un super ministère du commerce international et de l'industrie, une sorte de "Miti" français, sur le modèle japonais. "Mais je ne serai jamais plus ministre de l'Education nationale ! déclare-t-il. C'est un poste difficile, peut-être le plus dur. J'ai eu des manifs contre moi (...) Ministre, c'est passionnant et difficile à la fois. Chaque fois que vous avez une idée, votre administration vous dit que ce n'est pas possible !". Ce qui est sûr, c'est que vu l'état dans lequel se trouve l'école, il n'aurait plus eu grand chose à dégraisser.

vendredi 8 mai 2009

L'armistice du 8 mai

Ce matin, le Commander in chief Sarkozy faisait des ronds dans l'eau au large des plages de Sainte-Maxime à bord du Mistral. Mais que faisait-il dans cette galère ? Il commémorait "l'armistice du 8 mai 1945" comme le précise cette note du service de presse du Palais.

Le problème, c'est que le 8 mai 1945 ce n'est pas un armistice qui est entré en application, mais la capitulation de l'armée allemande qui marque la victoire alliée sur le nazisme, une reddition en deux temps (7 et 9 mai) à laquelle la France, représentée à Berlin par le général De Lattre de Tassigny, n'était d'ailleurs conviée qu'au seul titre de témoin, comme l'avant-veille à Reims. Petite leçon de vocabulaire à l'aide d'un manuel de troisième (Magnard, ed. 2007, p. 18) : un armistice est "un accord par lequel des pays en guerre suspendent les combats". Rien à voir donc avec une capitulation sans condition, c'est à dire sans dicussion, dans la mesure où "il s'agit d'éviter un armistice comme en 1918, afin de ne pas founir aux Allemands des arguments pour nier leur défaite" (idem, p. 97). Encore une fois on peut constater que l'approximation est bien la marque de fabrique de l'Elysée.

jeudi 7 mai 2009

Le massacre continue

Dans son édition d'aujourd'hui Les Echos annoncent que Bercy prévoit la suppression de 34 000 postes de fonctionnaires en 2010.Il s'agirait selon Woerth de ne pas remplacer la moitié des 68 500 départs en retraite prévus. Le taux de non-remplacement, qui s'était limité à 33 % en 2008 et qui avait été porté à 44 %, devrait atteindre 50 %, en 2010 comme en 2011, et porter le nombre de suppressions de postes "entre 33 000 et 35 000", contre 30 529 cette année. L'économie générée atteindrait alors 956 millions d'euros. L'Education nationale, désignée cette année comme mauvaise élève pour avoir remplacé 62 % de ses départs, sera à nouveau saignée et devra impérativement atteindre cet objectif du « 1 sur 2 ». Le massacre continue.

22, Rev'la Fillon !

Une nouvelle fois, à propos de la crise universitaire, Fillon a fait preuve de son sens du dialogue. Non seulement en dénonçant pour la énième fois la "minorité" d'étudiants qui bloquent certaines facs et qu'il accuse de "gâcher l'avenir de la majorité" de leurs condisciples et "d'abaisser la réputation de nos universités", mais aussi en assurant que le gouvernement "rétablira l'ordre" là où les présidents d'université le demanderont. "Je dis à la petite minorité qui bloque les universités et qui use de la violence qu'elle est coupable de gâcher l'avenir de la majorité des étudiants (...). Nous n'accepterons pas que les diplômes soient bradés. Chaque fois qu'un président d'université nous demandera de rétablir l'ordre, nous y répondrons (...). Il est injuste que les familles qui se serrent la ceinture pour financer les études de leurs enfants soient les victimes de quelques extrémistes". Quel bons sens politique ! Rappelons pour mémoire que la méthode qui consiste à envoyer les C.R.S. contre les étudiants a fait ses preuves il y a quarante et un ans. On connait la suite de ce joli mois de mai...

mercredi 6 mai 2009

Quand Fillon veut faire un exemple

Encouragé par un Sarkozy plus remonté que jamais contre les étudiants et leurs profs, la marionnette Fillon confirme son intention de ne rien lâcher en cette 14e semaine de grève et de blocage des universités :
"A Rennes, Bordeaux ou Toulouse, il y aura 150 000 étudiants de lettres, d'histoire et de psycho qui n'auront pas leur diplôme cette année, la belle affaire. Le pays s'en relèvera (...). Si on ne cède pas aujourd'hui, il y aura moins de grèves dans l'Education nationale l'année prochaine".

mardi 5 mai 2009

Des diplômes à la grâce de Dieu

Tout le monde se souvient du voyage du petit chanoine à Rome et de sa célèbre homélie qui plaçait l'irremplaçable curé au dessus de l'instituteur et dans laquelle il rappelait avec émotion que la France était la fille aînée de l'Eglise. Et bien Son E(mini)minence fait un pas de plus vers la canonisation. Dans son discours du 20 décembre 2007, il regrettait que la République ne reconnaisse pas la "valeur des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur catholique". Faisant fi des principes de la laïcité, il vient d'autoriser discrètement, par décret, et après avoir conclu un accord discret avec le Vatican, "une reconnaissance mutuelle des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité compétente de l'une des parties". Autrement dit, les établissements privés pourraient désormais délivrer leurs propres parchemins, et ce du baccalauréat jusqu'aux masters, et pas seulement pour les disciplines religieuses comme la théologie. Déjà les universités catholiques de Lyon, Angers, Paris, Lille, Montpellier, Dijon et Toulouse présentent sur leur site internet, pour la rentrée 2009, leurs masters spécifiques "éducation et enseignement" et "métiers de l'éducation et de la formation". Plus que jamais il importe de défendre les principes de la loi de 1905 !
(source : Le Monde, 2 mai 2009)

vendredi 1 mai 2009

1er mai burgien

Beau défilé du 1er mai à Bourg-en-Bresse. 1 800 manifestants selon la police, 4 000 selon la C.G.T.
Les manifestants tournent le dos à Nicolas... le cave
Le cortège a mis près de vingt minutes pour remonter la rue Gabriel Vicaire.

Les Vonnassiens fêtent le travail

"Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes". Mais non, mon cher Nicolas, ce n'est ni de Carla, ni de Rachida, ni de Rama, ni même de la princesse des Asturies dont il est question, mais de la Princesse de Clèves dont vous ne sûtes, ne savez ni ne saurez jamais apprécier la beauté.