mercredi 20 juin 2012

1000 créations de postes en primaire à la rentrée

Après une série de cafouillages sur la semaine de 4 jours, la durée des vacances de la Toussaint et l'éventuelle avancée de la date de la rentrée, Vincent Peillon a confirmé la création de 1000 postes en primaire à la rentrée. Tout le monde est d'accord pour reconnaître que cela ne suffira à combler les dégâts de la précédente administration Chatel, mais l'intention ne saurait être critiquée. Les académies de Créteil et de Versailles se tailleraient la part du lion en obtenant respectivement 80 et 100 postes supplémentaires. L'académie de Lyon en recevrait 65, autant que celles de Grenoble, Rennes, Bordeaux et Aix-Marseille. Il s'agit pour le nouveau ministre de «corriger les injustices des suppressions de postes» décidées par son prédécesseur, en tenant compte du niveau de "difficulté sociale et scolaire" propre à chaque académie mais aussi du facteur "ruralité, de façon à aider les académies dont les territoires ruraux ont été mis en difficulté par la fermeture de classes".

La répartition académie par académie : Aix-Marseille : 65 ; Amiens : 25 ; Besançon : 10 ; Bordeaux : 65 ; 
Caen: 20 ; 
Clermont-Ferrand : 25 ; 
Corse : 5 ; 
Créteil : 80 ; 
Dijon: 20 ; 
Grenoble : 65 ; 
Guadeloupe : 5 ; Guyane : 15 ;
Lille : 30 ; 
Limoges : 10 ; 
Lyon : 65 ; 
Martinique : 5 ; 
Montpellier : 35 ; 
Nancy-Metz : 10 ; 
Nantes : 50 ; 
Nice : 15 ; 
Orléans-Tours : 40 ; 
Paris : 15 ; 
Poitiers : 35 ; 
Reims : 15 ; Rennes
: 65 ;
Réunion : 15 ; 
Rouen : 20 ; 
Strasbourg : 15 ; 
Toulouse : 50 ; 
Versailles : 100

vendredi 1 juin 2012

Peillon fait du Chatel


Nouvelle déclaration hasardeuse de Vincent Peillon qui, dans un entretien accordé au Parisien du 31 mai,  a estimé que recourir contre rémunération à des professeurs retraités pour assurer des missions de tutorat auprès de leurs jeunes confrères stagiaires serait "une belle idée", Même s'il s'est empressé d'ajouter que cela ne saurait se faire sans une concertation préalable, il n'envoie pas là un signal encourageant, dans la mesure où cette idée est dans la lignée de celles qu'avait pu émettre son prédécesseur Luc Chatel. Heureusement, il a su su limiter son ardeur à vouloir faire appel aux "bonnes volontés" à la seule "transmission d'expérience", en excluant l'éventualité de faire appel aux seniors en mal d'élèves et trop accros à l'école pour faire des remplacements... pour le moment., 

vendredi 25 mai 2012

Peillon joue la transparence

Pas moins de 17 rapports qui avaient été planqués par Chatel et son équipe viennent d'être mis en ligne par la nouvelle équipe de l'Education nationale, qui affiché ainsi son désir de "transparence" et sa volonté de "contribuer utilement au débat public sur la réussite éducative". Rédigés par l’inspection générale de l'éducation nationale (IGEN) et l’Inspection générale de l’administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), ces rapports traitent notamment de la formation des enseignants, des procédures de remplacement, de l'école maternelle, du suivi des élèves en primaire, du dispositif Clair, de l'enseignement des langues anciennes, de la mise en oeuvre de la réforme de la voie professionnelle. Ils peuvent être consultés sur le site du ministère : http://www.education.gouv.fr/cid60403/publication-de-rapports-des-inspections-generales-igen-igaenr.html

dimanche 20 mai 2012

Changements de rythmes...

