mercredi 10 mars 2010

Des établissements de l'Ain rebaptisés

Une centaine de profs se sont retrouvés en début d'après-midi devant l'inspection académique de l'Ain à Bourg-en-Bresse, pour dénoncer la baisse des dotations horaires et donner solennellement à leurs établissements de nouveaux noms davantage dans l'air du temps.

VONNAS : le collège du NON ! et du Re-NON !

PONT-DE-VEYLE : collège du GRAND SABORDAGE

MONTREVEL : collège de L'HUPPE... PLUMEE

CEYZERIAT : collège DESOSSE

BOURG (Gabriel Voisin) : L.P. de L'ABANDON

HAUTEVILLE : collège SIXDENIER... PAS UN DE PLUS !

mardi 9 mars 2010

En attendant la manifestation académique
du 12 mars.
Lycées, collèges, lycées professionnels de l'Ain
Mercredi 10 mars
14 h. 30
RASSEMBLEMENT départemental
DEVANT l'I.A.
BOURG-EN-BRESSE
Contre les D.H.G., les suppressions de postes, la réforme du lycée, la masterisation et les dernières provocations imbéciles et électoralistes d'un ministre indigne.
Nous y serons - Venez nombreux.

L'interview de la honte qui attise la colère

Face à la multiplication des recours lancés par les associations de parents d'élèves contre sa personne pour non-remplacements trop fréquents d'enseignants, Chatel a décidé de prendre à bras le corps le problème du non remplacement des absences de courte durée. Mais à quel prix ! Ces solutions sont inadmissibles ! Une agression supplémentaire ! Des jeunes retraités et des étudiants pourraient être sollicités pour remplacer les enseignants absents, ce qui permettrait aux rectorats de se constituer à bon compte des fichiers de contractuels associés qui s'ajouterait à celui des professeurs non titulaires. Pire, il affirme que des étudiants sont capables de prendre en charge n'importe quelle classe, sans aucune formation. Des propos honteux ! Tout le monde le sait : n'importe qui peut "faire le prof" car ce n'est pas un vrai métier. Quant à sa comparaison avec les internes en médecine elle est d'une absurdité totale. Enfin, comme cet incapable n'est pas à une provoc' près, il propose également de pouvoir affecter les titulaires remplaçants dans d'autres académies que celle à laquelle ils sont en théorie rattachés. Une seule chose intéresse le ministre : "mettre chaque jour" des adultes face aux élèves. Peu importe qui ils sont. Peu importe pour quoi faire.

