jeudi 12 novembre 2009

Pilule amère

Ségolène Royal a annoncé aujourd'hui son intention de faire distribuer "en début de semaine prochaine", dans tous les lycées de son fief picto-charentais et par l'intermédiaire des infirmières scolaires, des "chèques-contraception". La Dame du Poitou entend ainsi "lutter contre les grossesses précoces des filles mineures", objectif louable. Chaque carnet gratuit devrait comporter quatre tickets : le premier permettra aux bénéficiaires "d'aller faire une consultation médicale gratuite", le deuxième "d'accéder à l'achat de contraceptifs", le troisième de "faire des analyses médicales" et dernier sera un bon "pour une visite de contrôle".

La réponse du ministère à la Présidente n'a pas tardé. Et c'est clairement une fin de non recevoir. "L'Éducation nationale n'a pas à se substituer au planning familial [seul] autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur" a déclaré Luc Chatel, lui même heureux papa de quatre enfants : "je considère que le lycée est un lieu d'éducation. Je crois à l'accompagnement et à l'écoute. Éduquer, c'est être responsable et cela ne peut se résumer à distribuer un chèque (...). Dans chaque lycée existe un conseil d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui, avec nos personnels de santé de l'Éducation nationale, apporte des conseils aux élèves en matière de sexualité".

Faisons toutefois remarquer au ministre que les lycées étant la propriété des Conseils régionaux, libre à ceux ci d'y organiser toutes les campagnes de prévention qu'ils estiment nécessaires, à la fois en matière de santé, de comportements à risque, de sécurité routière, etc, etc. Pour l'heure l'opération semble donc avoir capoté et Ségolène estime ce soir que "la déclaration de Luc Chatel confirme bien qu'il a bloqué cette action. C'est désolant" conclue-t-elle.
o.g.

mercredi 11 novembre 2009

Un député UMP remet en question les suppressions de postes

Le site Médiapart rapporte dans son édition d'aujourd'hui les propos du député UMP Yves Censi, qui s'inquiète ouvertement du rythme des suppressions de postes dans l'Education Nationale. A la veille de la discussion du budget de l'enseignement scolaire le député de l'Aveyron, également rapporteur de la commission des finances, se demande en effet si, après trois années de coupes sombres qui ont entraîné la disparition de 35.000 postes d'enseignants depuis 2007, il est opportun d'envisager la disparition prochaine de 16.000 postes supplémentaires, ce qui représenterait près de la moitié des postes supprimés en 2010 dans la fonction publique : "les gains de productivité semblent avoir été réalisés, écrit Yves Censi. Si l'on veut par la suite continuer à diminuer les emplois, dans une optique de réduction de la dépense publique à long terme, il faudra alors modifier en profondeur le système éducatif et les méthodes d'enseignement (...). Il paraît difficile de maintenir la réalisation des programmes scolaires et le fonctionnement actuel des établissements en allant au-delà dans la diminution des emplois, tant enseignants qu'administratifs". Des propos qui resteront certainement sans suite quand on sait à quel point le gouvernement persiste à rester complètement sourd aux remarques qui émanent de sa propre majorité.
o.g.

mardi 10 novembre 2009

Sarkozy prend un bouillon

A défaut d'avoir été présent à Berlin le 9 novembre 1989 comme il tenté de le faire croire - vilain menteur ! - , Notre Petit Kaiser y était bien hier soir, 9 novembre 2009. Il s'est même essayé à la langue de Goethe. Mais sa tentative fut aussi lamentable que lorsqu'il s'essaya à la langue de Shakespeare lors de la "Magnifical" (sic) visite qu'il rendit à The Queen en mai de l'année dernière. Voulant cette fois ponctuer son discours d'une phrase en allemand, "Wir sind Brüder wir sind Berliner" - "nous sommes frères, nous sommes Berlinois" - il s'est magistralement vautré en clamant haut et fort devant 100.000 Allemands hilares et en mondiovision : "Wir sind Brüher, wir sind Berlin", - "nous sommes du bouillon, nous sommes Berlin". Pour du bouillon, c'était bien du bouillon. N'est pas Kennedy qui veut...


