vendredi 10 septembre 2010

Une situation dégradée dans les collèges de l'Ain

"On commence à voir circuler des courriers électroniques de chefs d'établissements qui recherchent des enseignants… ", s'inquiète Nicolas Jambon, responsable du Snes de l'Ain, intreviewé dans Le Progrès d'aujourd'hui. C'est ainsi que 3 heures d'anglais, 6 heures d'allemand et 6 heures de S.V.T. ne sont toujours pas pourvues au collège d'Hauteville-Lompnes : "ce sont des heures budgétisées, mais pas pourvues faute de remplaçants". Par ailleurs, il faut souhaiter que les profs de maths du département soient dotés d'une santé de fer car pour le moment il n'y a dans le département aucun remplaçant de prévu dans cette matière.
Côté effectifs, la situation s'est dégradée dans les classes de nos collèges par rapport à l'année dernière. Bien que le nombre de collégiens ait augmenté de 280 élèves, le nombre de classes, lui, est resté inchangé - 1 061 - tandis que huit postes de prof ont été supprimés. Le nombre moyen d'élèves par classe dans les collèges est cette année de 25,06, contre 24,70 en 2009. Il était de 23,89 en 2005. Tout en reconnaissant du bout des lèvres qu'il existe des disparités, "l'I.A. parle de très légère augmentation, mais nous n'avons pas la même interprétation. Car il s'agit d'une moyenne. 25 % des classes accueillent en réalité 27, 28 voire 30 élèves" assure Nicolas Jambon. Parole de prof de maths !

Mais que devient l'I.U.F.M. de Bourg ?

Prérentrée à l'IUFM à Bourg : la masterisation en marche « forcée »
Il en a gardé le nom, mais a singulièrement changé de contenu. L'I.U.F.M. de l'Ain a accueilli, hier, ses 30 premiers étudiants inscrits en master 1 des "métiers de l'enseignement scolaire, de la formation et de la culture". Et les 80 autres qui doivent accéder cette année au master 2, entrant dans la nouvelle formation universitaire (les inscriptions ne seront closes qu'au 30 septembre). Il ne s'agissait donc, pour les futurs stagiaires de l'Éducation nationale, qui seront les professeurs des écoles de demain, que de prérentrée. Les cours, à l'I.U.F.M. de l'Ain, ne débuteront en effet que le 13 septembre.
Et les étudiants seront les premiers à tester les effets d'une réforme que le responsable de l'établissement burgien, Georges Combier, n'hésite pas à ranger sur l'étagère des "mauvais projets". Pour autant, l'I.U.F.M. de Bourg, qui n'accueille qu'un master, déclinant trois spécialités : éducation et sciences, éducation et santé, et éducation et T.I.C. (Techniques de l'information et de la communication) fera en sorte d'assurer sa mission. "Cette année, le master 2 sera essentiellement présenté par les étudiants qui ont raté le concours l'an dernier, précise Georges Combier. Ce sera une année de transition entre l'ancien et le nouveau système". Un système qui prévoit une entrée en master 1 à bac + 3 (licence). Suivi d'un master 2 et d'un concours, en septembre. Pour obtenir le droit à devenir stagiaire enseignant, il faudra que les étudiants aient validé leur année de master 2 et réussi le concours.
(source : Le Progrès, 10 septembre 2010)