Texte de l'entretien publié aujourd'hui par Le Parisien (http://www.leparisien.fr)
Q. : Ce matin, vous allez demander aux recteurs de se mobiliser pour améliorer les remplacements...
R. Luc Chatel : Il est temps de décréter la mobilisation générale à tous les échelons de l’Education nationale. Je caricature un peu en disant qu’on entend parfois : « Tiens, le prof de musique est absent depuis trois semaines, mais ce n’est pas grave ». Ce ne devra plus être le cas. Il faut se mobiliser pour toutes les disciplines, parvenir au remplacement des enseignants, dans le primaire comme dans le secondaire, dans les délais les plus brefs : enclencher la recherche de solution dès le premier jour.
Q. : Le manque de remplaçants a toujours mécontenté les parents. Mais, ces derniers mois, la tension est montée : forte mobilisation et recours devant le tribunal administratif en Seine-Saint-Denis… La situation s’est-elle donc aggravée ?
R. : Non, et je tiens à ce qu’on évite deux idées fausses. La première serait de considérer que les professeurs sont trop souvent absents. Si l’on regarde les motifs dans le premier degré, qui compte 80 % de population féminine, dans 38 % des cas il s’agit de congés maternité. Deuxième idée fausse : parce qu’à certains endroits il y a de réelles tensions, ponctuelles, considérer que l’ensemble de la machine est grippé. Il n’y a pas de problèmes partout. Mettre chaque jour l’un des 857 000 professeurs devant chacun des 12 millions d’élèves pour assurer 2,5 millions d’heures de cours, c’est une prouesse. Ceci dit, le système actuel est plus efficace pour les absences de plus de quinze jours : 91,3 % en primaire, 92 % dans le second degré. Pour les absences de courte durée, le taux de remplacement n’est que de 19 % dans le second degré ! Or, les trois quarts des absences sont imprévisibles, inférieures à une semaine. C’est là-dessus que nous allons concentrer nos moyens.
Q. : Comment comptez-vous améliorer le système ?
R. : Je veux qu’il devienne plus réactif, mieux structuré et plus souple. Il n’est pas question de le piloter depuis le ministère, mais au plus près du terrain : c’est là qu’on pourra faire du « cousu main ». Je veux que chaque chef d’établissement désigne chez lui un « pilote » chargé du remplacement. Que dès le premier jour d’absence, s’il ne peut pas faire remplacer l’heure manquante par un collègue au sein de son collège ou lycée, il fasse appel au rectorat. Dans chaque académie, il devra également y avoir un interlocuteur dédié à ce seul problème, identifiable par les établissements et les fédérations de parents d’élèves. Parallèlement, d’ici la rentrée, chaque rectorat va devoir améliorer son vivier de remplaçants pour le second degré.
Q. : Pourquoi ? N’y en a-t-il pas assez ?
R. : Oui et non. Cinquante mille des 857 000 professeurs sont des remplaçants titulaires. Il apparaît même que 10 % de ces titulaires en primaire et 20 % dans le secondaire ne sont pas pleinement utilisés. Pour en finir avec ce curieux paradoxe, je souhaite qu’on fasse bouger les frontières académiques. En cas de besoin, le futur responsable de rectorat devra pouvoir appeler son homologue de l’académie voisine : si, à Paris, on manque de remplaçants en maths dans le XIXe ou le XXe arrondissement, il y en a peut-être 3 disponibles à Créteil rattachés à des établissements proches de Pantin ou Bagnolet. Même chose entre Avignon et Villeneuve-lès-Avignon, qui se touchent mais ne font pas partie de la même académie. Ensuite, pour mieux pallier les absences de courte durée, chaque rectorat devra constituer un vivier supplémentaire de contractuels associés : des personnes qui auront déjà été vues par les inspecteurs, et dont on sait qu’on pourra les appeler au pied levé, pour un ou trois jours, de jeunes retraités de l’Education nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés.
Q. : Des étudiants ? C’est un sujet sensible : les pensez-vous capables de prendre une classe sans y avoir été formés ?
R. : Mais oui. La pratique, lorsqu’on est en formation, consiste justement à se trouver « en responsabilité » devant une classe. C’est devant les élèves qu’on apprend le mieux à enseigner ! En outre, ces étudiants auront avant bénéficié de stages d’observation avec des profs expérimentés. Nombre de métiers fonctionnent d’ailleurs ainsi : quand vous allez à l’hôpital, le médecin que vous rencontrez est la plupart du temps un étudiant en médecine qui passe une partie de son temps en cours et l’autre face aux malades.