Et oui, l'enseignement des langues a encore beaucoup de progrès à faire. Il y a quelques jours le fidèle Chatel se réjouissait pourtant d'une soit-disante reprise de l'enseignement de l'allemand (15,4 % des collégiens et des lycéens contre 15,2 % en 2006 - 90 567 élèves de sixième en 2009 contre 73 763 en 2003) : "nous voulons donc qu’en France votre langue soit toujours aussi attractive pour nos élèves. Les classes « bilangues » sont l’un des meilleurs leviers de ce renouveau", déclarait-il le 2 novembre devant un aréopage germanique, avant d'assurer que la volonté de son maître vénéré était de soutenir et de promouvoir l'enseignement de l'allemand. Pour le moment, ce n'est pas très concluant. Notre Souverain polyglotte ne semble donc pas plus doué pour les langues (français compris) que pour la chronologie.

L'homme qui abattit le mur de Berlin - source : lepost.fr

o.g.

Chatel à sens unique

Totalement imperméable aux observations qui ont été faites par la Cour des comptes sur la formation progressive de ghettos scolaires, Chatel a déclaré aujourd'hui vouloir "aller au bout de l'assouplissement de la carte scolaire". Selon lui, le fait que 186 collèges "ambition réussite" aient pu perdre jusqu'à 10 % de leurs élèves en 2008 ne pèse rien à côté de la cinquantaine d'établissements qui ont vu augmenter leurs effectifs : "ne voyons pas uniquement le résultat à sens unique" a-t-il conclu, sans rire.
o.g.

lundi 9 novembre 2009

Propaganda

Nous le savons depuis hier : c'est bien Notre Souverain charismatique qui est à l'origine, il y a vingt ans, de la chute du mur de Berlin. Si si, il y était, ce 9 novembre 1989. Une photo le prouve. Et c'est lui qui, en attaquant le mur à coups de burin, à 1,20 m. de hauteur, en a fragilisé les bases, au point de provoquer l'effondrement salvateur qui apporta la liberté aux Allemands de l'Est.
Mais ce n'était pas là son premier exploit en Germanie. Le post.fr publie ce soir un autre document qui démontre que c'est lui aussi qui, en 789, signa le capitulaire Admonition générale ordonnant l'ouverture d'écoles dans tout son royaume.Au début d'une semaine pendant laquelle devrait être célébrée la grande amitié franco-allemande que Notre Glorieux Kaiser prétend incarner, relayons à notre tour les sympathiques propos germanophobes tenus lors de la campagne de 2007. Rares sont en effet les hommes politiques qui soient capables, toute honte bue, de tenir des propos aussi caricaturaux et d'aligner autant d'approximations historiques et de contre vérités.

o.g.

dimanche 8 novembre 2009

Inoculons le mammouth

Il y a quelques minutes, Luc Chatel, qui a retrouvé pour l'occasion sa casquette de ministre de l'Education Nationale, vient d'annoncer dans le journal de France 2 le démarrage prochain, à compter du 25 novembre, d'une campagne de vaccination des élèves contre la grippe A. L'Education Nationale s'associe au ministère de la Santé pour "proposer" cette vaccination aux parents qui le souhaitent. Tous recevront prochainement de leur caisse d'assurance maladie un "bon de vaccination" et un questionnaire de compatiblité. Ceux dont les enfants sont scolarisés en maternelle et en primaire devront se rendre ensuite avec leur progéniture dans les centres de vaccination de proximité. Quant aux collégiens et aux lycéens, ils seront piqués dans leur établissement par les infirmier(e)s scolaires mobilisé(e)s pour l'occasion - pendant ce temps ils ne pourront d'ailleurs plus faire autre chose. Le ministre, qui se fera inoculer la mixture salvatrice plus tard (avec ou sans adjuvant, il ne l'a pas précisé), a rappelé l'importance de ce vaccin pour éviter la propagation du fléau qui, paraît-il, aurait progressé à grands pas ces derniers jours. Mais il s'agit aussi d'écouler à tout prix les 90 millions de doses qui ont été achetées à prix d'or.
o.g.