(source : Le Journal du Dimanche, 20 mai 2012)

samedi 19 mai 2012

une question de rythme

Vincent Peillon n'était pas encore installé dans son nouveau bureau du ministère qu'il annonçait déjà pour la rentrée 2013 la fin programmée de la semaine de 4 jours en primaire. Cet empressement à satisfaire à une doléance portée depuis plusieurs années par la FCPE a suscité des réactions immédiates afin de rappeler au nouveau ministre qu'il y a des rythmes à respecter, notamment en matière de discussion. Le changement c'est aussi le retour du dialogue, de la concertation, des pratiques qui avaient disparu au cours du dernier lustre et avec lesquelles il serait bien de renouer. D'ailleurs Ségolène Royal, en bonne maîtresse d'école, n'a pas manqué de le rappeler dans l'heure qui a suivi : «Je pense que la journée d'une passation de pouvoirs, ce n'est pas le moment de faire des annonces. Sur le fond, ça va dans la bonne direction, ce qu'il a dit, mais il faut respecter la phase de consultation et l'arbitrage du premier ministre". Le lendemain, sur France Inter, Super Ayrault lui même recadrait gentiment Peillon en déclarant que même si «Vincent Peillon a eu raison de rappeler que c'était une priorité, [...] la méthode, c'est la concertation [...]. Il y aura une concertation avec les enseignants, les parents d'élèves, les professionnels, tous ceux qui ont leur mot à dire, et puis, à la fin de cette concertation, il y aura un arbitrage, je le prendrai, pour que l'objectif principal soit respecté

jeudi 17 mai 2012

La feuille de route de Peillon

Invité de matin sur France Inter, le nouveau ministre de l'Education, Vincent Peillon, n°3 du nouveau gouvernement, a eu l'occasion de réaffirmer sa volonté de restaurer la confiance avec tous les acteurs de l’Education et de les associer à sa poltique de refondation de l’école. Il a rappelé les premières mesures qui seront décidées : l'abrogation du décret sur l'évaluation des personnels enseignants, la suspension des remontées nationales des évaluations des élèves de CM2. Il a aussi annoncé les chantiers qui seront très rapidement ouverts : recrutement échelonné de 60 000 personnels, dont 1000 profs et 2000 assistants pédagogiques dès la rentrée, réforme des rythmes scolaires à l'horizon 2013, revalorisation des filières professionnelles et technologiques, rétablissement de la formation des enseignants.


Il a reconnu que si les enseignants français sont parmi les moins bien payés de l'Union européenne, avec une rémunération inférieure de 20 % à la moyenne, ils le resteront puisque, paraît-il, leur priorité est la réussite de leurs élèves, et pas leur feuille de paye. Ceux qui déplorent la perte de pouvoir d'achat, qui est réelle chez les profs depuis plusieurs années, sont donc avertis : le nouveau ministre ne s'appelle pas " Vingt [pour] cent, Payons !".

Et Chatel s'en est allé....

La page est tournée. Ce matin Luc Chatel s'en est allé et, sans surprise, Vincent Peillon l'a remplacé au ministère de l'Education nationale. L'ancien employé deMamie Bettencourt laisse la place à un intellectuel, professeur agrégé et docteur en philosophie, auteur d'une thèse sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty. Son expérience comme prof fut brève, quelques années seulement entre 1986 et 1992 à Calais et comme formateur dans la Nièvre, puis de 1993 à 1997 à Nanterre et Neuilly-sur-Seine, après un court passage au cabinet d'Henri Emmanuelli à la présidence de l'Assemblée Nationale. Député de la Somme de 1997 à 2002, il est débarqué après un violent conflit qui l'opposa aux chasseurs picards. Recasé au CNRS pendant deux ans, il est élu député européen dans la circonscription du nord-ouest en 2004, puis dans celle du sud-est en 2009. Vincent Peillon est tout aussi mobile sur le plan politique, puisqu'après avoir fait ses premières armes chez les trotsksites, il navigue dans les différents courants du PS, d'Emmanuelli à Montebourg, puis de Royal à Aubry et à Strauss-Kahn, avant de rallier François Hollande. Pendant la campagne présidentielle, il coordonne l'équipe éducation-jeunesse-recherche du candidat normal.
Son arrivée rue de Grenelle était donc attendue. Des dossiers chauds-bouillants l'y attendent. Il a déjà annoncé l'annulation du décret sur l'évaluation des personnels signé à la hâte par Chatel le lendemain de la défaite de Sarko, et la remise en question des évaluations qui ont lieu actuellement en primaire. Mais il lui faudra surtout préparer la prochaine rentrée, qui s'annonce déjà très sombre. Il a d'ailleurs rappelé ses priorités dès ce matin sur France Inter.
Mais que faut-il attendre de Peillon ? L'homme est dit intelligent, policé, mais parfois cassant et brutal. Hollande dit qu'il faut "se méfier de lui" et qu'il est "sournois comme un serpent". Même si les mois qui viennent s'annoncent meilleurs, après cinq années de matraquage incessant et de profond mépris, il faudra donc rester vigilant.