jeudi 9 septembre 2010

Paroles d'excellence

"C'est pas une machine où on prend les meilleurs pour en faire les super meilleurs !". Avec une telle syntaxe Sarko Ier n'aurait donc pas pu intégrer l'un des onze internats d'excellence qui ont ouvert leurs portes en ce mois de septembre. Il a pu néanmoins franchir aujourd'hui les portes de celui de Marly-le-Roi pour vanter à sa façon le "mérite républicain" : "la République, c'est celle qui doit promouvoir celui qui le mérite, et qui doit sanctionner celui qui le mérite" a-t-il déclaré fièrement devant un parterre d'élèves, de professeurs et de parents, avant d'ajouter, dans son style si particulier, que "c'est un lieu où tous les jeunes qui veulent s'en sortir, qui veulent réussir et qui font des efforts, on va leur donner une chance supplémentaire".
Mais Sarko ne serait pas Sarko s'il n'en avait pas profité pour désigner les mauvais sujets à la vindicte populaire, en l'occurrence ceux "qui rendent la vie impossible aux autres". Gare à "celui qui a été exclu de quatre établissements", à "celui qui a manqué plusieurs trimestres parce qu'il ne va pas au collège ou au lycée", ou encore à "celui qui ne comprend pas ce que signifient les mots autorité, respect, discipline, enseignant, enseignement". Notre bon Souverain destine ces mauvais sujets et leurs semblables aux établissements de réinsertion scolaire, version sarkozienne de la maison de redressement. Qu'on se le dise, "personne ne peut s'en sortir s'il n'est pas décidé à faire un effort pour lui-même, pour ses enfants et pour sa famille". C'est vrai que cette règle là, chez les Sarkozy, on la connaît bien, surtout quand il s'agit de faire des efforts pour ses enfants et pour sa famille, y compris sa famille politique.

mercredi 8 septembre 2010

Les lauriers de Chatel

Notre ami le Lèche-Luc a certainement senti ses chevilles gonfler ce matin lorsque Sa Majesté, qui recevait en son palais ses godillots du Palais Bourbon, s'est lâché et a dressé un portrait dithyrambique de son ministre de l'Education nationale : "on a un ministre de l'Education nationale fantastique: Luc Chatel. C'est sa deuxième rentrée. Il est courageux, solide. La masterisation, c'est fait. Il a géré la réforme des lycées de manière remarquable. J'ai apprécié ses déclarations sur la discipline en classe". Continue comme ça Luccio et les portes de Matignon pourrait s'ouvrir devant toi....

Grosse manif' à Bourg-en-Bresse

"Le défilé d'hier après-midi à Bourg-en-Bresse, contre la réforme des retraites et plus globalement contre la politique du gouvernement, a pris cette fois une dimension supplémentaire. On sait en effet que chaque été, le glorieux Tour de France jauge sa popularité à partir du nombre de spectateurs amassés au bord des routes. Hier, un phénomène semblable s'est produit. Nombre d'opposants aux textes du gouvernement et de l'UMP ont regardé passer le peloton. « Nous voulons prendre vraiment la mesure de la mobilisation et de l'événement car dans le cortège, on ne sait jamais où on en est et la cause le mérite », expliquait un instituteur à la retraite. Entre le champ de foire et la préfecture, en passant par les avenues de Lattre et Alsace-Lorraine, les rues Foch et du 4-Septembre, ils étaient ainsi plusieurs centaines sur les trottoirs. Beaucoup applaudissaient les banderoles déployées dans des conditions météorologiques exécrables. Ce soutien statique, mais actif, ajouté aux fantassins du défilé syndical, fait raisonnablement grimper le nombre de manifestants à un chiffre allant de 5 500 à 6 000. Un succès de toute façon incontestable pour les syndicats."Lire la suite sur http://www.leprogres.fr/fr/region/l-ain/ain/article/3741784/Entre-5-500-et-6-000-manifestants-sous-les-parapluies-a-Bourg.html
Selon le Snes de l'Ain les taux de grévistes ont été importants dans les lycées et collèges du département avec une moyenne de 56 %, les records étant atteints à Saint-Rambert-en-Bugey (88 % à 9 h.) et à... Vonnas (84 %).

mardi 7 septembre 2010

Dans les rues de Bourg

Une marée de manifestants sous les parapluies multicolores dans les rues de Bourg-en-Bresse, malgré le déluge. Une manif' record sans aucun doute... Les premières estimations nationales évoquent 2,5 millions de manifestants.