Pour le Meirieu ou pour le pire

Les Verts n'ont peur ni de la caricature ni du ridicule. Ils viennent de le prouver une fois de plus en décidant, au terme d'une de ces procédures électorales alambiquées dont ils ont le secret, de désigner comme tête de liste du mouvement Europe-Ecologie en Rhône-Alpes pour les prochaines régionales, Philippe Meirieu, le maître à penser des "pédagogos". La simple évocation du nom de cet ancien directeur de l'I.U.F.M. de Lyon (jusqu'en 2006), professeur de Sciences de l'Education à l'université Lumière (Lyon 2), apôtre de la pédagogie différenciée, hérisse le poil à pas mal de gens dans les salles des profs où on l'accuse entre autres choses d'avoir contribué, par ses idées, à la baisse du niveau général des élèves, au recul de l'autorité des profs et au déclin de leurs savoirs disciplinaires. Si les Verts rhônalpins comptent sur ce choix pour s'attirer les suffrages enthousiastes du corps enseignant, ils sont loin d'avoir misé sur le bon cheval.
o.g.

vendredi 6 novembre 2009

Les ghettos de Darcos

Décidément très en forme, la Cour des comptes vient de publier une enquête selon laquelle l'assouplissement de la carte scolaire institué par Darcos contribuerait à la formation progressive de "ghettos scolaires". Ce constat s'appuie sur l'étude de l'évolution de la population scolaire de 254 collèges "ambition réussite", au cours de l'année 2008 : 186 d'entre eux ont perdu des élèves, "ce qui s’est traduit par une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d’inégalités contre lesquels doit lutter la politique d’éducation prioritaire". En clair, les collèges difficiles semblent bien perdre leurs bons élèves, dans la mesure où les parents de ces derniers sont de plus en plus nombreux à faire des demandes de dérogation pour que leurs rejetons puissent poursuivre leur scolarité des établissements plus fréquentables. Et en moyenne deux demandes sur trois sont acceptées. Résultat, certains bahuts ont pu perdre jusqu'à 10 % de leurs élèves et parfois la situation s'est tellement dégradée qu'elle a pu conduire à la fermeture de l'établissement, comme cela a été le cas au collège Paul Giéra à Avignon. En proposant la suppression de la carte scolaire lors de la campagne de 2007, Sarkozy prétendait offrir une liberté de choix aux parents sans remettre en question la mixité sociale et scolaire. Les plus éclairés avaient flairé l'escroquerie électoraliste - une de plus. Deux ans après, les faits leur donnent raison.

(Source : Le Parisien / Aujourd'hui en France ; 6 novembre 2009)

o.g.

jeudi 5 novembre 2009

Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

ça plane sévère au ministère de l'Education Nationale. Après avoir annoncé hier matin sur I-Télé la prochaine tenue de débats identitaires à l'école, l'improbable ministre Chatel tenait le soir même sur Public Sénat des propos complètement à l'opposé de ses délires matutinaux. Sur sa volonté de faire chanter la Marseillaise à l'école : « pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr qu’il faille le contraindre dans le cadre de l’emploi du temps », même s'il estime toujours qu'elle "est plutôt faite pour être chantée que pour être lue". A propos du débat sur l'identité nationale qu'il prétendait quelques heures plus tôt vouloir introduire dans les classes : « on ne va pas organiser des débats sur l’identité nationale à l’école [mais les professeurs d’instruction civique ou d’histoire pourraient] s’ils le souhaitent aborder ces sujets ». Comme le déclarait sentencieusement le duc de la Rochefoucauld - contemporain de cette chère Mme de Lafayette - l'inconstance qui vient de la légèreté de l'esprit ou de la faiblesse fait recevoir toutes les opinions d'autrui.
o.g.

mercredi 4 novembre 2009

Chatel Dupont-Lajoie

ça commence à virer à l'obsession. Le gouvernement a l'intention d'étendre à l'école le débat sur l'identité nationale. C'est ce qu'a déclaré Chatel ce matin sur I-télé : "oui, nous allons participer. Moi-même, je vais participer" a-t-il dit en annonçant que des débats identitaires se dérouleraient dans le cadre de l'éducation civique, sans apporter par ailleurs d'autres précisions, affirmant faire "totalement confiance aux enseignants en la matière". Comme si les profs n'avaient pas autre chose à faire que de servir la soupe au gouvernement en relayant un débat aussi imbécile qu'inutile.