lundi 8 mars 2010

Lycées français : un succès... à nos frais

Fort de 250 000 élèves, le réseau des lycées fraçais de l'étranger a enregistré cette année 4 % d'augmentation de ses effectifs.
L'actrice Jodie Foster, le diplomate Boutros Boutros Ghali, l'architecte Ricardo Bofill ou la cinéaste Marjane Satrapi : ces personnalités de premier plan issues du monde entier ont bénéficié de l'enseignement des lycées français de l'étranger dont l'attractivité est aujourd'hui au plus haut. Ce réseau, fort de ses 450 établissements et de ses 250 000 élèves, a enregistré cette année 4 % d'augmentation, selon Anne-Marie Descôtes, directrice de l'Aefe (Agence pour l'enseignement français à l'étranger), dépendant du ministère des Affaires étrangères.
Souvent vilipendé en France, le système scolaire français est plébiscité hors de nos frontières… Selon une enquête menée auprès de parents américains, ces derniers apprécient surtout sa ­rigueur ainsi que l'apprentissage de l'esprit critique qui y est délivré. Ils sont d'autant plus avides d'y inscrire leurs enfants que ces derniers réussissent mieux, ensuite, à l'université que leurs camarades élevés à l'américaine.
L'augmentation des effectifs est particulièrement fulgurante depuis deux ans dans plusieurs pays d'Asie (+ 10 %), en Inde, au Vietnam, en Corée ou en Chine. Cet accroissement s'explique par le fait que les Français sont plus nombreux à s'installer dans ces pays. À l'inverse, les établissements de Moscou, de Prague ou de Tokyo ont perdu quelques dizaines d'élèves à cause du départ de nationaux, lié à la crise financière.
Les Français sont prioritaires pour les inscriptions. Près de 40 % des élèves sont néanmoins étrangers, car les lycées ont aussi une mission d'influence et de rayonnement. Loin devant les différents instituts culturels de l'étranger, ce sont eux qui portent haut les couleurs de la francophonie.
Grand chamboulement dans ce système, depuis 2007, grâce à une promesse de Nicolas Sarkozy, pour les élèves français, l'inscription est gratuite à partir de la classe de seconde, alors que les familles ou, souvent, leurs employeurs finançaient auparavant une scolarité moyenne de 3 500 euros pouvant atteindre jusqu'à 15 000 euros pour le lycée français de San Francisco ! Des sommes s'expliquant par le coût de la vie dans ces pays. Désormais, l'État prend tout en charge, soit 100 millions d'euros par an. L'effet d'aubaine ne s'est pas fait attendre. La hausse des effectifs est essentiellement le fait de familles françaises, notamment à Londres, à Bruxelles, à Madrid, à New York ou dans les pays du Maghreb : des familles franco-marocaines dont les enfants étaient scolarisés dans des «établissements moyens» de la banlieue parisienne ont carrément fait le choix de s'établir au Maroc pour inscrire leurs enfants à Casablanca ou à Rabat dans un des lycées français, connus pour leur excellent taux de réussite au bac et leur environnement protégé. La gratuité les a incités à déménager, affirment-ils ! Mécaniquement, il y a moins d'élèves étrangers dans les établissements. Non prioritaires, ils risquent de servir de «variable d'ajustement», craignent des diplomates. Et les grandes entreprises se désengagent sur un plan financier, explique Anne-Marie Descôtes.
Généreuse dans son principe, cette me­sure peut néanmoins avoir des «con­séquences préoccupantes liées à l'équité et à la discrimination», observe un rapport remis au ministre des Affaires étrangères. À Londres, des familles disposant de revenus annuels compris entre 500 000 et 1 million d'euros bénéficient de la gratuité. «Cette mesure profite par ailleurs à de nombreuses familles sans attache avec la France et non soumises à l'imposition fiscale en France», argue le rapport. À l'inverse, des familles expatriées aux revenus parfois modestes ont aujourd'hui accès à ces établissements. Le débat est donc loin d'être clos. Si le système devenait entièrement gratuit de la maternelle à la terminale - un sujet polémique qui n'est pas encore tranché au Parlement -, la somme prise en charge par l'État avoisinerait, selon certaines sources, de 400 à 500 millions d'euros par an (*).
(source : Le Figaro, 8 mars 2010)
(*) Rappelons en passant que Petit Louis est élève du lycée français de New York.

Réforme de la formation : une usine à gaz

La réforme de la formation des enseignants tend le climat dans l'Education nationale

