lundi 31 janvier 2011

La math...inale de Luc Chatel

Réconcilier les jeunes avec les maths et les sciences, telle est la nouvelle marotte de Luc Chatel. Invité de la matinale de France Inter, il a repris l'essentiel de ses dernières déclarations et confirmé la généralisation, dans les écoles, de séances quotidiennes de 15 à 20 mn de calcul mental, ainsi que la mise en place de modules de formation en sciences et en maths pour les instituteurs qui ont eu un cursus universitaire littéraire. Dans le secondaire, il promet la mise en place d'un "enseignement intégré des sciences et technologies" confié à un prof unique, le dispositif, actuellement expérimenté dans 50 collèges, devant être étendu à 400 établissements à la rentrée. De belles économies de postes en perspective. Par contre, interrogé sur la réforme des lycées, il a nié la suppression d'une heure de maths, d'une heure et demie de physique et d'une heure de SVT en première S, au motif que ces heures seraient simplement déplacées vers la classe de terminale où, en plus, elles devraient être renforcées par un "dispositif d'accompagnement personnalisé" pour le soutien et l'approfondissement dans les diciplines scietifiques : "il n'y a pas une levée de pression sur l'enseignement des disciplines scientifiques au lycée" a-t-il martelé.

Quand les stagiaires recrutent leurs remplaçants

Voici l'histoire d'une jeune prof qui a failli rater son stage de formation - le premier de sa vie - parce qu'elle n'avait pas de remplaçant. Pour en trouver un, elle était même prête à lui laisser son appartement...
Marie est une professeure stagiaire (elle exerce pour la première année) nouvelle mouture (...). Comme la plupart de ses jeunes collègues, sa rentrée a été éprouvante. Marie a connu son affectation six jours avant la rentrée. Pas facile pour trouver un logement, la ville où elle était nommée étant distante de 300 kilomètres de chez elle. Elle a appris les classes qu'elle aurait la veille de la rentrée. Dur pour préparer ses premiers cours. En plus, elle a deux secondes mais aussi deux premières technos, avec le bac français à la fin de l'année - or la consigne officielle était d'éviter de donner des "classes à examen" à des débutants (...). A part deux jours au siège de l'académie les 30 et 31 août - "mais c'était plutôt une réunion qu'une formation", dit-elle -, Marie a eu en tout et pour tout 4 journées de formation depuis septembre. C'est peu lorsqu'on se retrouve pour la première fois chargée de classes. Mais dans la semaine, Marie est déjà surchargée: elle a 18 heures de cours - le service normal d'un certifé - les semaines paires et 19 heures les semaines impaires, sans compter les préparations et les corrections de copies.
Aussi Marie attendait-elle avec impatience le stage de trois semaines en février, trouvé grâce à des collègues. Enfin, elle allait pouvoir analyser les problèmes qu'elle rencontre en classe, confronter son expérience avec celle d'autres stagiaires, etc.
Mais à la mi-janvier, la proviseure lui annonce qu'elle ne pourra pas la laisser partir car elle n'a pas de remplaçant - il faudra qu'elle attende la session suivante. A moins, bien sûr, que Marie s'en trouve un. Marie envoie alors un mail à un groupe d'amis : "Si vous ou l'un de vos amis, pouvez, en gros, prendre ma place pour trois semaines, je vous explique comment cela se passe. Il vous faut être titulaire d'une licence de sciences humaines (de préférence lettres). Vous faites un temps plein, dans une jolie petite ville non loin de la mer. Vous gagnez environ 1300 euros nets. Vous êtes logé gratuitement à 20 minutes du lycée". "J'étais en effet prête à laisser mon logement si la personne habitait loin et à aller vivre chez mon copain", explique-t-elle.
Coup de chance: un de ses collègues a une amie au chômage, inscrite au Pôle emploi, qui a une licence de philo - pas si loin des lettres... En plus, elle a déjà un petit peu enseigné. Le dénouement est donc heureux: Marie va pouvoir partir en stage. "Je fais mon possible pour que ce genre de situation soit connu et ne soit plus supporté par les jeunes stagiaires dans l'avenir", indique-t-elle à la fin de son témoignage.