Qu'on se le dise : l'identité nationale n'existe pas parce qu'elle ne peut pas être définie. Par son histoire, par sa géographie, par ses paysages, par son peuplement, par sa culture, par sa langue même, la France est faite de diversités qui ne sauraient être réduites à un concept uniforme. Il est temps de lire - ou de relire - Braudel !
o.g.

mardi 3 novembre 2009

L'identité nationale passe aussi par l'orthographe

"On va travailler sur le pluriel des noms composés et sur le participe présent", annonce la prof de français à une douzaine d'élèves sagement assis devant elle.
Y aurait-il dans notre bon pays des profs qui ont la chance d'enseigner à des classes aux effectifs allégés ? Ne rêvons pas. Il s'agit donc d'un cours de soutien pour des élèves de sixième ? Que nenni. La scène se déroule dans une salle de l'université d'Angers et les élèves sont des étudiants en première année de psycho, filière fourre-tout de nos facs où échouent chaque année de trop nombreux étudiants qui n'ont de bacheliers que le nom. Une enquête conduite dans cette université a en effet révélé que 50 % des étudiants qui sont entrés en lettres cette année ont obtenu moins de 10/20 aux épreuves anticipées de français du bac ! A la rentrée de septembre tous ont donc été soumis à un test d'orthographe et de grammaire avant de devoir faire une rédaction, des exercices d'un niveau fin de collège. Et, impitoyable, le couperet s'est abattu sur la tête de 286 d'entre-eux - sur un millier : ceux qui ont eu moins de 12 à une épreuve ont écopé d'une heure de travaux dirigés obligatoire par semaine et ceux qui ont eu moins de 12 aux deux épreuves, deux heures.
C'est que la situation est devenue catastrophique dans nos universités où les étudiants sont de plus en plus nombreux à être incapables de prendre des notes, de comprendre et résumer des ouvrages de base, de rédiger correctement une copie sans faire de faute d'orthographe ou de syntaxe, ou de construire un raisonnement clairement argumenté, de mettre en mots leur pensée. Selon le linguiste Alain Bentolila, prof à la Sorbonne, 15 à 20 % des étudiants des filières littéraires ont de telles lacunes qu'ils ne sont pas en mesure de répondre à ces exigences de base. Première conséquence : 60 % d'échec dès la première année dans les filières de lettres et de sciences humaines. Deuxième conséquence, des copies et des mémoires truffés de fautes et de passages totalement incompréhensibles, y compris dans des mémoires de M1 ou de M2. "Les copies des étudiants nous tombent parfois des mains" déclare à ce propos la directrice adjointe du département des lettres de la fac angevine.

La faute à qui ? Le box des accusés est plein. S'y côtoient pêle-mêle la méthode globale, le collège unique, les programmes surchargés de l'école primaire qui sacrifient le français et les maths au développement durable ou à la sécurité routière, le passage automatique dans la classe supérieure, les classes surchargées, la diminution des horaires de français au collège, les correcteurs d'orthographe, sans oublier les nouveaux moyens de communication et le langage SMS. Mais dans le cas présent, celui des étudiants qui échouent à l'université parce qu'ils ne sont pas en mesure de suivre et de répondre aux exigences des études supérieures, il faut d'abord pointer du doigt l'Education Nationale qui, en dévaluant un baccalauréat qu'il faut maintenant attribuer coûte que coûte à 80 % d'une classe d'âge, en a fait un leurre. On fait croire aux bacheliers qu'ils ont réussi après 15 années passées sur les bancs de l'école de la République tout en les conduisant à l'échec à un moment où il est trop tard pour échouer.


Alors à quoi bon vouloir débattre d'identité nationale quand on constate qu'une part croissante de la jeunesse ne maîtrise plus les bases de la langue française au point de ne plus être capable de s'exprimer correctement par écrit, de se faire comprendre, d'avoir une pensée argumentée et de la faire partager ?
o.g.

lundi 2 novembre 2009

Nicolas, nous voilà !

C'est aujourd'hui que s'ouvre en Sarkozie le grand débat sur l'identité nationale, si cher à l'empathique M. Besson. Nous sommes allés faire un petit retour sur le site spécialement dédié par le ministère éponyme et y avons repéré trois propositions sur sept qui concernent directement ou indirectement l'école.
1°) pour "faire connaître et partager l'identité nationale" : "ouvrir aux parents les écoles dans lesquelles sont scolarisés les enfants afin de les familiariser aux valeurs de la République" ;
2°) "pour valoriser l'identité nationale" : "prévoir que l’ensemble des jeunes français devront chanter au moins une fois par an, le cas échéant, après une séance pédagogique sur ce thème, l’hymne national" ;
3°) sur le même sujet : "mettre en place, dans toutes les préfectures de département, de cours d’instruction civique, ouverts à tous".

