lundi 1 août 2011

Quand Ségolène parle d'éducation

Avant de partir en vacances, la présidente de la région Poitou-Charentes, candidate aux primaires socialistes, donne aujourd'hui une interview au Nouvel Observateur, dans laquelle elle aborde les questions d'éducation. Extrait :

Q : Le PS propose dans son projet un "nouveau pacte éducatif". Qu'est-ce qui vous distingue des autres candidats à la primaire sur ce point ?
R : Lorsque j’entends que l’Education nationale coûte trop cher, je réponds : "Essayez l’ignorance et vous verrez ce que cela coûte". Pour moi l’Education nationale est un pilier de la République, avec la sécurité sociale et la sécurité. Ce pilier vacille aujourd’hui, parce que l’éducation n’est plus une valeur essentielle pour ceux qui nous gouvernent : non seulement ils ont infligé à ce grand service public le plus grand plan social de toute l’histoire -plus de 65.000 suppressions d’emplois-, mais ils ont accepté une montée des inégalités scolaires et une montée de la violence.
Moi, je n’accepte pas qu’un enfant d’ouvrier, ou d’employé, ait seulement une chance sur quatre d’obtenir un diplôme d’enseignement supérieur.
Moi, je n’accepte pas qu’il y ait eu plus de 44.000 faits de violence grave à l’école au cours de la dernière année. Personne ne peut enseigner ni apprendre dans la peur et la violence. Avec la même détermination, je généraliserai le soutien scolaire gratuit, car je ne sépare pas la lutte contre la violence de la lutte pour la réussite scolaire. Les étudiants auront dans leur cursus universitaire, une mission de soutien scolaire pour les collégiens et les lycéens qui leur donnera des points supplémentaires. Et chaque fois que cela sera nécessaire, il y aura un deuxième adulte dans la classe, par exemple un enseignant stagiaire car je rétablirai l’année de formation.
Q : Vous étiez, en 2007, partisane de la suppression de la carte scolaire. Mais depuis, son assouplissement a posé des difficultés d’affectation pour de nombreux lycéens. Comment corriger le tir ?
R : J’ai dit que la carte scolaire était contournée par tous ceux qui en avaient les moyens. Cela fait longtemps qu’elle ne permet plus d’atteindre l’objectif de mixité sociale qu’elle devait initialement favoriser. Mais j’ai affirmé que mon objectif fondamental était l’équité : la carte scolaire pouvait être assouplie si dans le même temps on investissait de façon imaginative dans les établissements délaissés pour les rendre réellement attractifs. Je me suis toujours opposée à la suppression de la carte scolaire telle que la droite l’a mise en œuvre, c’est-à-dire sans moyens pour corriger les inégalités. Les établissements délaissés devront recevoir des moyens diversifiés : section sport-études, musique-études, langues étrangères, internat de qualité pour que les enfants qui y sont assignés, réussissent.

samedi 16 juillet 2011

Vers une pénurie de profs ?

La situation est ubuesque. Alors que le ministère supprime des postes de profs à tour de bras dans le secondaire et n'entend pas changer de politique en 2012, de nombreux postes n'ont pas été pourvus au Capes 2011, faute de candidats : près d'un millier pour les capes de maths, d'anglais et lettres. 58 % des postes n'ont pas trouvé preneur en lettres modernes, les jurys n'ayant voulu abaisser le seuil d'admission. En maths, 574 candidats ont décroché le sésame pour 950 places et, en anglais, ils sont 659 lauréats pour 790 places. Mais pas de panique : "nous avions anticipé les choses et surcalibré le nombre de postes offerts : sur les 978, environ 300 ne correspondent pas à des besoins des académies" déclare-t-on au ministère, où on compte recourir largement aux contractuels pour boucher les trous qui se présenteront inévitablement à la rentrée. Mais on pense aussi profiter de la réforme des lycées et des suppressions de postes qu'elle continue à engendrer pour convertir en profs de maths des profs de STI ou de sciences physiques. On a les remèdes qu'on mérite !