mercredi 9 mai 2012

Dernière provoc'

Ils n'allaient pas nous quitter comme ça, sans un cadeau d'adieu. Et bien c'est fait. Avant de se réunir une dernière fois à l'Elysée, à quelque heures de la démission du gouvernement, Fillon et Chatel ont signé le décret 2012-702 sur l'évaluation des enseignants, qui a été publié mardi 8 mai au Journal officiel. Vincent Peillon, conseiller éducation du Président normal et vraisemblable prochain locataire de la rue de Grenelle, a immédiatement réagi en dénonçant un "passage en force "et un "mépris du dialogue social", avant d'annoncer que ce décret sera abrogé "dès la prise de fonction de François Hollande".

Le texte publié prévoit, pour les profs enseignant en collège, que :

- "la valeur professionnelle des professeurs d'enseignement général de collège affectés dans un service ou établissement relevant du ministre chargé de l'éducation nationale et placé sous l'autorité ou la tutelle d'un recteur d'académie est appréciée dans le cadre d'un entretien professionnel qui intervient tous les trois ans" (article 17)

- "l'entretien professionnel est réalisé sur la base d'une autoévaluation" (article 17-1)

-"l'entretien est conduit, pour les professeurs d'enseignement général de collège qui exercent des fonctions d'enseignement, par le chef de l'établissement dans lequel ils sont affectés, et pour les autres professeurs d'enseignement général de collège, par le supérieur hiérarchique direct dont ils dépendent au sein du service où ils sont affectés". (article 17-5)
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000025824582&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

mardi 8 mai 2012

Générique de fin

Le changement, c'est maintenant ?

L'école, qui est une des grandes préoccupations des Français, a été au coeur de la campagne du nouveau Président qui a encore rappelé, dimanche soir, la priorité qu'il accorde à la jeunesse, demandant même à être jugé dans cinq ans sur son bilan en matière de jeunesse et de justice. Alors à quoi faut-il s'attendre dans les mois qui viennent dans l'Education nationale ?

Plusieurs mesures devraient entrer en application dès la rentrée de septembre. L'allocation de rentrée devrait être augmentée de 25 % et portée à 360 € pour un enfant de 6 à 10 ans, à 380 € pour les 11-14 ans et à 393 € pour les 14-18 ans. Le 14000 postes supprimés par le gouvernement Fillon ayant été actés, un millier d'enseignants supplémentaires devraient cependant être affectés en primaire et, à un moindre degré dans le secondaire. Des questions se posent encore à propos des modalités de recrutement, puisqu'ils devraient être recrutés parmi les candidats admissibles aux concours. La formation des jeunes profs devrait être revue de fond en comble et, dès la rentrée, leur emploi du temps pourrait être allégé pour qu'ils puissent être convenablement accompagnés par un tuteur et pour qu'ils puissent compléter leur formation dans des conditions décentes. On annonce aussi l'arrivée de plusieurs milliers d'assistants d'éducation qui devraient être recrutés dans le courant de l'été pour surveiller et encadrer les élèves et aider ceux d'entre eux qui sont en difficulté.

Il ne faut pas par contre s'attendre à des allègements d'effectifs dans les classes, même si quelques fermetures de classes pourront être annulées. Par contre, davantage d'enfants de moins de 3 ans pourront faire leur première rentrée en maternelle au mois de septembre. Leurs aînés de CE1 et de CM2 pourraient ne plus être soumis aux évaluations nationales imposées par le précédent ministère et très décriées par les professeurs des écoles. Quant au retour de la semaine de 4 jours 1/2 en primaire, rien n'est acté et la mesure pourrait avoir sa place dans la loi d'orientation de programmation prévue à l'automne, pour être appliquée à la rentrée 2013.

Les revendications des parents et des profs étaient nombreuses et justifiées. Beaucoup de promesses ont été faites pour redonner à l'école un éclat qu'elle avait perdu à force d'être rouée de coups par Sarko et sa triste équipe. Soyons vigilants !

samedi 5 mai 2012

Education : le programme de Nicolas Sarkozy

ENSEIGNEMENT :

- Améliorer la transition école-collège en 6e-5e. L’enseignement sera recentré autour du français et des mathématiques, et assuré par une équipe d’enseignants restreinte.