On pourrait peut être y rajouter le salut au drapeau tous les matins, l'art de rédiger sans faute une lettre de délation, la création de chantiers de jeunesse sarkozistes, l'instauration de cours d'économie domestique pour les filles, un portrait de Notre Guide dans toutes les salles de classe, l'étude des oeuvres complètes de Carlita en cours de musique, etc, etc.

o.g.

dimanche 1 novembre 2009

L'école les rend fous !

(Source : Marianne ; 31 octobre - 6 novembre 2009)

samedi 31 octobre 2009

Allons Z'enfants... (suite)

Une semaine après que le très national-sarkozyste Besson ait exprimé le souhait que les écoliers français chantent au moins une fois par an l'hymne national, un sondage commandé par Ouest-France révèle que 77% des Français se déclarent favorables à ce que les enfants apprennent "La Marseillaise" à l'école. Par contre 22% des interrogés se disent opposés à cet apprentissage obligatoire et 1% ne se prononce pas. Et oui, le populisme ça paie. A quand le coffret pédagogique avec un CD ou un DVD de Carla Bruni gémissant sur notre étendard sanglant ? Ce sera moins agressif que d'entendre Mireille Mathieu mugir dans nos campagnes.
o.g.

Halloween


jeudi 29 octobre 2009

La réforme de la formation critiquée par l'Académie des Sciences

"Dans un "avis" publié le mercredi 28 octobre, l'Académie des sciences critique la réforme de la formation des enseignants (dite "mastérisation") engagée par le gouvernement.
Elle soutient le principe de recrutement des professeurs "
au niveau master et par concours", mais appelle les ministères de l'éducation et de l'enseignement supérieur à revoir leur position sur la date des concours d'enseignement dans le cursus des candidats. Avec le poids particulier qui est le sien, cette institution joint ainsi sa voix à celles de la plupart des protagonistes de ce dossier. Ces derniers réclament que les épreuves d'admissibilité aux concours d'enseignement soient placées en fin de première année de master (M1) et non, comme prévu actuellement, en deuxième année (M2) (...).

L'Académie observe que le concours en M2 "pose de grandes difficultés" et "souligne avec insistance" qu'une admissibilité "au plus tard" en fin de M1 "peut seule permettre" une réelle utilisation universitaire de cette année, une gestion des flux de candidats et une bonne organisation des stages. S'agissant des masters des futurs professeurs du secondaire, elle " rappelle la nécessité de positionner soigneusement" cette nouvelle voie par rapport à celles conduisant à la recherche. Pour le professorat des écoles, elle souhaite que les masters soient précédés par des "licences pluridisciplinaires de qualité" délivrant une "formation généraliste". Pour l'agrégation, elle réclame un dispositif permettant aux "meilleurs étudiants" de présenter ce concours avant l'obtention du master. Enfin, l'Académie des sciences préconise la mise en place d'un dispositif contractuel d'allocataire dès la deuxième année de licence à l'intention des "jeunes de bon niveau, attirés par l'enseignement mais que dissuade la longueur des études".

Des nombreuses critiques portées sur cette réforme, celle qui vise la date des concours est la plus partagée, en raison de la "saturation" de l'année de M2, qui imposerait aux étudiants de finaliser leur master et de passer le concours, tout en effectuant des stages dans des établissements scolaires. Une autre interrogation porte sur le sort des titulaires de masters recalés au concours : leur réorientation serait problématique. Beaucoup pensent qu'ils seraient quand même recrutés par l'éducation nationale en marginalisant le système des concours.
Malgré les démentis du gouvernement et bien qu'aucun grand syndicat d'enseignants n'ait relayé leur inquiétude, cette analyse s'est imposée au sein du monde universitaire.
"

(Source : L. Cédelle, Le Monde.fr, 29 octobre 2009)