Le blues des jeunes profs de l'Ain

Depuis la Toussaint, 84 jeunes professeurs des écoles de l’Ain sont seuls devant leur classe. Tout juste lauréats du concours, ces stagiaires ont suivi seulement quelques semaines de formation avant d’enseigner en solo
Les professeurs des écoles stagiaires viennent de suivre deux semaines de formation, en janvier, à Bourg. Mais avant cela, ils ont déjà été lâchés sur le terrain. Depuis le retour de la Toussaint, ces "apprentis" sont seuls pour faire la classe. Ils inaugurent la réforme de la formation des professeurs des écoles. Jusque-là, les lauréats du concours suivaient une année de formation avant de prendre une classe : deux tiers de cours à l’IUFM et un tiers de stage pratique. Une formule qui a été abandonnée et remplacée par un système très discuté. « Pour nous, cette réforme est mauvaise parce qu’elle marque une rupture entre la préparation du concours et l’entrée dans la vie professionnelle, explique le responsable de l’IUFM de Bourg, Georges Combier. Mais l’inspecteur a fait au mieux avec le cadre qui lui était imposé ».
En septembre, chaque inspection académique, désormais responsable de la formation, a choisi sa formule. Dans l’Ain, l’inspecteur a laissé un peu plus de temps aux stagiaires que dans d’autres départements. « On leur a fait une formation de six semaines d’entrée de jeu. Ils étaient dans des écoles d’application avec des maîtres formateurs », précise Philippe Sauret, inspecteur d’académie. Mais les syndicats dénoncent ce qu’ils appellent une « pseudo-formation » : « En un mois et demi, on leur a demandé de faire l’équivalent de ce qui se faisait en un an, explique Morgan Vincent, co-secrétaire départemental du Snu-IPP, syndicat majoritaire chez les instituteurs. En plus, ils étaient jusqu’à quatre stagiaires pour un formateur. Difficile de passer du temps devant la classe et d’être bien débriefé. » À cela s’ajoutent des prises de poste parfois compliquées. Les stagiaires devaient être sur des remplacements assez longs et surtout éviter les niveaux difficiles comme le CP et le CM2. Une promesse non tenue, puisque certains changent de classe presque tous les jours. Du côté des stagiaires, pas de démission ou de catastrophisme, mais des doutes. Au Snu-IPP, on explique recevoir de plus en plus de mails d’inquiétude. Le problème récurrent est l’absence de recul. « Ces six semaines ne nous ont pas appris à faire la classe, confie un stagiaire. On a la tête dans le guidon. On travaille dans l’urgence pour assurer les cours. On aimerait prendre plus de recul, analyser ce qu’on a fait pour voir nos erreurs, réfléchir sur les méthodes et avoir un regard extérieur. » D’autres sont dans une certaine ambiguïté, parfois déstabilisés mais très heureux d’être sur le terrain, comme cette jeune femme qui enchaîne les remplacements courts : « Je me sentais prête d’autant plus que j’avais déjà fait des stages. Ca faisait longtemps que je voulais faire ce métier. J’avais envie de commencer vite. Ca sera peut-être plus difficile pour ceux qui l’an prochain auront un master et seront propulsés encore plus rapidement que nous qui avons souvent préparé le concours à l’IUFM ». De plus, si Philippe Sauret met en avant « un accompagnement attentif et bienveillant », certains ont un sentiment de solitude. Ils font régulièrement appel à leurs collègues dans les écoles, mais voient peu leurs maîtres formateurs. « On envoie quelques mails mais on ne peut pas appeler au secours en permanence. En plus, ce n’est pas une démarche simple », concède l’un d’eux. Pour cela, l’inspecteur explique mettre en place des pôles de formation sur six lieux dans le département. Ces pôles devraient prendre forme rapidement avec des écoles d’application dans différentes circonscriptions. Mais au-delà des conditions de travail, cette réforme pose la question de la qualité de l’enseignement. Si Philippe Sauret réfute cela, syndicats et parents expriment de forts doutes.

