La réponse du ministère à la Présidente n'a pas tardé. Et c'est clairement une fin de non recevoir. "L'Éducation nationale n'a pas à se substituer au planning familial [seul] autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur" a déclaré Luc Chatel, lui même heureux papa de quatre enfants : "je considère que le lycée est un lieu d'éducation. Je crois à l'accompagnement et à l'écoute. Éduquer, c'est être responsable et cela ne peut se résumer à distribuer un chèque (...). Dans chaque lycée existe un conseil d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui, avec nos personnels de santé de l'Éducation nationale, apporte des conseils aux élèves en matière de sexualité".
jeudi 12 novembre 2009
Pilule amère
mercredi 11 novembre 2009
Un député UMP remet en question les suppressions de postes
Le site Médiapart rapporte dans son édition d'aujourd'hui les propos du député UMP Yves Censi, qui s'inquiète ouvertement du rythme des suppressions de postes dans l'Education Nationale. A la veille de la discussion du budget de l'enseignement scolaire le député de l'Aveyron, également rapporteur de la commission des finances, se demande en effet si, après trois années de coupes sombres qui ont entraîné la disparition de 35.000 postes d'enseignants depuis 2007, il est opportun d'envisager la disparition prochaine de 16.000 postes supplémentaires, ce qui représenterait près de la moitié des postes supprimés en 2010 dans la fonction publique : "les gains de productivité semblent avoir été réalisés, écrit Yves Censi. Si l'on veut par la suite continuer à diminuer les emplois, dans une optique de réduction de la dépense publique à long terme, il faudra alors modifier en profondeur le système éducatif et les méthodes d'enseignement (...). Il paraît difficile de maintenir la réalisation des programmes scolaires et le fonctionnement actuel des établissements en allant au-delà dans la diminution des emplois, tant enseignants qu'administratifs". Des propos qui resteront certainement sans suite quand on sait à quel point le gouvernement persiste à rester complètement sourd aux remarques qui émanent de sa propre majorité.mardi 10 novembre 2009
Sarkozy prend un bouillon

L'homme qui abattit le mur de Berlin - source : lepost.fr
o.g.
Chatel à sens unique
lundi 9 novembre 2009
Propaganda
Mais ce n'était pas là son premier exploit en Germanie. Le post.fr publie ce soir un autre document qui démontre que c'est lui aussi qui, en 789, signa le capitulaire Admonition générale ordonnant l'ouverture d'écoles dans tout son royaume.
Au début d'une semaine pendant laquelle devrait être célébrée la grande amitié franco-allemande que Notre Glorieux Kaiser prétend incarner, relayons à notre tour les sympathiques propos germanophobes tenus lors de la campagne de 2007. Rares sont en effet les hommes politiques qui soient capables, toute honte bue, de tenir des propos aussi caricaturaux et d'aligner autant d'approximations historiques et de contre vérités.dimanche 8 novembre 2009
Inoculons le mammouth
Le ministre, qui se fera inoculer la mixture salvatrice plus tard (avec ou sans adjuvant, il ne l'a pas précisé), a rappelé l'importance de ce vaccin pour éviter la propagation du fléau qui, paraît-il, aurait progressé à grands pas ces derniers jours. Mais il s'agit aussi d'écouler à tout prix les 90 millions de doses qui ont été achetées à prix d'or.Pour le Meirieu ou pour le pire
vendredi 6 novembre 2009
Les ghettos de Darcos
(Source : Le Parisien / Aujourd'hui en France ; 6 novembre 2009)
o.g.
jeudi 5 novembre 2009
Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?
ça plane sévère au ministère de l'Education Nationale. Après avoir annoncé hier matin sur I-Télé la prochaine tenue de débats identitaires à l'école, l'improbable ministre Chatel tenait le soir même sur Public Sénat des propos complètement à l'opposé de ses délires matutinaux. Sur sa volonté de faire chanter la Marseillaise à l'école : « pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr qu’il faille le contraindre dans le cadre de l’emploi du temps », même s'il estime toujours qu'elle "est plutôt faite pour être chantée que pour être lue". A propos du débat sur l'identité nationale qu'il prétendait quelques heures plus tôt vouloir introduire dans les classes : « on ne va pas organiser des débats sur l’identité nationale à l’école [mais les professeurs d’instruction civique ou d’histoire pourraient] s’ils le souhaitent aborder ces sujets ». Comme le déclarait sentencieusement le duc de la Rochefoucauld - contemporain de cette chère Mme de Lafayette - l'inconstance qui vient de la légèreté de l'esprit ou de la faiblesse fait recevoir toutes les opinions d'autrui.mercredi 4 novembre 2009
Chatel Dupont-Lajoie
ça commence à virer à l'obsession. Le gouvernement a l'intention d'étendre à l'école le débat sur l'identité nationale. C'est ce qu'a déclaré Chatel ce matin sur I-télé : "oui, nous allons participer. Moi-même, je vais participer" a-t-il dit en annonçant que des débats identitaires se dérouleraient dans le cadre de l'éducation civique, sans apporter par ailleurs d'autres précisions, affirmant faire "totalement confiance aux enseignants en la matière". Comme si les profs n'avaient pas autre chose à faire que de servir la soupe au gouvernement en relayant un débat aussi imbécile qu'inutile.