- Permettre à tous lycéens de passer le « code » et instaurer un délai maximal d’un mois entre deux passages du permis de conduire. Le coût du permis de conduire sera divisé par deux.
PERSONNELS :
Accroître la présence des professeurs du secondaire en dehors des heures de cours pour soutenir les élèves qui en ont besoin. "Nous inciterons les enseignants qui le souhaitent à être présents 26 heures par semaine dans les établissements. En contrepartie, ils seront augmentés de 500 € nets par mois et disposeront d’un bureau".
ZEP :
- Ne plus laisser les collégiens livrés à eux-mêmes. Chaque élève fragile aura un professeur tuteur qui l’accompagnera dans son travail personnel, l’aidera à acquérir des méthodes de travail efficaces et à combler ses lacunes.
- Ne plus accepter qu’un seul élève n’entre en 6e sans savoir lire, écrire et compter : à cette fin, consacrer 2 000 euros par an par enfant aux 100 000 élèves qui, dès la maternelle et le CP, rencontrent des difficultés. "En agissant vite, nous transformerons pour toujours l’avenir de ces jeunes".

(Source : tempsreel.nouvelobs.com)

Education : le programme de François Hollande

TEMPS SCOLAIRE ET PEDAGOGIE :
- "Dans l’intérêt de nos enfants, je reverrai les rythmes scolaires, qui n’ont aucun équivalent en Europe".
- "Je donnerai la priorité à l’acquisition des savoirs fondamentaux et d’un socle commun de compétences et de connaissances".
- "Au collège et au lycée, nous transformerons, avec les enseignants, les méthodes pédagogiques".
- "Les élèves les plus en difficulté bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour que, à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux."
PERSONNELS :
- "Dans l’affectation des nouveaux personnels, ma priorité ira aux écoles maternelles et primaires, car c’est là que les premières difficultés se manifestent et que l’échec scolaire se forme, ainsi qu’aux zones en difficulté".
- "Je mettrai en place un prérecrutement des enseignants avant la fin de leurs études. Pour tous, je rétablirai une formation initiale digne de ce nom".
- "Je créerai en cinq ans 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation. Ils couvriront tous les métiers".
EN ZEP :
- Travailler en co-production avec tous les services de l’Etat : pour une meilleure compréhension des situations grâce à une plus grande circulation de l’information entre l’Éducation nationale, la justice et la police.
- Revoir le mode d'affectation des personnels : privilégier les enseignants et les encadrants ayant de l’expérience dans les établissements concernés par les difficultés sociales.
- Augmenter le nombre d’adultes dans les établissements les plus difficiles : enseignants, psychologues, infirmières, mais aussi personnel d'encadrement, et un nouveau métier : le métier de la prévention et de la sécurité dans l'enseignement, affecté dans les établissements, à plein temps.
- Améliorer la prise en charge des élèves en situation de rupture : collectivités locales, établissements scolaires et associatifs agiront ensemble. Aucun élève ne doit être exclu.
ALLOCATION DE RENTREE SCOLAIRE
"Augmenter de 25% l'allocation scolaire dès la prochaine rentrée."
ORIENTATION
Créer un service public de l'orientation territorialisé. Ce service devra être unifié du secondaire au supérieur. Dans les universités, des bureaux d'insertion professionnelle avec de vraies compétences et des moyens seront mis en place. Les régions collaboreront à ce projet.
FORMATION PROFESSIONNELLE
- "Je veux lutter contre la précarité des jeunes. J’offrirai à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation, d’apprentissage ou un service civique".
- "Je renforcerai et valoriserai les filières d’enseignement professionnel et technologique".


(Source : tempsreel.nouvelobs.com)

vendredi 27 avril 2012

Un duel, deux programmes

A voir ou à revoir sur le site i-télé, la vidéo du débat entre Le futur-ex ministre de l'Education, Luc Chatel et son probable successeur, Vincent Peillon.