Forte mobilisation à Vonnas

"Un enseignant sur quatre n'a pas assuré ses cours en cette journée de lundi, dans les collèges et lycées de l'Ain, selon le SNES-FSU qui appelait à la grève. Le syndicat faisait ainsi état, en fin d'après-midi, d'un taux de grévistes de 26 % dans la cinquantaine de collèges publics du département. Relevant au passage quelques beaux résultats : 10 enseignants grévistes sur 23 attendus au collège de Vonnas (43 %), 12 sur 22 (55 %) à Prevessin, 9 sur 23 (39 %) à Nantua ou 9 sur 36 à Meximieux…"

(source : Le Progrès, 7 septembre 2010)

Aujourd'hui près de 90 % du personnel du collège de Vonnas est en grève.

lundi 6 septembre 2010

Dans les rues de Lyon

Près de 30 % des profs du secondaire ont fait grève aujourd'hui dans l'académie de Lyon. Ils étaient un millier cet après-midi à battre le pavé dans la capitale des Gaules pour fustiger Chatel et sa politique de casse de l'école..

Grève dans l'Education nationale : c'est parti

Suppressions de postes, disparition de la formation des jeunes débutant dans le métier, réforme des lycées hasardeuse, affectation des remplaçants sur des postes à l'année et recours généralisé à Pôle emploi, précarité accrue, dégradation générale des conditions de travail, manque de reconnaissance, perte de pouvoir d'achat, etc... Les motifs de la colère des profs sont multiples alors que commencent deux journées de grève et de manifestations contre la politique éducative du gouvernement. On annonce déjà 70 % de grévistes dans les écoles primaires de l'Ain (une école sur trois restera portes closes demain matin) et une importante mobilisation dans le secondaire. A l'appel du Snes, de Sud-éducation et de l'Apses la grève débute dès aujourd'hui dans les collèges et les lycées et s'annonce bien suivie dans plusieurs établissements de la région comme au collège de Vonnas où, dès vendredi, un prof sur trois se déclarait gréviste pour les deux jours à venir. Près des trois quarts du personnel devraient cesser le travail demain.
Lundi 6 septembre, 14 h.
manifestation académique
Bourse du travail, LYON
Mardi 7 septembre, 14 h. 30
manifestation départementale
Champ de foire, BOURG-EN-BRESSE

dimanche 5 septembre 2010

Les Français favorables aux manifs

Selon le quotidien Ouest-France, 70 % des Français approuveraient la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, mardi. Toutefois, 53¨% des interrogés trouveraient encore "acceptable" le recul à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite. Etrange paradoxe. Mais ils étaient 58 % en juin. Quant à la part de ceux qui trouvent que la perspective du recul de l'âge de la retraite est "tout à fait inacceptable", elle progresse de sept points et atteint 30%. Les Français seraient donc en train de se réveiller et de se rendre compte du caractère fondamentalement injuste de ce que veut leur imposer Sarkozy.
Dans son édition d'aujourd'hui, Le Progrès-édition de l'Ain, qui revient sur la manifestation pour les Droits de l'Homme, envisage "une forte mobilisation mardi 7 septembre" dans les rues de Bourg-en-Bresse

vendredi 3 septembre 2010

Manifestons notre ras-le-bol !

Venez participer avec nous aux manifestations qui auront lieu à Lyon et à Bourg-en-Bresse les 6 et 7 septembre.


Lundi 6 septembre
14 h

Lyon, Bourse du travail



Mardi 7 septembre
14 h. 30
Bourg-en-Bresse, champ de foire

Témoignages

« Aujourd'hui, être prof, c'est affronter aberrations sur aberrations. C'est être précaire au dernier degré. C'est se faire trimballer, humilier, balader de réformes débiles en élèves paumés. ». Un témoignage parmi d'autres sur les joies du métier que l'on peut trouver sur le site Rue89 dans un article consacré aux jeunes profs et à la réforme de la formation.http://www.rue89.com/2010/09/02/aujourdhui-etre-prof-cest-se-faire-trimballer-humilier-164868