Sophie Albanesi

Guillaume est un des enseignants stagiaires à avoir pris une classe juste après les vacances de la Toussaint. « Comme tous mes collègues, j’ai été mis sur un poste de remplaçant. Et le plus long remplacement que j’ai réalisé, c’était deux semaines. Sinon, j’ai beaucoup tourné dans des écoles pour un ou deux jours. Je prends les choses de manière positive. Je me dis que tous ces remplacements me permettent de voir plein de choses. C’est formateur, même si ça n’est pas très confortable de ne pas savoir ce qu’on fait sous deux jours. Pour ce qui est de notre formation, je suis assez pragmatique et je fais tout pour que ça se passe bien. On est tous d’accord pour dire que notre formation n’est pas la meilleure, mais on fait du mieux qu’on peut avec les moyens du bord. En plus, dans les écoles, il y a une certaine entraide entre collègues. Les plus expérimentés nous donnent des tuyaux. D’ailleurs, je me tourne beaucoup plus vers mes collègues que vers mon maître formateur, avec qui je n’ai eu que quelques contacts par courriel. Concrètement, dans les classes, ça se passe plutôt bien. Mais il nous manque un peu de recul notamment sur ce qu’on peut attendre des enfants selon leur âge. C’est un métier que nous avons choisi par vocation, donc personne n’est vraiment démotivé. Même si le contexte n’est pas idéal, on s’adapte. »

Dans le secondaire, les stagiaires sont seuls en classe depuis septembre déjà
Le sort réservé cette année aux enseignants stagiaires dans les collèges et les lycées de l’Ain n’a pas été meilleur que pour les professeurs des écoles. Dans le secondaire, c’est en septembre que les enseignants stagiaires se sont retrouvés seuls devant le tableau. Pour eux, quatre semaines de formation sont organisées de mi-février à fin mars, à cheval sur les vacances.
« Beaucoup sont en grande difficulté. Ils ne savent pas comment construire un cours, une évaluation, comment gérer les élèves… explique Nicolas Jambon, secrétaire départemental du Snes-FSU. En plus, sur 47 stagiaires dans le secondaire, 16 sont dans des situations compliquées. Ils sont par exemple dans des établissements en ZEP ou partagés entre deux établissements ». Auparavant, ces jeunes profs passaient un tiers de l’année devant les élèves et le reste en formation. Aujourd’hui sur cette cinquantaine de stagiaires plusieurs ressentent un certain mal-être. « Une grande partie n’y arrive pas et ne sait pas pourquoi. Il y a un véritable sentiment de culpabilité. Ils ont du mal à gérer la difficulté. Ils font parfois des contrôles trop longs, d’autres trop faciles par rapport au niveau… Du coup, ça peut se passer très mal avec les élèves qui ressentent ce genre de choses », ajoute Nicolas Jambon. Le responsable syndical dénonce même les quatre semaines de formation proposée. « C’est anecdotique. En plus, ça ne pourra qu’aggraver les choses puisque pendant ce temps ce sont deux étudiants en master 2 qui vont prendre chacune des classes ». Enfin, pour obtenir la titularisation, « l’évaluation » a aussi changé. La validation passera par deux rapports rédigés par le tuteur du stagiaire et le directeur de l’établissement.
( source : Le Progrès, 31 janvier 2011)

dimanche 30 janvier 2011

Bourg : les parents dénoncent les suppressions de postes

(source : Le Progrès, 30 janvier 2011)

Chatel, boss des maths, veut étaler la science

En réaction aux piètres performances de la France dans le classement Pisa (22e sur 65 pour les maths et 27e pour la culture scientifique), Chatel annonce son intention de renforcer l'apprentissage des maths et des sciences à l'école primaire. "Je vais m'attaquer à l'innumérisme, c'est-à-dire l'incapacité à réaliser les calculs de la vie courante" a déclaré le ministre. D'abord en instaurant à la prochaine rentrée des modules de formation scientifique pour les profs des écoles, ensuite en offrant des échiquiers aux écoles primaires pour développer le "raisonnement logique" des élèves, puis en ressortant les bonnes vieilles recettes de grand-mère : 15 à 20 mn de calcul mental par jour et apprentissage par coeur des tables de multiplication. Dans chaque département, deux inspecteurs seront désignés pour mettre en place ce dispositif qui devrait, à terme, permettre à la France de rafler les prix Nobel et les médailles Fields. Selon le Snuipp, "Chatel fait du neuf avec du vieux et nous ressert les recettes de Gilles de Robien" et son annonce, qui "vise juste à rassurer les parents", n'est qu'une "coquille vide, comme son souhait, le week-end dernier, de proposer l'apprentissage de l'anglais dès trois ans".
Du côté du collège, le ministre veut désormais inscrire l'enseignement des sciences dans le prolongement de "la Main à la pâte", initiée autrefois par le professeur Charpak, grand défenseur de l'apprentissage des sciences par l'expérimentation. Mais il est à craindre que Chatel confonde expérimentation scientifique et bidouillage car, une fois encore, il s'agira, avant toute chose, de supprimer des postes au détriment de la qualité de l'enseignement. Dans le collimateur, les profs de physique-chimie, de SVT et de technologie, qui devront se préparer à la trivalence, puisque Chatel propose "qu'il y ait un seul enseignant pour les sciences physiques, la chimie, les SVT et la technologie", pour que les élèves "comprennent la fluidité de la démarche scientifique". La preuve est donc faite que la soustraction est bien la seule opération que maîtrise le ministre.