samedi 9 juillet 2011

Les concours de recrutement en sursis

Mercredi, la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée Nationale a rejeté la publication du raport de son président sur la formation des enseignants. Selon l'intéressé, Jacques Grosperrin, député du Doubs, ses collègues "étaient persuadés, y compris [ses] trois collègues de droite - Marc Bernier, un villepiniste, René Couanau, un député sans groupe parlementaire qui a quitté l’UMP, ainsi que Bernard Debré - qui ont voté non avec les socialistes, que la vingtième proposition portant sur la fin du recrutement par concours national, [lui] avait été soufflée par le chef de l’Etat ou par le ministre de l’Education nationale" qui l'auraient "instrumentalisé". Mais que propose exactement le député Grosperrin à la place du concours national de recrutement des profs ? Parole à la défense :

"Nous voulons supprimer ces concours au niveau national, mais pas au niveau régional. Il convient, en effet, selon la vingtième proposition, de « remplacer le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter, sur la base d’un entretien professionnel, les enseignants ». Nous voulons quelque chose de plus réaliste. En ce moment, il y a des masters, une formation en cinq ans. Et à la fin, l’enseignant doit être capable d’enseigner. Et de l’autre côté, il y a un concours qui évalue la même chose que le master, c’est-à-dire des conceptions académiques. On veut dans un premier temps revoir la formation des enseignants dans son ensemble : à savoir, à la fin des trois ans de licence, organiser un concours pour l’entrée en Master 1. Ce serait un concours académique que l’on appellerait "admissibilité pour le Capes". "L’admission pour le Capes", ce serait pour la fin du Master 2.
Durant ces deux années, l’étudiant sera de temps en temps dans un établissement scolaire : primaire, secondaire, etc. Ils seraient en situation pratique, de gestion d’une classe. Le jour où les masters seront bien organisés, le concours disparaîtra de fait. J’en suis certain, d’ici dix à quinze ans, quand l’opinion publique sera prête. La priorité sera de faire un recrutement au niveau local, voire régional, pour que nos professeurs arrêtent de partir dans des zones sensibles, difficiles, et afin qu’ils ne soient plus expatriés à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux où on les dégoûte du métier. Je ne veux plus de déracinement des enseignants avec, à la clé, parfois, un abandon de certains par manque de motivation… Les académies prendraient alors les meilleurs étudiants, qui sortent d’un master, avec un concours régional. Et je voudrais aussi que les chefs d’établissement fassent partie des jurys de concours
."

Malgré ce demi désaveu - le contenu de ce rapport sur la formation et le recrutement des enseignants avait néanmoins été adopté par la Commission le 29 juin - le Président Grosperrin ne renonce pas à son idée : "Je vais réunir les membres de la mission d’information : renégocier, rediscuter sur les propositions de la mission. Il y aura un nouveau vote, avant que le rapport ne repasse devant la commission fin septembre, début octobre prochain."

(source : atlantico.fr, 9 juillet 2011)

mercredi 6 juillet 2011

Les Français très inquiets pour leur école

Selon un sondage BVA effectué pour Les Echos et France Info, l'éducation est la priorité n° 1 pour 60 % des Français, contre 43 % l'an dernier. Elle devient donc la première des préoccupations devant l'emploi qui, jusqu'àlors, était en tête des inquiétudes. Le directeur de la rédaction de L'Etudiant, Emmanuel Davidenkoff, avance une première expolication : "la singularité de la présidence de Nicolas Sarkozy est qu'il est beaucoup plus présent sur la question de l'école. Cela fait bien longtemps qu'on a pas vu un président s'impliquer autant dans les affaires scolaires. Résultat : cela a créé une vraie attente de l'opinion publique sur ce point". Mais c'est surtout la très impopulaire politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux et ses conséquences sur l'encadrement scolaire qui suscitent le plus d'inquiétudes dans l'opinion, au point que moins d'un quart des Français (24%) se disent aujourd'hui satisfaits de leur système éducatif. "Avec les politiques éducatives des dix dernières années, l'Etat central s'est désengagé, la part du PIB consacrée à l'éducation a diminué. Les Français perçoivent un retrait de l'Etat, se sentent moins protégés, poursuit Davidenkoff. Et pourtant l'image des enseignants reste bonne auprès du public. C'est vis-à-vis de l'éducation nationale dans son ensemble que la défiance des Français est croissante".

mardi 5 juillet 2011

La retraite à 65 ans

En décidant ce matin, entre les murs dorés de son ministère, de porter la durée de cotisation à 41,5 ans pour pouvoir prétendre à une retraite à taux plein, le ministre du travail Xavier Bertrand entérine la retraite à 65 ans pour la plupart des profs nés après 1955 et désormais condamnés à sucrer les fraises dans leurs salles de classe. Et que dire de nos jeunes collègues qui, parce qu'ils doivent être désormais titulaires d'un master, ne débutent pas leur carrière avant 24-25 ans. Peut-être devront-ils travailler jusqu' à 70 ans ?