Qu'on se le dise : l'identité nationale n'existe pas parce qu'elle ne peut pas être définie. Par son histoire, par sa géographie, par ses paysages, par son peuplement, par sa culture, par sa langue même, la France est faite de diversités qui ne sauraient être réduites à un concept uniforme. Il est temps de lire - ou de relire - Braudel !mardi 3 novembre 2009
L'identité nationale passe aussi par l'orthographe
"On va travailler sur le pluriel des noms composés et sur le participe présent", annonce la prof de français à une douzaine d'élèves sagement assis devant elle.
La faute à qui ? Le box des accusés est plein. S'y côtoient pêle-mêle la méthode globale, le collège unique, les programmes surchargés de l'école primaire qui sacrifient le français et les maths au développement durable ou à la sécurité routière, le passage automatique dans la classe supérieure, les classes surchargées, la diminution des horaires de français au collège, les correcteurs d'orthographe, sans oublier les nouveaux moyens de communication et le langage SMS. Mais dans le cas présent, celui des étudiants qui échouent à l'université parce qu'ils ne sont pas en mesure de suivre et de répondre aux exigences des études supérieures, il faut d'abord pointer du doigt l'Education Nationale qui, en dévaluant un baccalauréat qu'il faut maintenant attribuer coûte que coûte à 80 % d'une classe d'âge, en a fait un leurre. On fait croire aux bacheliers qu'ils ont réussi après 15 années passées sur les bancs de l'école de la République to
ut en les conduisant à l'échec à un moment où il est trop tard pour échouer.
Alors à quoi bon vouloir débattre d'identité nationale quand on constate qu'une part croissante de la jeunesse ne maîtrise plus les bases de la langue française au point de ne plus être capable de s'exprimer correctement par écrit, de se faire comprendre, d'avoir une pensée argumentée et de la faire partager ?
lundi 2 novembre 2009
Nicolas, nous voilà !
C'est aujourd'hui que s'ouvre en Sarkozie le grand débat sur l'identité nationale, si cher à l'empathique M. Besson. Nous sommes allés faire un petit retour sur le site spécialement dédié par le ministère éponyme et y avons repéré trois propositions sur sept qui concernent directement ou indirectement l'école.
On pourrait peut être y rajouter le salut au drapeau tous les matins, l'art de rédiger sans faute une lettre de délation, la création de chantiers de jeunesse sarkozistes, l'instauration de cours d'économie domestique pour les filles, un portrait de Notre Guide dans toutes les salles de classe, l'étude des oeuvres complètes de Carlita en cours de musique, etc, etc.
o.g.
dimanche 1 novembre 2009
samedi 31 octobre 2009
Allons Z'enfants... (suite)
Une semaine après que le très national-sarkozyste Besson ait exprimé le souhait que les écoliers français chantent au moins une fois par an l'hymne national, un sondage commandé par Ouest-France révèle que 77% des Français se déclarent favorables à ce que les enfants apprennent "La Marseillaise" à l'école. Par contre 22% des interrogés se disent opposés à cet apprentissage obligatoire et 1% ne se prononce pas. Et oui, le populisme ça paie. A quand le coffret pédagogique avec un CD ou un DVD de Carla Bruni gémissant sur notre étendard sanglant ? Ce sera moins agressif que d'entendre Mireille Mathieu mugir dans nos campagnes. jeudi 29 octobre 2009
La réforme de la formation critiquée par l'Académie des Sciences
Elle soutient le principe de recrutement des professeurs "au niveau master et par concours", mais appelle les ministères de l'éducation et de l'enseignement supérieur à revoir leur position sur la date des concours d'enseignement dans le cursus des candidats. Avec le poids particulier qui est le sien, cette institution joint ainsi sa voix à celles de la plupart des protagonistes de ce dossier. Ces derniers réclament que les épreuves d'admissibilité aux concours d'enseignement soient placées en fin de première année de master (M1) et non, comme prévu actuellement, en deuxième année (M2) (...).