Signalons en outre que l'application de la réforme des lycées aux classes de première à la prochaine rentrée devrait se traduire par une diminution du temps d'enseignement consacré aux sciences, ramené à un tiers du temps scolaire seulement, en section S... comme scientifique. Ne cherchez pas la logique entre les mesures annoncées pour promouvoir les sciences en primaire, au collège et au lycée, car il n'y en a aucune.

En comptant et en recomptant sur nos doigts, nous arrivons aujourd'hui, sans aucune retenue, à un total de
1000 posts
publiés sur le blog du Collège de Vonnas en lutte.

vendredi 28 janvier 2011

La colère des "Voisin"

(source : Le Progrès, 28 janvier 2011)
(source : Le Progrès, 30 janvier 2011)

jeudi 27 janvier 2011

Le Premier cercle se rit du dernier carré

Mardi soir, l'UMP réunissait dans les sous-sols d'un grand hôtel parisien les 300 généreux membres de son Premier Cercle de donateurs, autrefois si cher à M. Woerth - la cotisation annuelle est comprise entre 3000 et 7500 €. Pour remonter le moral de ces pauvres gens, Sarko Ier himself honora cette sauterie d'une visite surprise mais discrète, une courte apparition d'1/2 heure environ, le temps pour lui de fustiger le "scandale" de l'ISF et les 35 heures, de promettre tout plein de belles choses dans la perspective de la prochaine campagne présidentielle (car il se représente, pour ceux qui en douteraient encore) et, rigolard, de se payer les profs en rappelant triomphalement qu'il n'y avait "personne dans les rues" samedi dernier lors de leur dernière manif.

mercredi 26 janvier 2011

Calcul électoral

(source : Le Canard Enchaîné, 26 janvier 2011)

Pas de remplaçants... pas de stages !

Alors que Chatel vient d'annoncer l'instauration d'une prime au mérite pour les chefs d'établissements, certains proviseurs jouent déjà avec le feu en refusant, faute de remplaçants, que leurs stagiaires s'absentent pour suivre les périodes de formation en cours dans plusieurs académies. En agissant ainsi les imprudents montrent bien qu'il y a du sable dans les engrenages de l'Education nationale et que la réforme de la formation a été bâclée