Le patelin Xavier nous offre ici l'occasion d'adresser un amical salut à la bienheureuse MC², dernière bénéficiaire de la retraite à 60 balais, pour qui l'heure de la quille a sonné opportunément quelques jours avant le fatidique 1er juillet 2011. Ses tartes au chocolat nous manqueront...

lundi 4 juillet 2011

Changements de rythmes ?

En remettant aujourd'hui au ministre Chatel son rapport sur les rythmes scolaires, le comité de pilotage qui avait été chargé de réfléchir sur la question fait une dizaine de propositions dont les les plus marquantes consisteraient à :

1. revenir sur la semaine de 4 jours et demi supprimée en 2008 par Darcos qui souhaitait ainsi favoriser les départs en week end ;

2. raccourcir les vacances d'été à six semaines, avec zonage, et instaurer quatre périodes de petites vacances de deux semaines chacune "avec une alternance régulière, la plus proche possible du rythme 7-2" ; il ne faudra pas oublier en retour d'augmenter d'autant la rémunération des enseignants qui ne sont actuellement payés que sur la base de 10 mois par an ;
3. limiter la journée de classe à cinq heures de cours jusqu'à la 5e comprise (contre six aujourd'hui en primaire), et à six heures pour la 4e et la 3e. Les heures ainsi dégagées serviraient à «l'accompagnement éducatif pour tous»: deux heures par jour jusqu'à la 5e comprise, une heure ensuite ; cette proposition permettrait aussi de prévoir de nouvelles suppressions de postes en diminuant les horaires hebdomadaires affectés à certaines disciplines ;

4. mieux répartir le contrôle continu sur l'année, dans une «organisation concertée et régulière», ou fixer un minimum d'une heure et demi pour la pause de la mi-journée.

(Infographie : Libération.fr, 4 juillet 2011)


Pour le moment, prenons ces propositions pour ce qu'elles sont, sans nous emballer car il y a fort à parier qu'en année électorale le politicien Luc Chatel va prendre tout le temps nécessaire pour ne rien décider avant les échéances de mai et juin 2012.

dimanche 3 juillet 2011

La fin des concours ?

"Il faut réformer la réforme". Cette déclaration est tirée du rapport parlementaire remis par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale. Saisie à la fin du mois de mars, après que Sarkozy ait demandé à Chatel de revoir sa réforme de la formation des enseignants (masterisation), cette commission n'a pu que constater que la dite réforme n'avait été "ni pensée ni réfléchie". Mais les propositions avancées par son président, un ancien professeur d’EPS, Jacques Grosperrin, député UMP du Doubs, sont loin d'être satisfaisantes. En effet, il propose "à terme, [de] remplacer le concours par le master et [de] confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d’un entretien professionnel les enseignants". Exit donc les concours de l'agrégation et du Capes tels qu'ils existent depuis les années 1950 et le principe du concours national de recrutement institué par la loi Guizot de 1833 qui généralisait les écoles normales. Résolu à mettre un terme à cette procédure ô combien républicaine et égalitaire, le député Grosperrin propose donc de dispenser de concours les étudiants de master 2, qui seraient désormais recrutés "par les autorités académiques ou les [chefs d'] établissements, sur la base d’un entretien professionnel", comme cela se pratique déjà dans plusieurs pays anglo-saxons. Une affaire à suivre puisque ce rapport devrait être examiné mercredi 6 juillet.

(sources : RTL, Le Monde, 30 juin 2011)

vendredi 1 juillet 2011

Au boulot, fainéants !