En septembre, comme à chaque rentrée, le ministère devra placer devant des élèves des enseignants débutants. La différence, c'est que cette fois, une partie d'entre eux auront un handicap supplémentaire : ils seront encore plus débutants que leurs prédécesseurs et n'auront même pour certains jamais vu une classe. Ce sera l'un des effets de l'entrée en application de la réforme de la formation des enseignants, engagée en 2008 par Xavier Darcos, alors ministre de l'éducation, et dont son successeur Luc Chatel a hérité.
Pour le ministère, tout va bien. En organisant le "compagnonnage", c'est-à-dire l'accompagnement des profs débutants par des enseignants expérimentés, cette réforme va introduire du concret et du bon sens à la place des théories pédagogiques issues de 1968. Pour tous les autres dans l'éducation nationale, y compris les adversaires de ces théories, tout va mal. Ils regrettent qu'on prenne le risque de mettre des jeunes non formés face à des élèves qui vont servir de cobayes. A part quelques officiels, personne ne semble croire vraiment en la viabilité de cette réforme. Dernière déclaration dans un océan de commentaires négatifs : le secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement, Philippe Tournier, a prédit, le 5 mars, que "la formation des enseignants reviendra sur le tapis dans les années à venir".
En attendant, l'heure est aux protestations. Elles peinent à s'organiser, car l'épreuve des faits est encore lointaine et la réforme si complexe que seuls les négociateurs spécialisés parviennent à en appréhender toutes les conséquences. Son principe-clé est que le compagnonnage se substitue à l'actuelle année de formation en alternance, composée de 40 % de pratique devant les élèves et de 60 % de cours dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). A partir de septembre, les reçus aux concours de recrutement d'enseignants seront directement affectés à un poste. L'opération permet de réaliser d'un seul coup les 16 000 suppressions de postes prévues au budget 2010 : l'année en alternance, supprimée, s'effectue en effet sous le statut de fonctionnaire stagiaire.
A ceux qui dénoncent le manque de préparation des futurs débutants, le gouvernement répond qu'ils seront au contraire mieux formés, car désormais recrutés au niveau master (bac + 5), alors que le minimum requis pour s'inscrire aux concours était précédemment la licence
(bac + 3). D'où le nom de "mastérisation" donné à cette réforme. En outre, pour tempérer les critiques, le gouvernement avait promis au printemps 2009 qu'un tiers du temps de service des futurs débutants resterait consacré à un "complément de formation". Cette promesse a accentué la complexité du dossier : si les débutants nommés sur un poste doivent partir en formation, alors, il faut les remplacer. Or, le remplacement est un légendaire point faible de l'éducation nationale...
La réforme a par ailleurs prévu qu'avant de passer leur concours, les étudiants se destinant à l'enseignement effectueront des stages dans les classes durant leurs deux années de master. D'où une perspective que le gouvernement cherche aujourd'hui à écarter mais que les familiers de ce dossier jugent inévitable : des débutants tout juste lauréats des concours, directement nommés sur un poste à plein-temps, partant néanmoins en formation pour certaines périodes, risquent alors d'être remplacés par de jeunes étudiants... Un cauchemar de chef d'établissement, accessoirement d'élève ou de parent.
L'envoi, le 25 février, aux recteurs et inspecteurs d'académie d'une circulaire sur l'organisation de la première année scolaire des lauréats des concours n'a pas éteint les inquiétudes à ce sujet. En précisant que toutes les formes d'accompagnement seront "décomptées" du tiers-temps de formation complémentaire, le texte réduit celle-ci à la portion congrue et restreint sans le supprimer le problème du remplacement. Celui-ci resurgit partiellement avec l'annonce que les futurs professeurs des écoles seront "accompagnés" par des collègues expérimentés jusqu'à la Toussaint.
Encore une fois, un problème chasse l'autre. Le texte, en laissant une large autonomie aux rectorats, les invite à inventer les solutions qui se dérobent à l'échelle nationale.
(Source : Le Monde, 8 mars 2010)

Le gouvernement américain décide de former les profs

Aux Etats-Unis, le gouvernement fédéral vient de décider de débloquer 21 millions de dollars pour donner une formation pratique aux profs débutants et prévoit d'en allouer 100 millions supplémentaires au cours de l'année. C'est que la situation est devenue plus qu'alarmante dans les écoles américaines où les profs débutants sont lâchés dans l'arène sans aucune formation. La quasi totalité des profs novices déplore donc, en entrant dans le métier, que personne ne leur appprenne à maîtriser une classe. Dans ces conditions, enseigner devient rapidement un cauchemar au quotidien. Dans Newsweek, une jeune institutrice témoigne de ses débuts dans une classe de primaire à Harlem : "les chaises volaient, les élèves se poignardaient à coups de crayon. J'avais l'impression d'être nulle. La seule chose dont j'étais fière, c'était de ne jamais pleurer devant les enfants. Mais je pleurais partout ailleurs, dans les placards à fournitures, dans le métro, à la maison". Même si tous n'ont pas connu ces conditions extrêmes, nombreuses sont les démissions en début de carrière, d'autant plus douloureuses à vivre dans un pays où les études universitaires sont payantes. Alors que demandent ces jeunes profs américains ? Rien de bien compliqué. Des tuteurs capables de les conseiller au début de leur carrière, de leur expliquer comment "tenir" une classe, concrètement, de les encadrer sur la durée, de leur apprendre les ficelles d'un métier devenu si difficile à exercer. Pour faire simple, ils réclament tout ce qui va disparaître chez nous en septembre prochain.
o.g.

dimanche 7 mars 2010

L'école a trouvé son bourreau

(source : Siné Hebdo, 24 février 2010)

vendredi 5 mars 2010

Lycées, collèges, lycées professionnels de l'Ain

Mercredi 10 mars
14 h. 30

RASSEMBLEMENT départemental
DEVANT l'I.A.
BOURG-EN-BRESSE

Contre les D.H.G., les suppressions de postes, la réforme du lycée, la masterisation

Carla, soutiens-nous !