"Ils sont pris entre le marteau et l'enclume. D'un côté, le rectorat qui leur demande d'assister à 15 jours de formation, obligatoire pour être titularisés. De l'autre, leurs chefs d'établissement qui ne veulent pas les voir partir et laisser leur classe sans enseignant pendant deux semaines. Des professeurs stagiaires dénoncent la situation inextricable dans laquelle les place la réforme de la formation des enseignants.
Exemple dans l'académie de Clermont-Ferrand. Pauline enseigne à plein temps auprès de quatre classes. Depuis la rentrée de septembre, elle a assisté à huit jours de formation seulement. Elle devait retourner à l'IUFM cette semaine mais, faute de remplaçant, son proviseur refuse de la libérer. La jeune professeur risque de perdre 60 heures de formation qu'elle estime pourtant indispensables. Ce qui agace le plus la jeune femme, c'est que cette formation était prévue depuis longtemps et que son établissement aurait pu anticiper son absence. "Nous, on a envie de travailler dans l'intérêt des élèves et je sais que l'intérêt des élèves, c'est que je bénéficie de cette formation", explique Pauline, interrogée par Europe 1.
Le constat est le même à Strasbourg, où les enseignants stagiaires devaient partir quinze jours en janvier et quinze jours en mars. Mais le SNES a affirmé mercredi que, faute de remplaçants, le recteur a préféré annuler ces formations. Dans le sud, la situation est la même. A Béziers, des professeurs ont fait front en octobre dernier pour permettre à une de leur collègue stagiaire de pouvoir assister à sa formation, raconte Le Midi Libre. Mais ce mois-ci, la jeune femme pourrait bien être obligée de "s'auto-remplacer", dénoncent les autres professeurs. Depuis la rentrée, nombreux sont les enseignants stagiaires à dénoncer les conditions dans lesquelles ils travaillent. Sans formation pratique et à temps plein, ils peinent à s’en sortir. Certains d’entre eux ont d’ailleurs déjà rendu leur tablier.
Les chefs d'établissements refusent donc de laisser partir les stagiaires en formation, pour ne pas laisser les élèves sans professeur. C'est la consigne qu'a donné le principal syndicat des proviseurs, le SNPDEN. “L’essentiel est que les élèves aient leurs heures de cours. Si le stage a lieu alors que le professeur a cours et qu’il n’est pas remplacé, la consigne est très simple, c’est celle de la continuité du service public, le professeur ne doit pas être autorisé à partir“, a déclaré son secrétaire général, Philippe Tournier.
Selon les professeurs, titulaires et stagiaires, la réforme de la formation des enseignants est responsable de cette situation. Lors de ces vœux à la culture, Nicolas Sarkozy est revenu sur le problème. "Je pense qu’il faut que nous remettions sur le chantier les éléments de formation, passer des IUFM à l’université, passer d’un niveau licence à un niveau master ne suffit pas", a-t-il déclaré.
Au ministère, on explique néanmoins qu'il s'agit de problèmes ponctuels, très locaux. La plupart des académies ont en effet pris le parti d'organiser des formations filées, une demi-journée par semaine, tout au long de l'année."
(source : S. Barnoin, N. Schulz et M-L. Combes, Europe 1, 26 janvier 2011)

Chatel primé

Chatel aurait voulu délibérement provoquer les profs qu'il ne s'en serait pas pris autrement, en annonçant hier son intention d'instaurer une prime au mérite de 6000 € pour récompenser les plus zélés des chefs d'établissements. L'affaire a certainement fait beaucoup parler dans les salles des profs, mais a aussi suscité de multiples commentaires dans les médias. De la "prime à la classe" de Libération à "la prime au manque de classe" de Guy Carlier, florilège :
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-La-prime-au-resultat-entre-au-college-et-au-lycee-_3636-1668797_actu.Htm
http://www.leprogres.fr/fr/france-monde/article/4519114/Prime-au-merite-pour-les-patrons-des-lycees-et-colleges.html

mardi 25 janvier 2011

Prime à la casse

Après les recteurs, ce sont les principaux et les proviseurs qui vont à leur tour passer à la caisse pour toucher leur part de prime à la casse de l'école. Chatel en effet annoncé aujourd'hui qu'une rémunération variable leur sera accordée tous les trois ans en fonction de leurs résultats. Le prix de la collaboration est fixé à 6000 € maximum par période triennale. On est loin des 22 000 € annuels versés au recteurs, mais la mesure est tout aussi scandaleuse. Cette décision qui s'inscrit dans le cadre d'un "système éducatif moderne" a pour but, selon Chatel, de "valoriser l'engagement personnel des acteurs de l'Education nationale" afin "d'améliorer les performances" du système éducatif.
Pour pouvoir toucher le jackpot, les responsables d'établissement seront évalués à partir de leur lettre de mission, en fonction de leur capacité à "mettre en place des contrats d'objectifs et de performance" et à mettre en oeuvre "le projet pédagogique [de leur] établissement", des "résultats scolaires" ou encore de leur "capacité à intégrer des élèves en grande difficulté".
Le Snes-FSU s'est empressé de dénoncer un dispositif mettant en place une "prime à la servilité" : "l'image que le chef d'établissement va donner, c'est quelqu'un qui est désormais dans le camp de ceux qui défendent des politiques contestées, comme les suppressions de postes ou la réforme du lycée", a estimé son co-secrétaire général Daniel Robin. Selon lui, ce n'est pas "un bon signe pour les relations" entre chefs d'établissement et professeurs. Ce pauvre Chatel n'a pas dû bien écouter son Maître. Lorsqu'il déclarait, la semaine dernière, que le "niveau de rémunération" était " la question centrale", ce n'était pas de la rémunération des bons exécutants de la politique gouvernementale que parlait Sarko Ier qui, à cette ocasion, affirmait même, sans rire, que "la rémunération de nos professeurs, c'est le chantier de l'avenir". Voilà des années que l'avenir attend, en vain, et que les profs ne cessent de voir diminuer leur pouvoir d'achat. Alors à quand une petite prime pour nous aussi, à titre de dommages et intérêts pour avoir déjà enduré trois ans et demi de sarkozysme... Nous le valons bien.