(source : Le Canard Enchaîné, 29 juin 2011)

Brevet des collèges : corrections laborieuses

Devant le collège Victoire-Daubié à Bourg, l’un des six centres de correction à l’examen du brevet des collèges, une poignée de militants du Snes (Syndicat national des enseignements de second degré) étaient présents hier matin , pour dénoncer le manque d'effectif et « l'inorganisation des services administratifs du rectorat ». Pour le Snes : « Les convocations des correcteurs sont arrivées en retard, le travail de rectorat s’est fait dans la précipitation, des collègues sont appelés à Prevessin alors qu’un centre de correction est à deux pas de chez eux, c’est du grand n'importe quoi. » Toutes les corrections doivent être terminées ce soir. Nicolas Jambon, secrétaire du Snes, prévient : « Il est à craindre que le travail ne soit pas terminé, nous avons alerté plusieurs fois le rectorat. »
Le fonctionnement aurait été plutôt normal au collège Victoire- Daubié de Bourg avec environ 40 copies par correcteur. D’autres centres de correction ont connu des difficultés. Selon le syndicat, au collège de Prévessin-Moëns, il y avait, hier matin, en histoire-géo, 11 correcteurs pour 920 copies. Plusieurs centaines de copies auraient été transférées dans la journée vers Montréal-la-Cluse où, dans la matinée, on comptait 30 correcteurs pour 840 copies. Même type de complications au collège de Thoissey en histoire-géo. Les correcteurs, qui avaient 60 copies chacun, ont accepté d’en corriger 45. Du coup, en fin d’après-midi, le rectorat aurait fait porter 216 copies sur Lyon. Une journée « éprouvante » selon le syndicat.
Mais pour l’heure, ces informations n’ont pas pu être confirmées par le rectorat.

(source : Le Progrès, 1er juillet 2011)

mardi 28 juin 2011

Menaces de grève sur le Brevet des collèges

Les épreuves écrites du brevet débutent aujourd’hui. Le Snes, syndicat enseignant, appelle les correcteurs à ne pas se rendre sur les lieux et prévoit des rassemblements jeudi.
Les examens de cette session 2011 ne se passeront définitivement pas en toute tranquillité. Après l’affaire de fuite au bac S, le brevet des collèges pourrait aussi connaître quelques perturbations. En effet, le principal syndicat enseignant Snes-FSU de l’académie de Lyon a déposé un préavis de grève pour le 30 juin et le 1 er juillet, soit les deux jours prévus pour la correction de l’examen. Le 18 juin dernier, la fédération de l’Ain évoquait déjà dans nos colonnes un « cafouillage » dans l’organisation, avec notamment des enseignants qui devaient faire plus de 100 km pour aller corriger des copies.
Mais la colère des profs ne s’est visiblement pas calmée et le Snes de l’Ain appelle les correcteurs à ne pas se rendre sur les lieux où ils sont convoqués jeudi et vendredi. Le syndicat prévoit aussi des rassemblements jeudi à 13 heures devant les six centres de correction de l’Ain, soit les collèges de Thoissey, Saint-André-de-Corcy, Prévessin-Moëns, Montréal-la-Cluse, Victoire Daubié à Bourg et Saint-Exupéry à Ambérieu-en-Bugey. Mais ce qui apparaissait comme un micmac dans l’organisation pourrait prendre plus d’ampleur.
« Les enseignants sont très en colère. On a vraiment tout tenté pour ne pas courir à la catastrophe, raconte Nicolas Jambon, secrétaire départemental du Snes de l’Ain. En plus des aberrations dans les déplacements, nous avons l’impression qu’il y a un très faible nombre de correcteurs convoqués. Au collège de Ceyzériat, une seule collègue de français est convoquée alors qu’elle n’a même pas de 3 e. En maths, seuls deux, dont un est enseignant en classe Ulis. À Vonnas, aucun enseignant en maths n’est convoqué. Quand c’était l’académie qui s’en occupait, ça se passait plutôt bien. » En effet, jusque-là, l’inspection académique de chaque département était chargée de l’organisation de l’examen et de la gestion des convocations. Avec un principe : chaque correcteur était appelé dans son collège de bassin.
Mais pour le rectorat, tout est désormais réglé. Selon Bernard Lejeune, secrétaire général du rectorat, il y avait bien, au départ, des problèmes, avec « plusieurs dizaines de personnes », mais tout serait résolu. "Les services ont travaillé tout le week-end pour gérer les anomalies et les situations difficiles. La quasi-totalité des correcteurs ont des déplacements « classiques » pour des examens, allant jusqu’à 50 ou 60 km dans les zones rurales. Le tout était de trouver un équilibre entre la distance et le respect de la neutralité de l’enseignant », a-t-il expliqué. Mais hier, Bernard Lejeune n’était pas pessimiste concernant le déroulement des corrections et ne s’attendait pas à une grève massive.