Délires pédagogogiques

(Source : Le Canard Enchaîné, 28 octobre 2009)

mercredi 28 octobre 2009

Douche froide

Alors que la polémique enfle autour de la question des dépenses exhorbitantes engagées pour la Gloire de notre Leader Intergalactique à l'occasion du sommet de la Méditerranée (16 millions pour deux jours de vaines palabres), Luc Chatel est monté au créneau avec sa mauvaise foi habituelle pour dénoncer les mensonges des médias mal-intentionnés à propos des 245.572 € qu'aurait coûté l'installation d'une douche pour Sa Rutilante Altesse. Dans une conférence de presse, le porte-boniments du gouvernement a expliqué que ces 245.572 € n'étaient pas le coût d'une simple douche, mais de salles de rencontres bilatérales. Pourtant, le rapport de la Cour des Comptes que s'est procuré Médiapart, le site qui a levé le lièvre, est clair. On y lit: "huit salons d'entretiens bilatéraux avec salle de douche attenante". Mais cela ne change rien : quand il s'agit de l'argent du contribuable, Sarko Ier s'en lave les mains... et le reste. Alors que son prédécesseur était surnommé "10 mn, douche comprise", certains commencent déjà à appeler notre Savonnette élyséenne "16 millions, douche comprise".

Le Snes dénonce le recours aux stagiaires bouche-trous

Une des premières conséquences de la réforme de la formation des profs est la suppression des stages en responsabilité à l'issue du concours. Pendant un an, en attendant leur titularisation, les profs stagiaires avaient en effet en charge une ou plusieurs classes, six heures par semaine en partenariat avec un prof tuteur qui les accompagnait pendant cette première année d'exercice. Désormais, la durée de ce stage sera de 108 heures maximum, payées 3000 €, qui devront être assurées pendant la formation, alors que les étudiants préparent leur concours et leur master 2. Une fois le concours obtenu ils seront "lâchés" sans assistance, à temps plein, face aux élèves. Compte tenu de la disparition des profs remplaçants (3000 postes supprimés), le risque est réel que ces stagiaires, que l'institution n'entend plus considérer comme des profs en formation mais comme de simples moyens de remplacement, soient utilisés comme bouche-trous au gré des besoins des établissements pour pallier aux absences et aux congés maladies des profs. C'est pour dénoncer celà que, le 19 octobre, le SNES a adressé un courrier à ses membres, en leur demandant de refuser d'assurer l'encadrement des étudiants qui seraient envoyés dans leur établissement dans le cadre de ces stages en responsabilité. A l'heure où l'on supprime des postes, ce syndicat y voit en effet "une façon détournée de recourir à du personnel précaire, d’utiliser - certains pourront dire exploiter - des étudiants-stagiaires sous-payés pour assurer des missions de remplacement". S'ils ratent leurs concours, poursuit le syndicat, ces étudiants "seront des candidats tout trouvés pour devenir vacataires ou contractuels." Le SNES appelle donc ses adhérents à ne pas se porter volontaires pour assurer le tutorat de ces stagiaires, et à signer une pétition qui sera envoyée au Rectorat de Lyon.

lundi 26 octobre 2009

Le blues des profs

Le site Café-Pédagogique.net révèle les résultats d'une enquête selon laquelle deux profs du secondaire sur trois se sentent concernés par le malaise enseignant. 7% seulement pensent que ce malaise n'existe pas, mais plus des deux tiers (67 %) se sentent personnellement concernés par lui. Ce nombre important illustre une véritable dégradation du métier : ils n'étaient "que" 53 % à connaître ce malaise en 2005. Plus que les conditions de rémunération ou des conditions de travail, c'est le manque de reconnaissance professionnelle qui est dénoncé par les enseignants des collèges et des lycées. Un prof sur trois (30 %) envisage carrément de quitter le métier. La moitié souhaiterait rester dans l'éducation nationale, l'autre moitié un travail hors éducation. Seulement 32 % pensent que leurs élèves s'intéressent à leur discipline et à ses objectifs intellectuels et formateurs, et presqu'autant (28 %) regrettent la passivité de leurs élèves. Près de la moitié des interrogés dénoncent aussi la présence d'éléments perturbateurs dans leur classe. En tête des difficultés du métier, les profs dénoncent la gestion de l'hétérogénéité et la difficulté à atteindre les objectifs de travail dans le temps prévu à cause des programmes trop lourds. En bref, c'est pas la joie !