jeudi 2 septembre 2010

Internats d'excellence : le coûteux gadget de Sarko

Le site Rue89 dénonce les internats d'excellence dont Chatel se plait tant à faire la publicité. Ils sont une douzaine à ouvrir leur porte cette année. "Fruits d'un oukase présidentiel hautement politique, ils sont censés regrouper des élèves d'origine modeste, qualifiés de « méritants », qu'il s'agit, plus précisément, d'éloigner de leur milieu d'origine", les heureux élus étant sélectionnés comme des bêtes de concours sur un profil "digne d'une classe prépa". Pour financer ce nouveau hochet présidentiel la loi de finances de 2010 a débloqué la bagatelle de 500 millions d'euros, "sans compter l'emprunt national dont [ils] seront, dans le domaine scolaire, les seuls bénéficiaires". En résumé, "des structures coûteuses, réservées à un nombre infime d'élèves, fondées sur un projet dont la pertinence n'est pas démontrée, la nouveauté encore moins, pour une efficacité peu ou pas évaluée".

http://www.rue89.com/2010/09/02/les-internats-d-excellence-un-couteux-gadget-presidentiel-165043

La situation scandaleuse des "stagiaires" dans l'Ain

Cette année 47 professeurs font leur première rentrée dans l'Ain. Autrefois nous les aurions qualifiés de "stagiaires". Avec la suppression de la formation des enseignants, il n'y a plus aucune raison de le faire puisqu'ils sont directement jetés dans le grand bain sans bouée de sauvetage ni maître-nageur, sur un poste à temps plein. Dans notre département la situation de 14 d'entre eux est particulièrement scandaleuse :
- neuf sont affectés sur deux établissements, dont un à cheval sur le collège de Meximieux et le lycée de La Boisse ; en ces temps d'expérimentation du sport l'après-midi, il se spécialisera dans la gym acrobatique et le grand écart ;
- cinq sont très éloignés de Lyon où ils devront venir suivre une formation pendant quatre semaines après la Toussaint ; ils se spécialiseront dans la course de fond à partir de Belley, Oyonnax et Ferney-Voltaire ;
- enfin plusieurs autres sont affectés dans des établissements du réseau d'éducation prioritaire ; ceux là seront initiés aux sports de combat et apprendront à parer les coups.