(Source : Sophie Albanesi, Le Progrès, 28 juin 2010)

dimanche 26 juin 2011

Chatel trouve le bac trop cher

Le bac sera bien réformé. Pour l’instant, le ministre Luc Chatel préférait avancer masqué, préparant une réforme qui ne disait pas son nom, mais la polémique autour de la fraude au bac S pourrait être l’opportunité d’avancer plus franchement. Alors que trois personnes sont toujours en garde à vue vendredi après-midi dans le cadre de l’enquête autour de la fuite des sujets, alors que le secrétaire général du syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale, Philippe Tournier, estimait, la veille qu’il fallait « revoir entièrement l’organisation des épreuves » pour modifier un « système (...) rattrapé par les nouvelles technologies », alors qu’éditorialistes et commentateurs pointent dans une quasi-unanimité l’urgence d’une réforme du baccalauréat, Luc Chatel aurait tout intérêt à lever le masque sur ses projets.
Jusqu’à présent, tout cela se faisait à bas bruit : la consigne partagée par le gouvernement et les syndicats quand on évoquait la réforme du bac était de surtout ne pas faire de vagues.
Car le ministre doit achever la réforme du lycée en s’attaquant à la terminale. Et il est difficile de modifier les programmes de terminale, sans changer la nature des épreuves finales du bac. Mais il est tout aussi difficile, voire suicidaire politiquement, d’afficher une réforme du bac à quelques mois d’une élection présidentielle. 

Officiellement donc, il s’agit de poursuivre la réforme du lycée. Mais un projet de décret dont Mediapart a eu copie entend bien réformer l’examen pour la session 2013. Au programme : rééquilibrage de coefficients, création de nouvelles épreuves pour de nouveaux enseignements, introduction d’une épreuve directement inspirée du cursus Sciences-Po (logique pour une réforme préparée par son directeur Richard Descoings) : « droit et grands enjeux du monde contemporain », évaluation de la « compétence orale » en langue vivante 1 pour tous les élèves, dans leur établissement, dans le courant du troisième trimestre... L’introduction du contrôle continu est donc déjà lancée.

Sanctions scolaires : les nouveautés de la rentrée

C’est aujourd’hui qu’est publié au Journal Officiel le nouveau code des sanctions qui entrera en vigueur dans le secondaire au mois de septembre prochain. Principale nouveauté de cette refonte du système de sanctions, les TIG sont à l’honneur, tandis que la volonté d’éviter au maximum les exclusions définitives ou de plus de huit jours est réaffirmée, pour limiter les risques de décrochages scolaires. Dans les faits ce nouvel arsenal ne pourra entrer en application qu'en 2012, le temps de réviser les règlements intérieurs et d'obtenir l'aval des conseils d'établissements. Mais on risque souvent de se heurter aux manques d'effectifs et aux suppressions de postes pour mettre en oeuvre les peines de TIG telles qu'elles sont dorénavant définies.

(Source : Le Parisien – Aujourd’hui en France, 26 juin 2011)

Chatel manque de correction

(source : Le Canard Enchaîné, 22 juin 2011)

vendredi 24 juin 2011

Bac : Chatel seul contre tous

L'enquête sur la fuite du sujet de maths du Bac S avance à grands pas (...). Mais cela n'empêche pas la contestation de s'amplifier contre la décision de Luc Chatel d'annuler l'exercice litigieux et d'établir un nouveau barème (...). Parents d'élèves, lycéens, professeurs, tous cherchent un moyen de modifier la donne :
- des recours en justice. Dès jeudi, une mère de famille parisienne a déposé un recours, au nom de sa fille, devant le Conseil d'Etat. Cependant, après analyse de la requête, celui-ci s'est déclaré "incompétent". Ce type de recours doit être déposé devant un tribunal administratif, a justifié un représentant de la haute juridiction. Dès lors, les parents d'une lycéenne de terminale S ont saisi le tribunal administratif (TA) de Paris. La veille, trois lycéens de La Rochelle avaient déjà saisi le TA de Poitiers, e
t d'autres envisagent de leur emboîter le pas.
- une pétition. Une délégation d'élèves et de parents devait porter vendredi au ministère
une pétition de 15.000 signatures demandant à Luc Chatel de revenir sur sa décision et de donner les 4 points de l'exercice à tous les candidats au nom de "l'égalité des chances". A défaut, ils envisagent de "saisir le médiateur de l'Education nationale puis éventuellement d'engager (à leur tour) un recours au tribunal administratif".
Cependant, la Peep, deuxième fédération de parents, estime qu'aller en justice contre la décision d'annuler l'exercice de mathématiques du bac S risque de faire annuler "tout le bac S de toute la France". Egalement opposée à la décision, l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP) optent, eux, pour une option. Elle juge qu'il est encore temps de refaire passer l'exercice en une heure, mardi ou mercredi.

