dimanche 25 octobre 2009

Copé veut changer l'école

Jeudi soir, dans les salons du très chic hôtel Méridien de Paris, Jean-François Copé réunissait ses amis de Génération France, l'écurie qui, espère-t-il, devrait le conduire à l'Elysée en 2017. Sujet de la soirée, à laquelle assistaient notamment Luc Chatel, co-fondateur de Génération France - il n'est jamais trop tôt pour songer à l'avenir - et Richard Descoings : "L'école en France : peut mieux faire ?" L'ambitieux Marc-Antoine meldois en a profité pour aborder les questions sensibles, comme celles de l'autonomie et des pouvoirs des chefs d'établissements, dont il a estimé qu'ils devaient avoir les "mains libres", notamment pour le recrutement de leurs personnels. Le matin même, dans les colonnes du Parisien, il plaidait déjà en faveur du renforcement des pouvoirs des "patrons" : "il faut mettre en place une vraie politique des ressources humaines pour les professeurs. Aujourd’hui, la gestion des ressources humaines, à l’Education nationale, c’est la combinaison d’un ordinateur et des syndicats. On ne peut plus continuer comme ça. Il faut déconcentrer cette gestion, au minimum au niveau du rectorat. D’autre part, il faut donner aux chefs d’établissement une vraie liberté de recrutement pour qu’ils puissent constituer leur équipe."
Il a également vanté le rôle de l'expérimentation au sein des établissements et fait la promotion de sa dernière idée fumante pour favoriser la "mixité sociale": regrouper au sein d'un même collège tous les élèves de même classe de la ville... une dernière proposition dont on peut se demander quelle application elle aurait à la campagne. Imaginons en effet dans le bassin Ain-ouest, les élèves de 6e à Vonnas, les 5e à Pont-de-Veyle, les 4e à Chatillon-sur-Chalaronne et les 3e à Montrevel... et tout plein d'autocars circulant dans tous les sens, certainement suivis par les voitures des profs. Si c'est çà la mobilité dont l'Inspecteur d'Académie nous vantait les bienfaits lors de sa venue en septembre, ça risque d'être drôle.
En introduisant le débat, après la projection du film "La journée de la jupe", J.F. Copé a déclaré : "l'école reste le monopole des spécialistes. On en parle entre spécialistes. On a tous un avis sur l'école, soit en tant qu'ancien élève, soit en tant qu'enseignant, que parent mais si on n'est pas du sérail on ne peut pas parler. Et moi j'ai pensé qu'il était indispensable que Génération France, qui traite toujours de sujets un peu décalés, mette les pieds dans le plat dans la question de l'école." Ils ont donc mis les pieds dans le plat... mais avec leurs gros sabots. L'école ne doit pas être une affaire de spécialistes qui ne connaissent rien à ses réalités, mais son avenir ne peut non plus être laissé entre les mains des tenants de l'hyperlibéralisme.
Jean-François Copé développe sa conception de l'école dans un article publié sur http://www.slate.fr/story/12105/dedramatisons-lecole?page=0,0

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