Chatel voit la rentrée en rose

«Notre école a moins besoin de grands soirs que de petits matins quotidiens» : pour sa seconde rentrée en tant que ministre de l’Education nationale, Luc Chatel était bien plus à l’aise que l’an dernier, passant d’un dossier à un autre sans trop regarder ses fiches ou chercher du regard ses collaborateurs. Il avait même préparé une petite phrase, censée illustrer le nouveau pragmatisme ambiant, après des années de glaciation idéologique sur l’école.
Sur le fond, le ministre n’a rien annoncé de nouveau. Et pour cause. Ces derniers jours, il n’a cessé de parler et d’occuper les médias, revenant sur des réformes déjà engagées et détaillant de nouvelles mesures. Aussi a-t-il consacré hier son long discours de rentrée - plus de quarante minutes, avec des descriptions pointilleuses des nouveaux dispositifs - à sa vision de l’école, une école idéale où l’égalité des chances n’est pas un vain mot, où l’on trouve des solutions adaptées pour chaque élève et où la violence n’a pas droit de cité.
Pacifier. Luc Chatel a aussi réussi le tour de force de ne pas évoquer une seule fois dans son exposé la question des suppressions de postes - 40 000 ces trois dernières années, auxquelles il faut ajouter les 16 000 prévues en 2011. En fait, le ministre, nommé après Xavier Darcos pour pacifier le monde éducatif, et qui n’aime guère l’affrontement direct, a évité la plupart des sujets qui fâchent. Ou alors il a préféré ne retenir que les bons côtés des réformes. Il a ainsi parlé longuement de celle du lycée, en sautant allègrement le problème des manuels de seconde, un des ratages de cette rentrée. La réforme n’ayant été arrêtée qu’en octobre 2009, les nouveaux programmes ont été élaborés très tard. Les éditeurs ne les ont reçus qu’en avril et n’ont pu imprimer de manuels en nombre suffisant pour la rentrée : au mieux, la moitié des élèves pourront les trouver en librairie dès septembre.
De même, évoquant la très contestée réforme de la formation des enseignants (la masterisation) qui se met en place cette année, le ministre en a fait une présentation enthousiasmante. Grâce à elle, a-t-il expliqué, les enseignants qui débutent vont gagner plus : 157 euros par mois pour les certifiés, 250 pour les agrégés. «Et je ne connais pas beaucoup de pays européens qui, en ce moment, revalorisent ainsi leurs enseignants», s’est-il félicité. En plus, toujours selon lui, ils vont avoir un niveau académique plus haut que jamais, ainsi qu’une formation professionnelle bien plus solide qu’avant - en première année de master, les étudiants devront faire un stage de cent huit heures, puis un autre en deuxième année. Mais Luc Chatel a oublié un détail de taille : cette année est transitoire dans la réforme, et des milliers de jeunes profs du secondaire se retrouvent parachutés dans des classes, souvent sans aucune préparation, ou, pour les plus chanceux, après de brefs stages d’observation.
Mais, pour Chatel, le but de l’exercice était surtout de rassurer les familles et les enseignants, alors que les signes inquiétants ne manquent pas. L’enjeu est important : l’Education est le premier budget de l’Etat et le plus important service public, a-t-il souligné plusieurs fois.
Douze millions d’élèves font leur rentrée à partir de demain, dans le public comme dans le privé, dont plus de 6,6 millions dans le premier degré et plus de 5,3 dans le second. Face à eux, ils trouveront près de 853 000 enseignants qui, eux, font leur prérentrée aujourd’hui dans les 65 000 établissements - dont 54 280 écoles, le reste étant des collèges et des lycées.
Chute libre. Interrogé sur les problèmes en suspens, Luc Chatel a écarté les critiques avec un sourire immuable. La scolarisation des enfants de moins de 3 ans est en chute libre ? Rien de plus normal, a-t-il répliqué, l’engagement de l’Etat est de scolariser les enfants dans l’année de leurs 3 ans, et les petits de 2 ans, uniquement dans l’éducation prioritaire. Et les réductions de postes d’enseignants, alors que cette année le nombre d’élèves augmente de 39 000 dans le secondaire ? «L’Education nationale doit participer à l’effort collectif, et ma méthode est de s’adapter aux besoins du terrain. On crée tout de même 2 600 postes dans le premier degré, et 144 dans l’éducation prioritaire dans le second degré
Enfin, le ministre s’est montré parfaitement serein face à l’agitation sociale. En plus de la grève appelée le 7 septembre par une intersyndicale pour protester contre la réforme des retraites, le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, a lancé un autre mot d’ordre pour le 6 septembre, le jour où les cours commencent vraiment. Les autres syndicats, qui faisaient leur rentrée ces jours-ci, ont aussi décrit une ambiance plutôt sombre. «Citez-moi une rentrée où les syndicats disent que tout va bien», a lancé le ministre tout sourire.
(source : Véronique Soulé, Libération, 1er septembre 2010)

Une rentrée délicate dans l'Ain

115 000 élèves font leur rentrée dans un contexte social tendu
Enseignants stagiaires en rodage, gestion des effectifs et des classes, nouveaux programmes… La rentrée suscite des inquiétudes et se fera sur fond de grèves

