lundi 3 septembre 2012

Rentrée dans l'Ain : le changement ce n'est pas pour maintenant


C’est l’histoire d’un lycée, celui de Ferney-Voltaire, qui est au paroxysme des difficultés que peuvent connaître actuellement certains établissements scolaires. En juin dernier, les prévisions d’inscriptions pour la rentrée prévoyaient une forte augmentation du nombre d’élèves. À tel point que, pour rester dans les normes, les syndicats demandaient l’ouverture de deux classes de seconde supplémentaires. En vain. « On aurait été en moyenne à 31,6 élèves par classe, note Roland Mirguet, de FO. Mais là, on va être à 35,6 et, comme certaines options accueillent plus d’élèves, des classes pourront en avoir 40 »
Dans l’Ain, au moins trois établissements du secondaire sont dans une situation très délicate pour cette rentrée. Toutefois, certains établissements tels que les collèges Thomas-Riboud, à Bourg-en-Bresse, et ceux de Châtillon-sur-Chalaronne, Belley et Divonne-les-Bains ont obtenu la création d’une classe supplémentaire. « Mais depuis cinq ans, insiste Nicolas Jambon, du Snes, il y a 1 200 élèves de plus, soit l’équivalent de trois collèges. Il aurait donc fallu une centaine de profs supplémentaires. Or, on a perdu l’équivalent de 40 postes… »
Dans le primaire, la situation n’est pas plus enviable. « On évalue les besoins du département à 100 postes, explique Pascal Baudet du Snuipp. Rien que pour être dans la moyenne nationale, il faudrait 40 postes supplémentaires ! » Or, ce sont seulement 19 postes qui vont voir le jour. Et encore : ils ne sont supplémentaires que par rapport à ce qui était prévu avant le changement de gouvernement, qui prévoyait la suppression de dix postes. « Ça ne fait que répondre à des situations d’urgence mais ça n’améliore pas la situation », note Pascal Baudet. « De plus, remarque Hervé Colas du SE-Unsa, ce sont des postes de stagiaires, non de titulaires, et comme ils doivent passer un quart de leur temps en formation, ça ne fait que 15 « vrais » postes. On devait être à moins 10 et on va être à plus 5. On reste donc à moins 35 par rapport à ce qu’il faudrait. C’est très ric-rac… » Car, nouveauté cette année, les stagiaires ont obtenu des heures de formation à effectuer chaque semaine. Sauf que, du coup, il faut leur trouver des remplaçants… « Avant, les stagiaires étaient des postes complémentaires, rappelle Hervé Colas. Aujourd’hui, ils ont une classe et il faut donc les remplacer lorsqu’ils partent en formation. Il n’y a plus de réserve. On masque en disant qu’on a un prof devant chaque élève mais dès qu’il part en arrêt maladie, maternité ou en formation, il n’y a plus personne… » Ce sont donc aux titulaires de faire des heures supplémentaires pour combler les manques. « Mais ça coince de plus en plus à force de leur en demander toujours davantage », assure Roland Mirguet.
Alors, parfois, devant le manque de choix, les heures laissées vides par les stagiaires devront être comblées par… les stagiaires eux-mêmes ! Une situation qui ne force pas les jeunes à vouloir devenir professeur. « Le problème, actuellement, est que même si le Gouvernement voulait augmenter le nombre de professeurs, il ne pourrait pas par manque de candidats !, s’exclame Roland Mirguet. Il faut reconsidérer le métier, au niveau du salaire et des conditions de travail. » Et de conclure : « On sait que le Gouvernement fait ce qu’il peut avec la situation dont il a hérité. Mais on espère que pour les années suivantes, l’éducation sera prioritaire car elle est primordiale à la société. »
(Source : Le Progrès, 3 septembre 2012)

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