Ah, si seulement nous pouvions avoir le soutien de Carla....

jeudi 4 mars 2010

Lendemain de match à Marseille

Ce n'est pas après Domenech mais bien après Chatel qu'en avait la centaine de manifestants qui a défilé ce soir sur la Canebière. Brandissant fumigènes et feux de Bengale, enseignants, lycéens et parents d'élèves marseillais entendaient une fois de plus dire "non à la casse du service d'éducation et de recherche". "Nous dénonçons les 208 postes d'enseignants en moins dans l'académie cette année qui touchent notamment les collèges des Bouches-du-Rhône et les lycées professionnels, les dotations horaires pour 2010-2011 qui sont en baisse dans beaucoup d'établissements, et la réforme du lycée qui est de plus en plus contestée", expliquait le secrétaire académique du Snes Aix-Marseille. Les syndicats donnent rendez-vous aux enseignants le 12 mars, pour une nouvelle journée nationale d'action.
(source : La Provence, 4 mars 2010) o.g.

mercredi 3 mars 2010

La révolution, c'est pour Denain

Après avoir boycotté les journées portes ouvertes samedi dernier, les profs du lycée Jules Mousseron de Denain dans le Nord ont décidé une rétention des notes du second trimestre et s'apprêtent à lancer demain une opération "bahuts morts". « J'espère que ça va se terminer en incendie social pour le gouvernement ! » déclare un prof par ailleurs candidat aux prochaines régionales sur la liste NPA Nord et qui appelle à « allumer le maximum de mèches... ». Là-bas ausi les dotations horaires viennent de tomber et, selon une prof de Valenciennes, "on est dans une fourchette basse quand on annonce 12 % de dotations horaires en moins".
"Coupes sombres dans les postes, inflation inversement proportionnelle du nombre d'heures sup', disparition de divisions : le moral du corps enseignant frôle le SOS cataleptique" peut-on lire dans la Voix du Nord, "sans parler des nouveaux programmes que la réforme voudrait leur faire avaler" et dans lesquels notre collègue militant voit une« véritable offensive réactionnaire, une réécriture idéologique des programmes ».
Décidés à en découdre, les profs denaisiens se retrouveront demain matin dès l'aube et souhaitent déjà "que ce qui va se passer à Denain donne des idées à d'autres collègues (...) Ça peut les encourager à entrer dans la danse."
o.g.

Moins belle la vie

Boycott des conseils d’administration, protestations lors de la venue des inspecteurs pour présenter la réforme du lycée, refus de siéger en conseil pédagogique, grèves, occupations d'établissements... Depuis la semaine dernière les actions de protestation se multiplient dans l’académie d’Aix-Marseille où, en septembre, les collèges perdront 97 postes pour... 6 élèves en moins, et les lycées 87 postes pour une baisse de... 34 élèves. « Par rapport à l’année dernière, les collèges sont particulièrement ponctionnés, car la tactique est de préserver les lycées pour faire passer la réforme de la seconde, souligne Alain Barlatier, secrétaire académique adjoint du Snes d’Aix-Marseille. Or dans les Bouches-du-Rhône, un tiers des établissements sont en zone d’éducation prioritaire et vivent de façon encore plus dramatique la baisse de moyens ». Les profs qui se sont engagés dans ces mouvements plus que justifiés savent toutefois que la lutte sera dure car, à l'issue des premières entrevues accordées par les Inspecteurs d'Académie, il ressort là-bas comme chez nous que ces derniers n'ont pas les moyens de répondre aux attentes. " Il y a quelques années quand des enseignants faisaient grève, l’inspecteur académique avait quelques marges de manœuvre, déclarait un principal de collège marseillais. Plus maintenant. »
o.g.