Cartables, trousses et stylos reprennent du service aujourd'hui. Les écoliers du premier degré (maternelle et primaire), les collégiens et les lycéens - ils sont plus de 115 000 - retrouvent leurs établissements dans un contexte un peu particulier du fait des récentes réformes, directement ou indirectement liées à l'éducation. Tour d'horizon de la rentrée, son lot de nouveautés et les inquiétudes qui vont avec.
Des stagiaires lancés dans le grand bain. « On va finir par construire un cursus valable, j'en suis sûre. Mais d'ici là, on essuie les plâtres… » La remarque vient de Claudie Renoton-Lépine, présidente de la FCPE de l'Ain, à propos de la réforme de la formation des professeurs. 2010 est une année charnière : les masters (bac + 5) n'étant pas encore en place, les étudiants qui ont été reçus au concours n'ont pour l'instant bénéficié d'aucune préparation pédagogique. Et ils se retrouvent dans le grand bain, à plein-temps, face à une classe. Notamment ceux du second degré. « Les intéressés sont plutôt satisfaits. Ils n'ont pas peur », soutient Philippe Sauret, l'Inspecteur d'académie (IA) suite à deux réunions avec eux. « Ces allers-retours entre pratique et réflexion, avec un accompagnement, sont formateurs. Et au début, comme dans de nombreux métiers, il faut bien se jeter à l'eau ». En guise de maître-nageur, un tuteur. « À la rentrée, il n'y en aura pas assez », prédit Nicolas Jambon du syndicat Snes-FSU qui dénonce « une gestion irresponsable » et appelle à la grève lundi. Réponse de l'IA : « ça coince dans le secondaire. Mais les derniers tuteurs sont en train de se désigner. » Une pénurie de remplaçants ? Sylvie Jackowski (SE-Unsa) s'attend à « un recrutement énorme de contractuels » pour absorber le nombre d'heures de remplacement dans l'Ain. « En tant que prof de maths, je n'ai pas intérêt à tomber malade après la rentrée… » renchérit Nicolas Jambon. En l'absence de titulaires, l'Éducation nationale devrait faire appel à « des étudiants et des enseignants à la retraite » et combler « les 3 % de marge d'ajustement » grâce à un recrutement via le Pôle emploi. « Il n'y aura pas de diminution » assure Philippe Sauret qui ne trouve « pas scandaleux » de faire ainsi appel à d'autres personnels « dès lors qu'ils sont qualifiés ».
Carte scolaire : « 7 ou 8 situations à suivre ». « On verra ». Syndicats et administration s'accordent à dire qu'il faut voir les décomptes de la rentrée avant de parler ouvertures et fermetures de classes. Philippe Sauret : « J'en ouvrirai là où c'est nécessaire. Déjà, l'Ain gagne 43 postes dans le 1er degré. C'est beaucoup. Il reste 7 ou 8 situations à suivre. De toute façon, je ne laisserai personne dans une position intenable. Mon critère numéro 1, ce sont les besoins des élèves. En assurant l'équité. »
Le second degré souffre. Maternelles et primaires seront relativement épargnées par la rigueur. En revanche, et comme annoncé, le second degré va souffrir. Huit postes s'évaporent, environ 600 élèves affluent. L'IA en convient et veut optimiser la prise en charge des élèves tout en utilisant les moyens disponibles en redéfinissant les priorités. « Par exemple, en mettant en place l'accompagnement éducatif en seconde ». Ce qui fait dire à Claudie Renoton-Lépine que la situation est « schizophrénique car on dit d'un côté que les rythmes scolaires sont trop durs et de l'autre, on allonge les journées ».
Le défi de l'orientation en seconde. Les nouveaux programmes dits « d'exploration » de seconde ont été conçus pour élargir l'éventail de matières et donc de voies pour le lycéen. S'ils ont mis la pagaille chez les éditeurs de manuels scolaires, ils permettent cependant une meilleure orientation et la possibilité d'en changer. Philippe Sauret s'y retrouve : « c'est le symbole de l'école qui aide. 65 % d'une classe d'âge qui obtient le bac, ce n'est pas assez. On doit faire mieux ».
Grève : les retraites s'invitent en classe les 6 et 7 septembre
Aujourd'hui, une lettre ouverte aux parents sera distribuée par le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU afin de leur expliquer le pourquoi de la grève unitaire du 7 septembre ainsi que celle de la veille dans le secondaire, à l'appel du Snes-FSU. « Dans l'éducation, c'est du jamais vu, une grève n'a jamais eu lieu aussi tôt, assure Pascal Baudet, co-secrétaire départemental du SNUipp-FSU. La question des retraites est centrale et a un impact direct sur l'éducation. Avec le rituel du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, l'avenir s'annonce sanglant pour l'école ! ». Classique. Comme l'an dernier, 16 000 postes doivent disparaître en France. Et pour atteindre l'objectif fixé par le gouvernement, des leviers qui inquiètent Pascal Baudet : « d'abord, il y a la fin de la scolarisation avant 3 ans, mais l'Ain figure déjà parmi les départements ayant le taux le plus faible (10 %). Autre solution : l'utilisation de contractuels pour les remplacements ». Sylvie Jackowski, secrétaire du SE-Unsa 01 et Nicolas Jambon (Snes-FSU) font cause commune : « l'académie va faire face à une pénurie des titulaires-remplaçants dans de nombreuses matières (maths, techno, musique, philo, etc.) ». « Ce n'est pas simple de trouver des vacataires pour l'Ain quand on sait qu'ils sont souvent basés à Lyon et pas défrayés. Donc peu enclins à se déplacer pour 5 heures de cours, analyse Sylvie Jackowski. Pourtant, avec la réforme de la formation des maîtres, on risque de voir l'émergence de diplômés en Master (bac + 5) taillables et corvéables à merci, parce que recalés au concours ». Nouvelle impasse du côté de la suppression des intervenants en langues car il n'y en a déjà plus dans l'Ain…
Reste les Réseaux d'aide spécialisée aux enfants en difficulté (Rased) dont un tiers des effectifs a été supprimé il y a deux ans. À l'époque, une levée de boucliers avait fait reculer le ministre Darcos. « On est de nouveau très inquiets car sur 100 postes, 21 seront vacants à la rentrée, faute de candidats formés. Ce n'est pas dû au hasard, l'Inspection académique n'a pas cherché à favoriser ces formations » estime Pascal Baudet.
Dernière piste envisagée, et non des moindres, l'augmentation du nombre d'élèves par classe. Mais il s'agit d'une solution qui a le don de faire bondir les parents. Sylvie Jackowski voit, dans cet émoi, une explication au fait que le primaire est moins touché que le secondaire.