L'Académie observe que le concours en M2 "pose de grandes difficultés" et "souligne avec insistance" qu'une admissibilité "au plus tard" en fin de M1 "peut seule permettre" une réelle utilisation universitaire de cette année, une gestion des flux de candidats et une bonne organisation des stages. S'agissant des masters des futurs professeurs du secondaire, elle " rappelle la nécessité de positionner soigneusement" cette nouvelle voie par rapport à celles conduisant à la recherche. Pour le professorat des écoles, elle souhaite que les masters soient précédés par des "licences pluridisciplinaires de qualité" délivrant une "formation généraliste". Pour l'agrégation, elle réclame un dispositif permettant aux "meilleurs étudiants" de présenter ce concours avant l'obtention du master. Enfin, l'Académie des sciences préconise la mise en place d'un dispositif contractuel d'allocataire dès la deuxième année de licence à l'intention des "jeunes de bon niveau, attirés par l'enseignement mais que dissuade la longueur des études".
Des nombreuses critiques portées sur cette réforme, celle qui vise la date des concours est la plus partagée, en raison de la "saturation" de l'année de M2, qui imposerait aux étudiants de finaliser leur master et de passer le concours, tout en effectuant des stages dans des établissements scolaires. Une autre interrogation porte sur le sort des titulaires de masters recalés au concours : leur réorientation serait problématique. Beaucoup pensent qu'ils seraient quand même recrutés par l'éducation nationale en marginalisant le système des concours.
Malgré les démentis du gouvernement et bien qu'aucun grand syndicat d'enseignants n'ait relayé leur inquiétude, cette analyse s'est imposée au sein du monde universitaire. "
mercredi 28 octobre 2009
Douche froide
Le Snes dénonce le recours aux stagiaires bouche-trous
Une des premières conséquences de la réforme de la formation des profs est la suppression des stages en responsabilité à l'issue du concours. Pendant un an, en attendant leur titularisation, les profs stagiaires avaient en effet en charge une ou plusieurs classes, six heures par semaine en partenariat avec un prof tuteur qui les accompagnait pendant cette première année d'exercice. Désormais, la durée de ce stage sera de 108 heures maximum, payées 3000 €, qui devront être assurées pendant la formation, alors que les étudiants préparent leur concours et leur master 2. Une fois le concours obtenu ils seront "lâchés" sans assistance, à temps plein, face aux élèves. Compte tenu de la disparition des profs remplaçants (3000 postes supprimés), le risque est réel que ces stagiaires, que l'institution n'entend plus considérer comme des profs en formation mais comme de simples moyens de remplacement, soient utilisés comme bouche-trous au gré des besoins des établissements pour pallier aux absences et aux congés maladies des profs. C'est pour dénoncer celà que, le 19 octobre, le SNES a adressé un courrier à ses membres, en leur demandant de refuser d'assurer l'encadrement des étudiants qui seraient envoyés dans leur établissement dans le cadre de ces stages en responsabilité. A l'heure où l'on supprime des postes, ce syndicat y voit en effet "une façon détournée de recourir à du personnel précaire, d’utiliser - certains pourront dire exploiter - des étudiants-stagiaires sous-payés pour assurer des missions de remplacement". S'ils ratent leurs concours, poursuit le syndicat, ces étudiants "seront des candidats tout trouvés pour devenir vacataires ou contractuels." Le SNES appelle donc ses adhérents à ne pas se porter volontaires pour assurer le tutorat de ces stagiaires, et à signer une pétition qui sera envoyée au Rectorat de Lyon.lundi 26 octobre 2009
Le blues des profs
Le site Café-Pédagogique.net révèle les résultats d'une enquête selon laquelle deux profs du secondaire sur trois se sentent concernés par le malaise enseignant. 7% seulement pensent que ce malaise n'existe pas, mais plus des deux tiers (67 %) se sentent personnellement concernés par lui. Ce nombre important illustre une véritable dégradation du métier : ils n'étaient "que" 53 % à connaître ce malaise en 2005. Plus que les conditions de rémunération ou des conditions de travail, c'est le manque de reconnaissance professionnelle qui est dénoncé par les enseignants des collèges et des lycées. Un prof sur trois (30 %) envisage carrément de quitter le métier. La moitié souhaiterait rester dans l'éducation nationale, l'autre moitié un travail hors éducation. Seulement 32 % pensent que leurs élèves s'intéressent à leur discipline et à ses objectifs intellectuels et formateurs, et presqu'autant (28 %) regrettent la passivité de leurs élèves. Près de la moitié des interrogés dénoncent aussi la présence d'éléments perturbateurs dans leur classe. En tête des difficultés du métier, les profs dénoncent la gestion de l'hétérogénéité et la difficulté à atteindre les objectifs de travail dans le temps prévu à cause des programmes trop lourds. En bref, c'est pas la joie !