Nos duettistes se sont retrouvés une nouvelle fois, le 2 mai, sur l'antenne de France Inter. http://www.franceinter.fr/emission-le-79-vincent-peillon-et-luc-chatel


Le bon choix

A une semaine du second tour, quel sort doit-on lui réserver ?


ou

jeudi 19 avril 2012

Sarkozy et l'école : le bilan des cinq ans

Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy avait promis une «refondation» de l’école dans sa «Lettre aux éducateurs», tirée à un million d’exemplaires. En cinq ans, il a multiplié les réformes controversées et supprimé 80 000 postes, et laisse des enseignants amers d’avoir été aussi mal traités.
La formation des enseignants : zéro pointé
Dès avril 2008, Nicolas Sarkozy annonce une réforme de la formation des enseignants, appelée "masterisation" : désormais les profs, du primaire comme du secondaire, devront avoir un master (bac+5), au lieu d’une licence (bac +3) la plupart du temps, pour passer le concours. Il explique que la revalorisation des profs est une «priorité» et que la masterisation va permettre de «payer davantage les jeunes enseignants». Officiellement, il s’agit aussi de s’aligner sur le reste de l’Europe où, majoritairement, les profs ont un master.
La réforme est très controversée depuis le départ. Principale critique : l’année de formation en alternance dans les IUFM, qui suivait le concours, a été supprimée. Une fois le concours en poche, les nouveaux profs — les «stagiaires», qui seront titularisés au bout d’un an — sont parachutés en classe à plein-temps sans formation, démunis face aux élèves. Certains syndicats critiquent aussi la baisse du poids des épreuves disciplinaires dans le concours. Mais tous les syndicats s'accordent sur un point : cette réforme est une manière pour le gouvernement de faire des économies — 16 000 postes supprimés la première année.
Stress, démotivation, crise des vocations ... Beaucoup de jeunes profs souffrent de leurs conditions d’entrée dans la profession. Les étudiants se plaignent de la difficulté à préparer à la fois le master et le concours à la fac. Et dans certaines disciplines, on peine à recruter. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes a dressé un bilan sans appel de cette réforme ratée et plus coûteuse que prévue, avec des conséquences désastreuses pour les élèves.

La réforme de l'école primaire : déstabilisante

Dès septembre 2007, le ministre de l’Education Xavier Darcos annonce la suppression de la classe le samedi matin. Au grand dam des chronobiologistes, la semaine de quatre jours, qui existait ponctuellement, devient la règle. De vingt-six heures, la semaine passe à vingt-quatre heures. En contrepartie, les enseignants sont tenus d’organiser deux heures d’«aide personnalisée» pour les élèves en difficulté. Simultanément, une réforme des programmes est adoptée, avec un recentrage sur les fondamentaux, et des stages gratuits de «remise à niveau» en français et en maths sont créés pendant les vacances pour les CM1 et les CM2.
L’organisation de l’aide personnalisée, la principale nouveauté, vire au casse-tête : selon les écoles, cela se passe le midi ou après les cours, et souvent en groupe. Les profs s’estiment mal formés pour aider les élèves en grande difficulté alors même que l’on supprime des postes de Rased, les maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire. D’autres enseignants refusent d'appliquer la réforme, par conviction. «Les désobéisseurs», comme ils se font appeler, boycottent aussi les fameuses évaluations mises en place en CE1 et CM2, jugées «déstabilisantes pour les élèves».
Le débat sur les rythmes scolaires est relancé. Mais le ministre Luc Chatel n’a pas osé trancher, craignant de mécontenter les parents, les élus locaux ou les professionnels du tourisme. Il se félicite en revanche que la réforme du primaire a fait progresser les élèves au vu des évaluations de CE1. On est pourtant encore loin de l’objectif affiché au départ : diviser par trois en cinq ans le nombre d’élèves en difficulté (estimés à 15% à la sortie du CM2). Dans les classes, ces évaluations restent très contestées.