(source : Antoine Delsart, Le Progrès, 2 septembre 2010)

mercredi 1 septembre 2010

Triple sabotage

(source : Le Canard Enchaîné, 1er septembre 2010)

Pinocchio

Depuis hier Luc Chatel fait le tour des ondes pour nier effrontément les réalités de cette nouvelle rentrée. Petit tour d'horizon des mensonges ministériels :
- "on ne lâche pas les professeurs comme ça sans aucune formation" ;
- "les stagiaires seront encadrés par des tuteurs toute l'année" ;
- la réforme de la masterisation permet l' "élévation du niveau de qualification" et une "formation dans la réalité de la classe" ;
- "près du quart des enseignants (190.000) verront leur situation financière s'améliorer de façon concrète" ;
- "mieux rémunérés […], les enseignants seront plus en mesure de s'investir pleinement dans leur mission" ;
- "la question des moyens n'est pas la réponse aux problèmes de l'Education nationale aujourd'hui" ;
- la "méritocratie [est] le fondement même de notre école " ;
- "si j’ai une conviction, c’est que notre école a moins besoin de grand soir que de petits matins quotidiens" ;
- "une finalité conduit mon action : passer de l’école pour tous à la réussite de chacun".

Sur un point seulement Pinocchio accepte de reconnaître la vérité, quand il concède : " nous appliquons le cap qui a été voulu par le président de la République".

Mobilisation de rentrée

Pour cette rentrée 2010 le collège de Vonnas a été rebaptisé collège du Renon, du nom de la rivière qui coule à proximité. La façade est inchangée mais, derrière, la situation s'est encore dégradée, conséquence de la politique suivie par les gouvernements qui se succèdent depuis maintenant trois ans sous la houlette du couple Sarkozy-Fillon. En prévision des deux journées de grève des 6 et 7 septembre, le personnel du collège tient à alerter les parents sur les conséquences d'une politique qui ne permet plus aujourd'hui d'assurer, à Vonnas et ailleurs, un service public d'Education de qualité.
Premier T.D. de l'année : opération pliage... pour s'échauffer.

notre manschaft en plein effort

Première rentrée

(source : Le Canard Enchaîné, 1er septembre 2010)