(source : www.tempsreel.nouvelobs.com, 24 juin 2011)

mercredi 22 juin 2011

Des corrections mal corrigées

Le rectorat de Lyon a remis a plat les convocations des profs de collèges de l'Ain pour les corrections du Brevet 2011. Les nouvelles affectations sont moins aberrantes que celles de la semaine dernière mais ne satisfont pas pour autant les personnels concernés. Ces nouvelles affectations sont complètement décousues, éparpillent les équipes entre plusieurs centres de corrections et la plupart des correcteurs seraient convoqués en dehors de leur bassin. On craint également une diminution du nombre de correcteurs et, par conséquent, un nombre de copies à corriger à la hausse par rapport aux années précédentes. Rappelons enfin, qu'à la différence des correcteurs du bac, qui touchent 5 euros par copie, les profs réquissitionnés pour le brevet n'ont toujours droit qu'à une aumône de quelques centimes par copie. Pas de quoi les motiver, bien au contraire...

Soldes

"Cette année, nous avons 1.500 classes en moins, ce qui représente 0,6% au total. Mon objectif, c'est qu'à la rentrée 2012, il y ait autant de classes qu'à la rentrée 2011" a annoncé le candidat Sarkozy, qui commence ainsi à semer ses premières promesses éléctorales, tout en essayant de calmer la colère et les inquiétudes de nombreux élus locaux et de bien plus de parents d'élèves, tous électeurs potentiels. Mais il n'est pas question pour autant de renoncer aux 14000 suppression de postes déjà prévues dans l'exercice 2012. C'est donc le secondaire qui en supportera le poids et on peut d'ores et déjà prévoir que les collèges seront les premiers visés. Parmi les premières pistes évoquées par le ministère on évoque déjà la suppression des titulaires remplaçants et le recours plus systématique à Pôle Emploi pour couvrir les absences ponctuelles de profs en cours d'année scolaire et des effectifs de classes portés à 30 élèves. A ce rythme, on n'assiste plus à des soldes mais bien à une liquidation totale de l'Education nationale.

samedi 18 juin 2011

Des profs migrateurs dans l'Ain

Comme un vol de gerfauts, les profs d'histoire-géo, de français et de maths des collèges de l'Ain, tels de nouveaux conquérants, se préparaient à sillonner bientôt les routes du département pour aller corriger les épreuves du Brevet du collège. En effet, leurs convocations, qui avaient été préparées par les très compétents services du rectorat, ne tenaient nullement compte des résidences administratives, ce qui obligeait certains d'entre eux à devoir faire 600 km sur deux jours pour aller s'acquitter de leur glorieuse mission. Un prof de maths avait même calculé que le total cumulé de tous ces déplacements aurait pu atteindre les 200 000 km, soit cinq fois le tour du monde : de coûteux frais de déplacements en perpective et un joli bilan carbone à un moment où les programmes scolaires insistent, dans nombre de disciplines, sur les bienfaits du développement durable. Sans doute est-ce pour celà qu'une IPR, niant la réalité du cafouillage, invitait les profs d'histoire-géo... à covoiturer. Une situation ubuesque dont le rectorat lui même refusait de reconnaître l'absurdité, jusqu'à ce qu'un préavis de grêve soit déposé pour que la grande migration n'ait pas lieu.