L’assouplissement de la carte scolaire : pagaille et appréhension
En 2007, le candidat Sarkozy promet de redonner leur liberté aux familles pour choisir l’école de leurs enfants. Il estime que la carte scolaire est contournée par les parents les mieux informés qui arrivent toujours à inscrire leurs enfants dans les meilleurs établissements, alors que les autres sont condamnés à rester dans leur secteur. La supprimer serait, selon lui, faire œuvre de justice sociale. Dès son élection, il fixe à Xavier Darcos pour objectif de «rendre la carte scolaire superflue par l’égalisation du niveau des établissements».
Pour en finir avec l’«opacité» du système précédent, Xavier Darcos fixe des critères ouvrant droit à des dérogations : être boursier, handicapé, membre d’une fratrie, avoir un parcours scolaire particulier, etc. Mais il ne parle que d’un assouplissement de la carte scolaire : les élèves habitant près d’un établissement continuent d’avoir le droit d’y être scolarisés. Et comme les locaux ne sont pas extensibles, il reste finalement assez peu de places libres pour des dérogations… Beaucoup de familles, qui croyaient pouvoir choisir, sont déçues. Sans le dire, la suppression de la carte scolaire, infaisable, a été abandonnée.
Toutes les études concluent à un impact limité. Contrairement aux prévisions les plus pessimistes, les collèges ghettos ont parfois perdu des élèves, les meilleurs en profitant pour partir. Mais ils n’ont pas été vidés de leurs effectifs et très peu ont dû fermer. Des élèves boursiers ont par ailleurs pu s’inscrire dans de «grands» lycées ou cités scolaires, introduisant une certaine mixité sociale. Mais leur nombre est limité. Les annonces autour de la carte scolaire ont surtout accru l’angoisse des familles et conforté l’idée d’une hiérarchie entre établissements.

La création des «internats d’excellence» : limitée et critiquée
C’est en février 2008, dans le cadre du Plan Banlieue, que Nicolas Sarkozy lance cette idée. Ouvrir des internats pour les élèves «méritants», de milieux défavorisés et à qui on va offrir des conditions d’études particulièrement bonnes : soutien scolaire, activités sportives, culturelles, voyages, etc. A l’autre extrémité, pour les élèves «perturbateurs», Sarkozy veut des «Etablissements de réinsertion scolaire» (ERS) où l’on retravaille les bases scolaires et les règles de vie en commun. Les premiers ont ouvert leurs portes en 2010.
Le premier «internat d’excellence» est inauguré en grande pompe à la rentrée 2009 à Sourdun (Seine-et-Marne), dans une ancienne caserne fermée en raison de la refonte de la carte militaire. Ces internats sont conçus comme des «avant-gardes» de l‘école de demain : des établissements largement autonomes où les profs sont recrutés par le directeur, où ils restent bien au-delà de leurs heures de cours, où l’innovation pédagogique est encouragée, etc. Des nouveautés qui seront reprises dans les 300 collèges et les lycées du dispositif «Eclair» (écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite). L’objectif affiché d’Eclair est d’arriver à fixer, dans ces établissements difficiles, des équipes motivées, qui seraient portées par un projet commun et constituées par des profs chevronnés.
Pour Nicolas Sarkozy, c’est l’une des réussites du quinquennat. Il vante régulièrement les 10 000 places créées - bientôt 20 000 - grâce au Grand Emprunt. En réalité, seize internats ont ouvert à ce jour, offrant 3 258 places, les autres étant des places réservées dans des internats déjà existants. Selon des études, ces internats font progresser les élèves. Mais le dispositif est très coûteux et suscite des réserves alors que dans le même temps, on supprime des postes et que l’éducation prioritaire s’appauvrit.
Les ERS (pour les élèves perturbateurs) ont connu des débuts difficiles et ne concernent au final que quelques dizaines d’élèves. Quant au dispositif «Eclair», conçu pour les établissements difficiles et que Sarkozy voudrait étendre, il peine à trouver des profs candidats.
La réforme du lycée : mitigée
Les temps ont changé mais pas le lycée, estime
Nicolas Sarkozy : les élèves accumulent les heures de cours avec des profs enfermés dans leurs disciplines et sont mal préparés au supérieur. Il charge le ministre de l'Education Xavier Darcos de mettre rapidement en place une réforme.
Le ministre Darcos se heurte à une forte mobilisation, la réforme est abandonnée sous la pression de la rue en 2008. Elle sera finalement remise sur la table en 2009 par Nicolas Sarkozy lui-même, dans une version édulcorée et avec la promesse qu’elle n’entraînera pas de suppressions de postes. Le calendrier de mise en œuvre est progressif : dès la rentrée 2010 pour la seconde, en 2011 pour la première et 2012 pour la terminale.
La réforme prévoit deux heures d'«accompagnement personnalisé» par semaine – pour du soutien, de l’approfondissement ou une réflexion sur l’orientation. Le choix de la filière est repoussé en première et pour les aider à se déterminer, en seconde les élèves ont des enseignements d’exploration d’une heure et demie par semaine.
Dans les faits, les changements sont timides. L’un des points clés – rééquilibrer les filières afin d’atténuer la suprématie de S – ne progresse guère. Des oppositions demeurent : certaines disciplines se retrouvent lésées comme l’histoire-géographie désormais facultative en terminale S, et les SES dont un quart du volume horaire part en fumée au cours des trois années de lycée. En mars 2012, les inspecteurs généraux en dressent un bilan très mitigé.
La réforme de la voie professionnelle : division et inquiétude
Dès septembre 2007, le ministre Xavier Darcos annonce qu’il va généraliser la préparation du bac pro en trois ans – contre quatre ans jusqu’ici dans la plupart des cas, c’est-à-dire deux ans jusqu’au BEP (brevet d’enseignement professionnel), puis deux ans encore pour le bac. L’objectif est de pousser davantage de jeunes à poursuivre jusqu’au bac, voire après, et de diminuer les sorties sans qualification. Il s’agit aussi de valoriser une filière longtemps méprisée, en instituant un «vrai» bac en trois ans comme les bacs généraux et technologiques.
Les syndicats sont divisés. Certains se félicitent de cette revalorisation. D'autres craignent que les élèves, en difficultés souvent, aient du mal à acquérir en trois ans ce qu’ils apprenaient en quatre, à moins d’alléger encore la part des enseignements généraux. Enfin, beaucoup redoutent qu’en supprimant ainsi une année dans le cursus pro, le ministre cherche là encore à économiser des postes d’enseignants.
Les BEP ont disparu et le nombre de bacheliers pros a grimpé. Mais il leur manque toujours des débouchés post-bac et beaucoup vont se perdre à la fac. La voie professionnelle, durement touchée par les suppressions de postes, est en outre inquiète pour son avenir. Nicolas Sarkozy veut rendre obligatoire l’alternance en terminale. Après une expérimentation cette année, le ministère généralise à la rentrée une troisième prépa-pro, et l’apprentissage est de nouveau autorisé dès 14 ans. Comme un retour à une orientation précoce vers des voies courtes, hors du scolaire.