Ampère et Clair

Le collège Ampère d’Oyonnax est le seul établissement scolaire de l’Ain à tester le dispositif « Clair », un nouveau programme d’éducation prioritaire. Hier, une petite partie des enseignants (14 %) s’est mise en grève pour dénoncer les « dérives » de cette expérimentation « imposée à la rentrée dans le plus grand silence », selon Alexandre Charvier, professeur gréviste. Les inquiétudes portent essentiellement sur le recrutement des futurs enseignants. Selon les grévistes, le programme Clair « officialise la possibilité de faire appel à des contractuels non formés, mais plus flexibles et pouvant être amenés à faire beaucoup d’heures ».
Tous ont à l’esprit la récente polémique au collège Jean-Rostand d’Arbent. « Il faut que le recrutement des personnels de l’Éducation nationale reste équitable et soit basé sur le concours national », ajoute Jean-Charles Perrot, autre enseignant gréviste. Un collectif « Contre Clair » s’est d’ailleurs monté au collège. Il réunit la moitié des enseignants de l’établissement.
Depuis la rentrée, le dispositif « Clair » est expérimenté dans 105 établissements en France. Il sera vraisemblablement étendu à 2 000 écoles, collèges et lycées en septembre 2011.
(source : Le Progrès, 25 janvier 2011)

dimanche 23 janvier 2011

Premières infos sur la DHG 2011

A la prochaine rentrée le collège du Renon pourrait retrouver sa structure à 16 classes et récupérer la section qui a été supprimée cette année. Les effectifs seraient en effet à la hausse avec 119 élèves attendus en 6e (5 classes ?), 96 en 5 e, 95 en 4e et 68 en 3e, selon les premières projections. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. En effet, on vient d'apprendre que notre DHG sera malgré tout réduite de 20 heures par rapport à celle de cette année. Une classe en plus, mais 20 heures de cours en moins, quand on sait qu'une classe de 6e "consomme" 28 heures hebdomadaires... Cherchez l'erreur !

Faible mobilisation le 22 janvier

Il faut reconnaître que la mobilisation d'hier contre "la casse du service public d'éducation" a été faible. Avec 10 000 à 13 0000 manifestants dans tout le pays, soit moins d'un contestataire par poste supprimé à la rentrée 2011 (16000 annoncés), il est évident que, pour le moment, peu de profs se sentent concernés par la catastrophe qui s'annonce pour la prochaine rentrée. Espérons que la prochaine révélation des DHG et des conséquences réellles qu'elles auront dans les collèges et des lycées suscitera une prise de conscience et débouchera sur une réelle mobilisation contre la politique éducative destructrice de Sarkozy et de Chatel.

« Élève Luc Chatel, zéro pointé ! » Le ministre de l’Éducation nationale en a pris pour son grade, hier matin, lors de la manifestation à l’appel des principaux syndicats enseignants. Au marché couvert de Bourg-en-Bresse tout d’abord, puis devant l’Inspection académique, ils étaient environ deux cent cinquante à dénoncer « la casse du service public d’éducation ».
Sujet de grogne récurrent du monde enseignant, les nouvelles suppressions de postes prévues au budget 2011, estimées à 16 000 personnes dans les établissements scolaires. Avec pour conséquences, selon les syndicats, « des classes toujours plus chargées, la fermeture possible des petits établissements de proximité, une prise en charge des élèves en difficulté par les familles qui en ont les moyens, par le biais des officines privées, la fin de la scolarisation des moins de 3 ans, la réduction du nombre de surveillants, la mise à mal de la formation continue des enseignants, la dégradation continue du remplacement des enseignants absents, et les suppressions de sections dans les lycées généraux et professionnels ». Et de dénoncer dans l’Ain : 573 élèves en plus dans les écoles, mais trois postes en moins, 332 collégiens supplémentaires et 14 postes en moins, 337 lycéens en plus, mais deux classes supprimées.
Pendant la manifestation, un faux Luc Chatel, parodié en « Cuc Lhatel, sinistre de l’éducation » a été soumis à un amusant questionnaire sur le fichage des élèves, le management des enseignants au mérite ou encore la flexibilité. Un autre enseignant a exposé sa « machine à RGPP ». Enfin les manifestants pouvaient soumettre le ministre à la fameuse « évaluation » du moment. Ils lui ont unanimement demandé de revoir sa copie !
(source : Le Progrès, 23 janvier 2011)