mardi 2 mars 2010

Baiser de judas

"On ne parle pas bien des fonctionnaires. On ne respecte pas assez vos compétences. On ignore les difficultés qui sont les vôtres". Ces paroles pleines d'empathie sont sorties de la bouche grimaçante de Sarkozy himself, de passage à Laon pour défendre la réforme de la fonction publique. "Soyez fiers d'être fonctionnaires !". De la part de quelqu'un qui conduit une politique consistant à supprimer des dizaines de milliers de postes dans la fonction publique, à privatiser la poste, à favoriser le développement de la précarité, à bloquer les salaires et à laisser s'effondrer le pouvoir d'achat, à promouvoir la mobilité, à réclamer la mise en place de systèmes de notation au mérite et, prochainement à réformer les retraites, il y a en effet de quoi être ému par tant de reconnaissance et d'amour.
Comme à chaque fois, ce déplacement de Sa Majesté dans l'Aisne avait été minutieusement préparé et, comme il fallait "un public qui se comporte bien" - souvenez-vous des profs de Saint-Lô -, pour éviter tout débordement, les fonctionnaires invités à participer à la table ronde organisée à la mairie de Laon avaient été triés sur le volet. La préfecture avait soigné le casting. Les dossiers des volontaires - des fonctionnaires de catégorie A exclusivement, une question d'éducation sans doute - avaient été préalablement envoyés à la préfecture, qui avait pu faire son choix en sélectionnant les sujets les plus dociles. Et comme si cela ne suffisait pas, précaution supplémentaire mais désormais habituelle, "les questions ont été préparées à l’avance. Elles ont été négociées entre la préfecture et l’agent. Tout est verrouillé, mais personne n’est dupe. C’est une mise en scène", assure sous couvert d'anonymat un membre du cabinet du préfet.
o.g.

lundi 1 mars 2010

ça bouge à Marseille

Ce matin plusieurs lycées et collèges de Marseille se sont mis en grève pour exprimer leur rejet des DHG et protester contre les nombreuses suppressions de postes annoncées pour la rentrée. Ce soir, les profs du lycée professionnel de l'Estaque occupent leur établissement. Le mouvement pourrait encore s'amplifier demain. A la fin de la semaine dernière une vingtaine d'établissements étaient mobilisés dans l'académie d'Aix-Marseille. A suivre...
o.g.

dimanche 28 février 2010

Une manif chez Chatel

Une cinquantaine de postes supprimés dans la Haute-Marne à la prochaine rentrée, c'est bien évidemment trop pour les profs de ce département. Ils étaient donc une centaine, rejoints par des parents d'élèves, à manifester hier matin dans les rues de Chaumont avec l'espoir de rencontrer le maire, accessoirement ministre de l'Education nationale. Chatel n'étant pas là pour cause de voyage en Nouvelle Calédonie, les manifestants se sont dirigés vers l'inspection d'académie sans obtenir aucune avancée. Les syndicats d'enseignants prévoient prochainement d'autres actions.
o.g.

Ave Caesar...

Evoquant son rôle dans "La Journée de la Jupe", pour lequel elle vient d'être césarisée, Isabelle Adjani, qui campe dans ce film un professeur de collège de banlieue qui pète les plombs et prend ses élèves en otages, a rendu hommage "au métier d'enseignant qui est un sacerdoce, un sacrifice au quotidien". Morituri te salutant.
o.g.

samedi 27 février 2010

Du soutien pour Sarko

François Loncle, député P.S. de l'Eure, a publié au Journal Officiel une question au ministre de l'Education à qui il demande de "prendre toutes les dispositions nécessaires" pour permettre au Président de la République de s'exprimer avec un niveau de langue "digne de sa fonction". Il reproche entre autres choses à Notre Bon Sire ses fréquentes fautes de langage, sa syntaxe approximative, les insuffisances de son vocabulaire, son ignorance des accords, son indifférence pour les négations et son mépris pour la concordance des temps, quand il ne "s'aventure pas à employer en public des termes vulgaires". Mais pour qui qu'il se prend ce c... de député ? Ch'ais pas c'qui veut mais c'est quand même pas à Sa Majesté, défendeur de l'Identité Nationale, qu'on va apprende qu'est ce que c'est que d' bien causer le Français !
o.g.