(Source : Libération, 19 avril 2012)

lundi 16 avril 2012

Un nouveau Brevet des Collèges pour 2013

Le brevet des collèges devrait évoluer pour sa session 2013. En Français, la dictée seraplus longue et passera de 600 à 800 caractères et deux sujets de rédaction, un d'imagination, l'autre de réflexion, mais sans consignes explicitées, seront proposés au choix des candidats. En maths, le nombre d'exercices passera de 6 à 10, mais conçus de façon indépendante afin qu'il ne soit pas nécessaire de réussir le premier pour pouvoir faire les autres ; l'un d'entre eux devrait être «une tâche complexe», pour laquelle «l'élève [devrait] utiliser des connaissances et des savoir-faire différents». Quant à l'épreuve d'histoire-géo, elle se déclinera désormais en trois disciplines (histoire, géographie et instruction civique) qui devront obligatoirement être traitées chacune par les candidats, tandis que le paragraphe argumenté laissera la place à une question à développer.

vendredi 13 avril 2012

L'école des inégalités

Oui ou non, l’école donne-t-elle les mêmes chances de réussir à tous les élèves de France, qu’ils habitent les beaux quartiers de Paris, une cité de Seine-Saint-Denis ou le fin fond de la Lozère ? Ou amplifie-t-elle les inégalités ? A dix jours de l’élection présidentielle, un prérapport de la Cour des comptes, révélé hier par Le Monde, relance le débat : loin de combler les écarts, selon lui, l’Etat ne ferait que les aggraver en donnant plus à ceux qui ont plus, c’est-à-dire aux établissements déjà privilégiés. Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a accusé le quotidien de «réciter en bon élève la leçon du candidat Hollande».
Les extraits de ce texte - 93 pages d’observations provisoires soumises au ministère avant le rapport définitif - sont accablants. En 2010, l’Etat a dépensé 47% de plus pour un élève parisien que pour un banlieusard de Créteil ou de Versailles, et 51% de plus que pour un Niçois. Ou encore : à la rentrée 2011, l’académie de Créteil, qui gagnait 3 836 élèves dans le second degré, a perdu 426 postes d’enseignants, alors que pour 1 000 élèves supplémentaires, celle de Paris a reçu 20 profs en plus.


dimanche 8 avril 2012