Brevet des collèges : micmac dans l’organisation

Ain. Des enseignants devaient faire 150 km pour corriger. Le rectorat rectifie le tir.
Des enseignants du collège Le Joran à Prévessin-Moëns convoqués pour corriger le brevet à Thoissey. Soit 320 km aller-retour à faire pendant deux jours. L’histoire pourrait faire sourire s’il s’agissait d’un problème de maths. Mais ce cafouillage dans les convocations des professeurs pour le brevet des collèges dans l’Ain est bien réel. Le rectorat a provoqué la colère des enseignants qui ont bien failli mettre en péril l’examen.
Hier, le Snes était sur le point de déposer un préavis de grève pour le 30 juin et le 1er juillet, dans l’académie de Lyon, avec la consigne pour les enseignants de ne pas se rendre sur les lieux de correction. « Tout le monde n’a pas encore reçu sa convocation dans l’Ain, mais il y a des situations ahurissantes avec des enseignants de Pont-de-Veyle convoqués à Prévessin-Moëns. De plus, pour l’instant, aucun professeur n’est convoqué dans le centre de correction de son bassin », explique Nicolas Jambon, secrétaire départemental du Snes-FSU. En cause, selon le syndicat, une centralisation informatique de la gestion des convocations. « Avec l’inspection, ça se passait bien. Je pense que c’est à cause des suppressions de postes administratifs que c’est passé dans les mains du rectorat cette année. Mais à l’heure où l’on parle de développement durable et de faire des économies, c’est hallucinant », ajoute le professeur de maths.
Après un premier contact, le rectorat aurait expliqué au syndicat que les premières convocations envoyées étaient annulées.
Joint hier, dans l’après-midi, le rectorat expliquait que la situation était « en cours de règlement », précisant que « chaque cas sera envisagé particulièrement » et que le service travaillait « à réduire les rayons de déplacement des correcteurs concernés ». Le Snes brandit toujours la menace d’une grève « tant que tout n’est pas réglé ».


(source : Sophie Albanesi, Le Progrès, 18 juin 2011)

mercredi 15 juin 2011

Bac philo

(source : Le Canard Enchaîné, 15 juin 2011)

dimanche 12 juin 2011

La décharge rétroactive de Luc Ferry

La solidarité n'est pas un vain mot à l'Education nationale. L'ancien ministre Fillon vole au secours de son prédécesseur Luc Ferry, philosophe fictif à Paris VII. Après lui avoir signé une décharge antidatée (un "détachement à titre rétroactif") pour l'année universitaire 2010-2011, Fillon annonce en effet que Matignon remboursera intégralement à l'université parisienne les salaires perçus cette année par Luc Ferry (4499 € nets mensuels), ce qui évitera au philosophe mondain de dispenser son savoir dans l'intimité d'un amphi désert pendant 192 heures au cours du mois de juillet. Quant à Marie-Caroline Ferry, elle peut être rassurée : ses allocations familiales ne seront pas suspendues, même si son époux fait l'école buissonnière depuis près de 15 ans.

"On cherche à me discréditer et me faire passer pour un guignol", déclare Ferry dans la presse. Mais non, il arrive très bien faire ça tout seul.

Chatel prépare la promotion au mérite

C'est une véritable révolution que propose Luc Chatel pour évaluer les enseignants, avec le retour sur le devant de la scène de la promotion au mérite. Le cabinet Alixio, que dirige Raymond Soubie, fait un état des lieux et propose des pistes pour l'évolution du très controversé système d'évaluation et de promotion de l'Éducation nationale. Pour cela, les équipes de l'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy ont mené fin mars une vaste consultation par Internet auprès de près de 4500 enseignants. Principales conclusions: des inspections trop peu fréquentes, des notes peu discriminantes, un manque de suivi, pas de prise en compte de l'investissement dans l'école… Alors que la performance d'un enseignant est censée compléter l'ancienneté pour le passage à l'échelon supérieur, déterminant sa rémunération, elle n'influe souvent qu'à la marge.
Alixio recommande de «conserver les échelons mais de donner plus de souplesse au système». Surtout, il suggère de «donner aux évaluateurs la possibilité de réduire ou d'allonger le passage d'échelon après l'évaluation pour valoriser financièrement le travail». C'est la levée d'un tabou. Plus concrètement, l'étude suggère une réorganisation de l'évaluation, notamment avec des inspections tous les deux ou trois ans au maximum, avec une moindre part donnée à la note de l'inspecteur et une meilleure prise en compte du travail en équipes. Un suivi régulier entre l'enseignant et plusieurs interlocuteurs comprenant des conseils, mais aussi l'élaboration d'une «lettre de mission» pour chaque enseignant tous les quatre à cinq ans. Aussi appelé «contrat de progrès», ce document s'apparente aux feuilles d'objectifs en vigueur dans le privé.
Présentées en début de semaine aux syndicats, ces différentes pistes ont été accueillies avec défiance. Après la première consultation cette semaine, le ministre de l'Éducation nationale compte boucler les négociations d'ici à la fin de l'année.


(source : Le Figaro, 10 juin 2011)