Un salaire de ministre

Les profs sont vraiment bien payés pour ce qu'ils font. Voilà une idée tellement bien ancrée dans l'opinion que même les anciens ministres de l'Education en sont convaincus. Interrogé sur France Info sur le salaire d'un ministre, Luc Ferry répond : "Un ministre gagne 12.000 € par mois, mais on fait 90 heures ! C'est absolument normal. Ce n'est pas du tout scandaleux. Au tarif horaire on n'est pas mieux payé que les profs". Rapide calcul : un ministre gagnerait donc 33,33 € de l'heure sur la base de 360 heures mensuelles (4 fois le SMIG). Cela nous mettrait donc le salaire du prof - sur la base de 39,47 heures travaillées par semaine, selon les statistiques du ministère - à... [rrrrrrrrrroulement de tambourrrrrrr] ... 5262,66 € par mois. Waouhhh ! Allo, m'sieur Ferry ? Y a une erreur sur ma fiche de paye ! Pourvu que Chatel qui nous parle depuis des mois d'une nécessaire réévaluation de la rémunération des profs ait entendu son prédécesseur.
o.g.

vendredi 26 février 2010

Pas les bienvenus chez les Ch'tis

Un visiteur nordiste nous informait hier de l'organisation pour ce matin d'une «opération comptage» au collège Jean-Jaurès de Lomme dans la banlieue de Lille, pour protester contre leur nouvelle dotation horaire (moins 70 heures de cours ! ) et les prévisions du rectorat qui annonce 378 élèves à la rentrée contre 429 actuellement. Selon "La Voix du Nord", l'opération a bien eu lieu et une cinquantaine de biloutes sont restés à la porte.
"
Afin de protester contre la dotation horaire pour la rentrée prochaine qui prévoit une baisse des effectifs de 50 élèves, l'assemblée générale des professeurs, le personnel encadrant et l'association des parents d'élèves du collège Jean-Jaurès ont décidé de mettre en place plusieurs actions.
Le 4 février, les représentants des élèves, des professeurs et des parents ont boycotté le conseil d'administration lors duquel devait être votée la répartition de la dotation globale horaire 2010, empêchant ainsi le déroulement de ce conseil. Ce matin, opération comptage : 50 élèves resteront sur le trottoir devant le collège. Avec un slogan sur leurs t-shirts : « En 2010, pour l'inspection académique, je n'existe pas ! ». Un rendez-vous a été demandé à l'inspecteur d'académie
."

Reportage sur France 3 : http://info.francetelevisions.fr/video-info/player_html/index-fr.php?id-video=lille_1161308_00000CW4_260220101124_F3&chaine

o.g.

Cassez-vous, pauv' profs !

Il n'y a plus d'avenir pour les profs d'économie et de gestion. Reconvertissez-vous ! C'est le sens du courrier qu'ont reçu quelques 600 enseignants des filières secrétariat et comptabilité, dans la désormais (trop) célèbre Académie de Créteil. Intitulée "Evolution de l'offe de formation de l'ensignement professionnel", cette lettre de deux pages les informe de la décision qui a été prise de réduire au cours des trois années qui viennent les formations de la filière tertaire administrative. Conséquence, 30 postes devront être supprimés. Comme "cette évolution [ne peut] s'effectuer sans le concours de la communauté éducative", tous ces profs sont conviés à remplir sous dix jours une "fiche projet personnel" dans laquelle on leur demande d'indiquer leur situation professionnelle, les formations qu'ils ont suivies au cours des trois dernières années et leurs souhaits d'évolution professionnelle. Ceux qui le souhaiteront pourront enseigner une autre matière - il suffit de justifier avoir suivi un module de telle ou telle matière au cours de ses études pour pouvoir l'enseigner, après validation par une inspection - ou changer de fonction en devenant ATOS ou en préparant un concours de direction, d'inpection ou d'intendance. Le questionnaire évoque même un détachement possible vers un autre service public, administration, hôpital, armée... "Le message est clair déclare l'un des heureux élus, ils veulent nous virer !" .
Du côté du rectorat on justifie cette décision par le fait que les filières concernées n'offrent plus assez d'emplois et que, de ce fait, il est nécessaire de réduire la voilure pour mieux répondre aux attentes du marché du travail. "Cela n'a rien à voir avec la loi sur la mobilité des fonctionnaires". Mais ça prépare bien le terrain...
o.g.