Le Grand Rendez-Vous de Chatel

Invité du Grand Rendez-Vous d'Europe 1 ce matin, Luc Chatel s'est exprimé sur divers sujets comme la loi Ciotti, la question des rythmes scolaires, les suppressions de postes, la formation des jeunes enseignants et l'enseignement de l'anglais. Son talent à user de la langue de bois et sa tendance à vouloir noyer le poisson dans de longs développements a irrité à plusieurs reprises ses interlocuteurs. Nous en avons cependant retenu quelques informations :
- Loi Ciotti : Chatel assume la guerre déclenchée par le gouvernement contre l'absentéisme scolaire et le lien direct que la loi établit désormais entre assiduité scolaire et solidarité nationale. Il se dit "favorable" au principe de la "suspension" - et non "suppression" - des allocations familiales à partir de 4 demi-journées d'absence par mois. Malgré l'opposition du syndicat des chefs d'établissements, qui appelle à faire de la résistance, il est persuadé que les directeurs, principaux et proviseurs joueront le jeu et procéderont aux signalements auprès des inspections académiques afin d'engager un dialogue avec les familles, la suspension n'intervenant qu'un mois plus tard, si l'absentéisme des enfants persiste. Signalons que le texte publié aujourd'hui au J.O. attribue le pouvoir de suspendre les allocs aux inspecteurs d'académie, alors que depuis 2006 il revenait aux présidents des Conseils Généraux, qui n'en avaient jamais usé.
- Rythmes scolaires : rien de nouveau. Aucune décision n'a été arrêtée à propos de la durée des vacances d'été. Chatel annonce le début d'une phase de cinq de mois de discussions préalable à une décision qui devrait être prise en juin prochain, mais rappelle que les professionnels du tourisme ne seraient pas opposés au principe du zonage pour préserver leur saison.
- Suppressions de postes : peut-on faire mieux avec moins de profs et plus d'élèves ? La réponse de Chatel est "oui", car "la quantité n'est pas la réponse aux problèmes du système éducatif". Comme à son habitude, il a rappelé que le budget de l'Education nationale est de 60,5 milliards d'euros et qu'il a augmenté de 1,6 % cette année, alors que ceux de la plupart des autres ministères ont diminué, et qu'il représente aujourd'hui 21% du budget de la nation, "ce qui est plus que dans la moyenne des pays développés". Il a aussi rappelé qu'il y aura, à la rentrée 2011, 35 000 profs de plus qu'au début des années 90 et 540 000 élèves en moins. Sur la question des remplacements et du recours de plus en plus fréquent à Pôle emploi pour pallier les absences de profs, il a rappelé que le ministère oeuvrait efficacement sur le sujet en assouplissant le dispositif de recours aux TZR qui pouvaient dorénavant être employés dans les académies voisines de la leur, et en ayant réduit le délai de carence de 14 jours à 24 heures, cet effort dans la recherche d'une meilleure réactivité étant pleinement assumé par le ministre.
- Formation : après l'autocritique de Sarkozy lors de ses voeux au monde de la culture, le fidèle Chatel se réjouit "de la portée de la parole présidentielle", mais n'entend pas revenir sur sa réforme "audacieuse et importante". La masterisation reste une priorité du gouvernement. Il n'est pas question de revenir aux IUFM. Mais il annonce la mise en place de deux modules de stages de 108 heures chacun au cours des deux années de master 1 et de master 2, de masters en alternance, et la création de "petits modules de formation thématique", du style "gestion de classe", lesquels seront étendus à la rentrée.
- Enseignement des langues : bien plus que les langues étrangères, c'est l'enseignement de l'anglais qui fait figure de priorité : "il faut réinventer l'apprentissage de l'anglais" a-t-il déclaré, sentencieux. Ami(e)s anglicistes préparez-vous à entrer dans le troisième millénaire et à utiliser les nouvelles technologies pour revoir vos pratiques pédagogiques. Car il n'est pas question d'embaucher de nouveaux profs - une pratique surannée - mais de recourir, grâce au génie d'internet, à des "locuteurs natifs" qui interviendraient dans les classes via Skype. Ceci devra être complété par des accords de partenariat passés avec des établissements anglais ou américains, afin de faciliter les échanges, pour que tout élève puisse effectuer un séjour en terre anglophone au cours de sa scolarité. Aux frais de qui ? "Mystery"... D'ailleurs l'apprentissage de la langue de Shakespeare commencerait dès trois ans, sous la responsabilité des instituteurs de la maternelle qui devront ressortir leur Harrap's et leur meilleur accent pour connecter leurs élèves avec les indispensables "locuteurs" susmentionnés. A la maison, les parents pourront ensuite poursuivre ce travail grâce au CNED qui mettrait à leur disposition tous les outils pédagogiques nécessaires "pour permettre un apprentissage à distance" de cette langue. Faut-il prévoir une prime à la casse pour des profs d'anglais devenus désormais complètement "has been" ?

samedi 22 janvier 2011

Manifestation pour la défense de l'école à Bourg-en-Bresse

Un peu plus de 200 personnes ont manifesté ce matin dans les rues de Bourg-en-Bresse et devant l'inspection académique de l'Ain, pour dénoncer la casse du service public d'éducation et la politique aveugle de suppressions de postes du gouvernement. On aurait pu s'attendre à mieux, alors que le voile commence à se lever sur les DHG calamiteuses annoncées pour la rentrée 2011. Rappelons que si 573 élèves supplémentaires sont attendus dans le primaire et 337 dans les collèges du département, trois postes de professeurs des écoles et 15 postes de profs du secondaire devraient être supprimés. Dans les écoles primaires comme dans les collèges, rares seront, en septembre prochain, les classes à moins de 28 élèves.

Les grandes vacances rabotées ?

La commission sur les rythmes scolaires s'apprêterait à remettre à Chatel un rapport d'étape dans lequel elle préconiserait un racourcissement des vacances d'été et leur réorganisation sur la base de deux zones. Dans l'une, les vacances dureraientdu 1er juillet au 15 août et, dans l'autre, du 15 juillet au 1er septembre. Si cette proposition était retenue par le ministre, elle pourrait s'appliquer à partir de l'été 2014. Les syndicats d'enseignants rejettent en bloc cette proposition mais, du côté des professionnels du tourime, on se frotte les mains et le tiroir-caisse : "dans les zones touristiques, on ne serait plus dans l'engorgement, mais dans une meilleur cohabitation entre les populations locales et les touristes, dit-on du côté de l'union des métiers et de l'industrie hôtelière. Au final, c'est aussi moins de pollution, une hausse des tarifs liée à la saison moins importante, ou un allongement des contrats de travail de nos saisonniers". Les associations de parents ne sont pas contre non plus,"à condition de respecter tout au long de l'année scolaire le principe du 7-2, sept semaines de cours, deux semaines de vacances" explique-t-on à la FCPE.

vendredi 21 janvier 2011

Livret de compétences

Ou comment mettre les profs au pas... Voici un exemple de fiche d'évaluation - ou de flicage - d'un prof de collège proposé aux chefs d'établissements pour les aider à noter administrativement leurs profs. Un bel exemple de fiche de basse police, comme on n'en avait pas vu depuis les années 40. Ne manquent que la couleur de peau, la nationalité, les préférences religieuses et sexuelles et l'appartenance à une loge maçonnique. La servilité, l'abnégation, la capacité à encaisser sans broncher les coups et les humiliations, l'absence d'esprit critique, le zèle, la lèche et la veulerie seront dûment récompensés. Voilà qui témoigne bien de l'ambiance qui règne actuellement dans l'Education nationale !
On en connaît quelques uns qui risquent le zéro pointé...

(source : Le Mammouth déchaîné)

Doléances de profs stagiaires

(source : Le Parisien -Aujourd'hui en France, 21 janvier 2011)

jeudi 20 janvier 2011

Mobilisez-vous pour l'école !

Journée nationale d'action
contre la destruction du service public d'éducation
Pour la défense de l'école
Contre les suppressions de postes, la disparition de la formation des enseignants et la surcharge des classes
samedi 22 janvier 2011 - BOURG-EN-BRESSE
10 h. 30, marché couvert